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Après un très long voyage en avion et 3 heures de bus, je suis finalement arrivé au Learning Centre de Ban Tha Song Yang. J’y ai rencontré 3 autres volontaires qui comme moi étaient venus enseigner l’anglais aux enfants du centre.

Ils m’ont expliqué ce qu’ils savaient des enfants. Outre les enfants et petits-enfants de Gloria, la responsable du centre une vingtaine d’enfants y vivent, certains ont perdu leurs parents, d’autres y sont seulement déposés provisoirement car leur famille n’a pas les moyens de les élever. Ces enfants ne disposent pas de la nationalité thaïlandaise et ils ne peuvent donc pas suivre les cours de l’école thaïlandaise.

Je me suis installé dans la cabane/hutte des volontaires sur pilotis comme toutes les maisons dans la région afin de se prévenir des inondations. J’ai déplié ma moustiquaire sur mon matelas, indispensable cette région infestée. Pendant la journée, il est inévitable de se faire piquer même en s’appliquant de l’anti-moustique plusieurs fois par jour. Certains moustiques peuvent être porteurs de la malaria (palu) et il est donc recommandé de prendre les médicaments nécessaires.

La journée commence par un petit déjeuner dans la maison de la sœur (fille?) de Gloria. Nous mangeons du riz (inévitable) accompagné de courge en morceaux et de choux. Ensuite, à 9 heures nous traversons le campement pour rejoindre un bâtiment où nous donnons classe au groupe le plus âgé. Les 3 élèves (5 à la fin) suivent le cours mais éprouvent des difficultés à participer à l’oral et à comprendre les structures en anglais car elles n’ont pas obligatoirement d’équivalent dans leur langue. Après une heure de cours nous nous rendons dans l’Eglise (la “church”) pour donner classe au groupe le plus jeune (entre 6 et 12 ans environ). La plupart des élèves ont d’énormes difficultés à rester concentré et à comprendre les notions les plus basiques. Après un mois de cours et des tentatives de pédagogie très diverses ils ne maitrisent toujours pas les couleurs. Les enfants ont tendance à répondre au hasard.

Après cela nous rejoignons notre habitation.

Vers 13 h nous descendons pour prendre le déjeuner dans la maison de la fille (la sœur?) de Gloria : du riz, de la courge en morceaux et du choux.

L’après-midi les volontaires organisent des activités (foot, bracelets en perle, jeux de société,…) et les enfants viennent souvent jouer dans la chambre des volontaires, ce qui est l’occasion de leur apprendre parfois des choses aussi simples que réaliser un puzzle.

Nous profitons aussi de l’après-midi pour nous doucher à la rivière qui traverse le campement.

Le soir, les enfants se regroupent dans l’Eglise pour chanter puis vient l’heure de manger le repas du soir. Nous nous installons donc par terre pour manger du riz avec de la courge en morceaux, souvent accompagnés de nouilles et d’omelettes.

Parfois ce rituel quotidien était perturbé par la venue de groupes de volontaires thaïlandais qui venaient apporter des sacs de nourriture et toutes sortes d’objets du quotidien.

Après le départ des 3 autres volontaires français un groupe de coréens-californiens est venu au centre pour enseigner la grâce de Dieu aux enfants: chanter des chansons en sa gloire, colorier des scènes bibliques et réaliser des colliers et bracelets avec des petites croix en bois.

La religion est très importante pour les habitants du centre (les karens se battent depuis plus de 70 ans pour obtenir leur indépendance et ainsi affirmer leur identité basée sur la tradition chrétienne). Elle constitue pour eux une échappatoire face à une vie souvent compliquée.

Le manque de confort et d’hygiène ne s’est personnellement fait sentir qu’au bout de deux semaines environ mais il est grandement compensé par la satisfaction de savoir sa présence utile.

 J’ai tout de même trouvé dommage de ne pas pouvoir manger avec la famille le soir surtout après le départ des autres volontaires et de ne pas vraiment être informé de certains points de la vie du centre. J’ai été malade pendant une bonne partie de mon séjour et ai donc passé plus de temps à dormir que je ne le souhaitais.

Pour finir, je garde un bon souvenir de mon passage dans cette région et des enfants du centre. Le fait de ne pas parler la même langue rend la communication très difficile et certains cours peuvent être frustrants car les enfants ne comprennent pas forcement. En juillet, il pleut énormément et cela constitue aussi une contrainte notamment pour les activités.

Nos volontaires Marianne, Shirley et Joanne, en mission en Thaïlande avec notre partenaire TMK nous font un bilan de mi-parcours:
“Après deux mois à TMK, centre d’apprentissage en Thaïlande pour réfugiés Karens il est temps de faire un petit bilan. Nous avons toutes pris nos repères au sein de l’école et l’intégration avec les autres enseignants se passe très bien. Il y a beaucoup d’entraide pour faire en sorte que les élèves bénéficient de cours de qualité.
Du coté des élèves, nous sommes impressionnées par leur volonté d’apprendre et par le travail dur qu’ils fournissent chaque jour, pour apprendre l’anglais et les autres matières ainsi que pour s’occuper de l’école. Nous sommes très touchées par leur motivation et leur envie de travailler pour se construire un avenir meilleur et aider leur peuple.
Marianne et Shirley donnent des cours d’anglais tandis que Joanne s’occupe de donner des cours de maths et de microfinance! Les élèves ont également des cours de thai, de birman, de politique, d’histoire et de développement communautaire ! Le but de l’école est de former la future génération selon le slogan de l’école: « I will be good, I will be kind, I will be a peacemaker » (« Je serai bon, je serai gentil, je serai un faiseur de paix »)!”

Jeune homme de 27 ans vivant à Paris depuis quelques années et originaire de Poitiers, Mathias navigue entre activités de communication (gestion de projet 360) et de restauration (serveur – consommateur) lorsqu’il décide de partir voyager à la fin de l’année 2017. Souhaitant allier plaisir de la découverte (pays, culture, Hommes) et sentiment d’utilité il décide de partir avec AIME après s’être renseigné sur plusieurs associations du secteur. Quelque peu perdu dans sa vie et ses projets avant son départ, il est revenu apaisé et décidé à mettre ses compétences de communicant au service de l’intérêt général au sein d’une structure agissant sur le territoire français.

Une expérience géniale qui se passe de longs discours et qui mérite bien plus d’être vécue que d’être racontée. Au delà des apports personnels que cela vous procurera, qui sont déjà largement décris au cours des autres témoignages, il y a tellement à faire et à voir à Ban Pak Audumsung que la seule bonne volonté suffit à faire de cette expérience une réussite. Si vous avez l’occasion n’hésitez pas, foncez rejoindre Gloria, ses grandes filles et les petits qui les entourent, pour votre bien et surtout le leur !

C’est la deuxième fois que la Coopérative de Gironday participe au programme de microfinance Nirien Waire. La coopérative Gironday est une coopérative vieille de 30 ans. Prenant la forme d’une épicerie, elle permet pour la population un accès de proximité à des ressources alimentaires tel que le riz, l’huile, sucre, conserves, produits ménagers, boissons…; sans devoir se déplacer dans le centre ville de Changuinola. De plus c’est un commerce communautaire, géré par la communauté indigène du quartier. La majorité des bénéfices générés par la coopérative est réinvestie pour élargir l’inventaire de l’épicerie. L’autre partie est redistribuée en fin d’année entre sa vingtaine de sociétaires.

Pour sa deuxième participation au programme, la coopérative Gironday a contracté un prêt d’un montant de  2000$ afin d’élargir la gamme de produits proposée à sa clientèle. Cet endettement était nécessaire du fait de la concurrence, de par l’implantation récente d’une superette non communautaire et de plus grande taille dans le voisinage. Une non augmentation de la taille de leur inventaire, aurait pu à terme, menacer la pérennité de l’activité de la coopérative Gironday.

Durant la période du prêt (Sept 2016- Sept 2017) la valeur de l’inventaire a augmenté de 3800$ à 6600 $, soit une augmentation de l’inventaire d’environ 73% sur l’exercice du programme Nirien Waire !

Augmenter leur flux de trésorerie leur a également permis de régler des factures liées à des travaux d’aménagement de l’épicerie, notamment de régler une facture liée à la rénovation des canalisations.

4 nouveaux membres se sont inscrits au sein de la coopérative Gironday durant leur participation au programme Nirien Waire.

La coopérative Gironday a pu formaliser un peu plus son activité par l’embauche d’un comptable attitré garantissant la stabilité de l’activité.

Témoignage du président de la coopérative Gironday :

«  Nous sommes très heureux d’avoir participer au programme Nirien Waire, cela nous a permis de formaliser notre activité ».

Le président et quelques membres de la coopérative présents lors de la dernière mensualité du remboursement du prêt nous ont vivement remerciés, ils étaient très satisfaits de la coopération entre les deux coopératives de Bocas Del Torro et l’association AIME.

« Merci à la coopérative Solary, et à l’association AIME qui nous ont permis de grandir et de nous développer non seulement en tant qu’épicerie mais également en tant que coopérative.»

Grâce à leur double participation au programme Nirien Waire, la coopérative Gironday  a fait un pas de plus vers l’autonomie. L’autonomie financière des projets appuyés par le programme est l’objectif final recherché. De fait, ils ne contracteront plus d’autres prêts, dans l’immédiat via le programme Nirien Waire.

Grâce au programme Nirien Waire, une volonté de coopérer entre les coopératives est née. Même si la collaboration ne sera plus d’ordre financière, les membres de la coopérative Gironday espère qu’une collaboration demeurera et que d’autres formes de coopérations émergeront de ces deux années de collaborations.

 

 

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A mon arrivée dans ce vaste campus, bordé de maisons en bambou, la première chose qui m’a interpellée, c’est la solidarité des gens qui y vivent. Après avoir traversé l’Afrique, puis l’Europe, j’ai atterrir en Asie. Ce continent qui m’était totalement étranger est devenu ma terre de cœur, et le peuple Karen ma famille de substitution. La notion d’intimité y est très limitée, tout le monde mange ensemble, chante ensemble, rit ensemble, joue ensemble et dorme ensemble. Quand je demande à mes étudiants ce qu’ils souhaiteraient faire de leur vie plus tard, sans exception, j’obtiens la même réponse de tout le monde : « aider mon peuple ! » Malgré un avenir incertain dont ils ont pleinement conscience, l’espoir de devenir médecin, infirmier, professeur pour venir en aide à leur communauté, les anime.

 

Si je devais décrire en un mot ce peuple, je dirais attachant ! Attachant comme je n’en ai jamais vu durant mes précédents voyages. Je suis venue pour leur apprendre l’anglais, mais ils m’apprennent tous les jours la vie, la bonté et le sens de la communauté. Je suis venue égoïste, j’en repars généreuse. J’y suis venue perdue, j’en repars épanouie. Comment vous décrire une communauté qui n’a pas été pervertie par la mondialisation ? Ils sont purs, généreux, drôles, simples et se contentent d’un bon repas tous ensemble pour être heureux. A leur côté, je me sens à l’abri de la perversion humaine, de la malhonnêteté, de l’avarice, de l’égoïsme, et de l’individualisme. Ils sont pauvres mais leur cœur est plus riche que quiconque. Ils ont été persécutés chez eux, tués, emprisonnés, torturés, et pourtant ils n’ont pas une once de colère qui les habite.

 

Chacun contribue à sa manière au fonctionnement du campus. Certains s’occupent des champs après les cours, d’autres du nettoyage du campus, ou de la couture. Certains anciens étudiants sont même devenus professeur sur le campus. Les tâches sont ainsi réparties de manière équilibrée pour que tous soient impliqués dans le fonctionnement de Thoo Mweh Khee.

 

Nous sommes plusieurs professeurs, pas autant qu’il en faudrait mais assez pour que tous les enfants, ado et jeunes adultes puissent être suivis. Dermot est irlandais, il est venu pour un stage de quelques mois et a fini par tout quitter en Irlande et est installé ici depuis 3 ans. Il a même appris le Karen. David, un sexagénaire néo-zélandais est ici depuis 3 ans également. La première fois que je l’ai vu sur son petit scoot, j’ai tout de suite adoré ce papi. 3 indiennes de Nagaland sont là pour 2 ans, Victor mon ancien camarade de fac est français, et moi, une tunisienne. Les autres professeurs sont Karens, pour la plupart, ils sont d’anciens élèves du campus.

 

La relation entre professeur et étudiants est incomparable à celle que j’ai vu en Afrique ou en Europe. La notion d’autorité n’existe pas. C’est une relation entre un donneur et un receveur, un apprenti et un professeur, mais surtout c’est une relation d’amitié très forte entre gens qui sont assoiffés de connaissance et d’autres qui aiment apporter. Je dis amitié car lors de mon premier cours, la première question à laquelle j’ai eu droit était si j’avais un boyfriend ! Puis d’autres ont suivi : as-tu des frères et sœurs? As-tu déjà été amoureuse ? Combien de boyfriend as-tu ? L’innocence et la spontanéité qui les habitent m’avaient surprise, moi qui suis habituée à la relation uniquement professionnelle entre prof et étudiants. Nous ne parlons pas de vie privée en France avec nos profs, encore moins dès le premier cours. Ces questions qui auraient pu paraitre intrusives, venant d’eux, elles paraissent si anodines et drôles.

 

Je suis chargée de donner des cours de Drama et de Reading class, c’est l’équivalent de théâtre et études de texte. En drama, les étudiants se lâchent totalement. Ils apprennent des scripts et les jouent devant le reste de la classe. N’ayant jamais assisté ou vu une pièce de théâtre, ils ne prennent pas au sérieux le jeu de rôle. La plupart d’entre eux explosent de rire en pleine prestation. Et on finit tous par rigoler.

 

Le Reading class est l’équivalent de l’étude de texte. Un texte à lire et à comprendre, puis des questions à répondre. Ces cours sont dispensés dans l’église, faute de salles libres. Il y a un piano dans l’église. Avant et après chaque cours, l’un des étudiants nous joue un morceau. Les musiciens de Thoo Mweh Khee sont autodidactes. Ils ont une capacité d’apprentissage assez impressionnante. James Dean avait dit un jour : « Puisqu’on peut changer la direction du vent, il faut apprendre à orienter la voile ». C’est exactement ce que font les Karens. Ils ne peuvent changer la situation politique de leur pays, mais ils ont appris à vivre avec.

 

Le droit à l’éducation est la raison d’être cette association.

Elle a été créée en 2016 pour développer la troisième et dernière année du KnNC Community College, la seule école universitaire disponible au sein du camp de réfugiés de Nai Soi, pour les jeunes étudiants Karenni. Seules la première et deuxième année sont financées par Child’s Dream, le principal donateur de KnNC.

L’objectif de DFA est donc de pouvoir devenir le donateur principal pour la troisième année en proposant plusieurs domaines d’études, afin d’offrir aux étudiants plus de choix et d’opportunités.

DFA est aussi présent pour effectuer le lien entre les Karenni et le gouvernement Birman afin de faire reconnaître officiellement le diplôme du KnNC.

Enfin, DFA travaille avec des ONG pour établir des parrainages dans le but d’offrir une aide financière aux élèves.

Pour plus d’informations, rendez-vous sur la page Facebook de l’association.

Rapport de Martin – Partie 3

Ce lundi 11/04 Eveline organise le désherbage avec la Matrone et quelques enfants volontaires. Plus tard dans la matinée les étagères et l’armoire sont réceptionnées. Nous allons pouvoir réaliser le transfert de stock, déterminer les stocks initiaux et effectuer la première sortie interne de produits via le Bon de Sortie. Je reçois un appel de l’Infirmier de Yometchin concernant l’arrivée de la facture pro forma de la commande du 29/03. Il m’indique que le coût total est de 84 000 FCFA et l’indisponibilité de certains produits. Cette somme doit lui être remise pour validation et déclencher l’acheminement des dits produits.

Le lendemain la Matrone est absente. J’en profite pour organiser une séance de travail avec Eveline afin que l’on puisse bien s’organiser pour le transfert et la gestion de stock à réaliser le lendemain. Voici ce qui est prévu :

  • Sensibilisation de la Matrone et rappel de la nouvelle organisation.
  • Réalisation d’un inventaire pour déterminer les stocks initiaux de chaque produit.
  • Transfert de stock dans le bureau de la Gestionnaire pour classement, contrôle et inscription des stocks initiaux sur les fiches de stocks correspondantes.
  • Expérimentation du Bon de Sortie avec la Matrone pour mise à disposition d’une quantité adaptée de produits dans le bureau de celle-ci.

Mercredi 13/04 nous attendons l’arrivée de la Matrone pour réaliser le transfert et expérimenter la nouvelle méthode. Nous sommes rejoint par le Président du Comité de Gestion qui nous annonce qu’il n’a pas réussi à rencontrer le Trésorier, lequel rencontre des problèmes personnels, et qu’à cet effet les achats de produits d’entretien vont accuser un certain retard. Je lui demande ce qu’il en est de la commande s’élevant à 84 000 FCFA et devant être réglée. Il m’informe que le problème est le même, c’est le Trésorier qui dispose des fonds et sans son accord aucune transaction n’est possible. Je fais part de mon inquiétude et signifie au Président qu’il est très compliqué qu’un projet important comme la bonne conduite d’un Centre de Santé dépende d’un seul homme ne pouvant, du moins pour le moment, assumer pleinement son rôle. Le trésorier aurait dû communiquer sur le fait qu’il n’est pas en mesure de remplir sa fonction et transmettre les fonds au Président pour éviter notamment le blocage de la facture pro forma retardant la livraison des médicaments.

Le président m’informe qu’il va se rendre chez le Trésorier. La Matrone finit par arriver. Avec Eveline nous allons pour s’entretenir avec elle. La Matrone me fait part que désormais elle veut que tous les produits restent chez Eveline, la Gestionnaire. Je comprends très vite que la Matrone ne veut plus assumer la fonction vente des soins et des médicaments qui lui revenait jusqu’alors. Je lui rappelle qu’ensemble nous avions déterminé la séparation des métiers, il était clairement stipulé que la Matrone conservait la fonction Vente quand la Gestionnaire endossait notamment les fonctions Approvisionnent et Gestion de Stock. Elle a également été sensibilisée à l’outil partagé du Bon de Sortie pour que la Gestionnaire puisse mettre à disposition une quantité suffisante de produits dans son bureau, lui permettant ainsi de continuer à faire les prescriptions et les ventes des soins et des médicaments.

La Matrone était clairement d’accord mais il semble qu’elle profite de l’arrivée d’Eveline pour se décharger des ventes. Ce constat est partagé par le Président du Comité de Gestion. Eveline n’est pas en mesure d’assumer la responsabilité de ventes et compte tenu des ressources humaines actuelles et des moyens financiers limités du Comité de Gestion il n’a jamais été prévu pour le moment de recruter une troisième personne à la comptabilité interne et à la gestion des ventes. La Matrone me montre ses limites et je m’en remets au Président du Comité de Gestion. Celui-ci est allé aussitôt s’entretenir avec le Chef du Village d’Avedome. Avec Eveline, nous réalisons tout de même l’inventaire, le transfert de stock et le Bon de Sortie pour mise à disposition d’une partie des produits dans le bureau de la Matrone (sans la collaboration de cette dernière). Le Président du Comité de Gestion revient et m’informe que le Chef ne comprend pas l’attitude et le désaccord soudain de la Matrone quand tout avait été clairement décidé, dès Février, entre toutes les parties prenantes du projet. Il est convenu que le Président et le Chef s’entretiennent avec la Matrone pour tenter de résoudre cet imprévu afin d’éviter que cela se transforme en véritable crise.

Vendredi, je rencontre le Trésorier qui m’informe qu’il s’est rendu la veille directement à Asahoun auprès de la Direction du Distrct Sanitaire pour remettre la somme de la facture pro forma et ainsi déclencher la livraison. Les produits médicaux arriveront prochainement. Ensuite, je me rends au Centre de Santé pour m’entretenir avec Eveline sur le problème survenu avec la Matrone. Elle me fait part de ses inquiétudes et de la difficulté qu’elle aura à travailler dans ces conditions. Je la rassure en lui confirmant qu’elle fait du très bon travail et que le Comité de Gestion reconnaît son implication.

Lundi 18/04 je fais avec Eveline un point sur la commande et la livraison. Pour rappel le 29/03 nous avons passé commande auprès de l’Infirmier de Yometchin. Le 11/04 au matin ce dernier nous a informé que la commande était prête à Lomé et qu’il fallait régler la somme de la facture pro forma après validation. Le trésorier était absent et injoignable ce qui a provoqué un retard de 3 jours. Le 14/04 le Trésorier a réglé la somme de la facture à Asahoun et depuis nous sommes dans l’attente de la livraison. De plus, suite à l’incident survenu avec la Matrone il est décidé de changer quelque peu le process concernant le Bon de Sortie. Désormais, dès réception de commande ou besoin, la Gestionnaire remplie le Bon de sortie et met à disposition une quantité suffisante chez la Matrone en s’appuyant sur un inventaire et les niveaux de stocks. Il sera seulement demandé à la Matrone de signer pour accuser bonne réception ou mise à disposition.

Le lendemain j’appelle l’Infirmier de Yometchin qui m’informe que la commande est livrée et que nous pouvons venir la chercher dès maintenant. Avec Eveline nous partons en taxi moto à L’USP de Yometchin. Dès notre arrivée nous somme accueilli par l’Infirmier et nous entamons la réception et le contrôle de notre commande.

  1. Contrôle documentaire et financier : L’infirmier nous remet la commande initiale avec des notations ainsi que les deux factures. Les factures regroupent également la commande de Yometchin, nous faisons la distinction et recalculons les montants en rapport avec les quantités demandées. Certains produits sont indisponibles ou en quantité inférieure et ont été ajoutés au coût total lors de la facture pro forma. Deux produits ont également été facturés et ne sont pas présents dans la commande, l’infirmier nous informe qu’ils seront normalement livrés plus tard, dans le cas contraire la somme sera remboursée.
  2. Contrôle physique : Nous vérifions la quantité ainsi que la date d’expiration et l’état général des produits.
  3. Retour au Centre de Santé d’Avedome pour classement par ordre alphabétique et selon la forme galénique puis contrôle de la qualité.
  4. Elaboration du Bon de sortie, mise à disposition et classement dans le bureau de la Matrone.

Nous faisons un point, en compagnie du Président du Comité de Gestion, sur le prochain compte de résultat, les prix des produits et sur les achats relatifs à l’hygiène. Enfin, le Président m’informe qu’il a élaboré une liste de produits d’hygiène, il m’annonce qu’il a pu se procurer quelques produits d’entretien et que le reste sera acheté dès samedi prochain.

Mercredi 20/04 Eveline renseigne sous ma supervision les fiches de stock pour chaque produit reçu. Ensuite elle inscrit sur le document de Gestion des Achats le prix unitaire et le montant de chaque produit ainsi que la date de réception de la commande. Cet outil permet un suivi et une lecture claire lors de la réalisation du compte de résultat. Après avoir terminé le suivi, une séance de travail est organisée avec la Matrone.

Je lui précise que suite à l’incident du 13/04 j’ai préféré prendre mes distances et voir comment les choses allaient évoluer. Constatant l’apaisement je lui signifie que nous pouvons repartir sur de bonnes bases. Je lui montre la commande et l’informe des produits non disponibles. Je lui expose ensuite le Bon de Sortie tout en listant les produits et les quantités que l’on a classés sur ses étagères. Je lui demande d’approuver le Bon de Sortie, elle y inscrit son nom et la date de mise à disposition (le 19/04).

Le lendemain je demande à Eveline de réaliser un Etat des lieux/évaluation au sujet de nos dernières observations hygiène et sécurité du Centre de Santé (et des zones de stockage en particuliers). En effet mardi 19/04 nous avons trouvé un nid d’adzadza (un insecte) sous le bureau de la gestionnaire, que nous avons détruit. Ensuite lors de la mise à disposition des produits dans le bureau de la Matrone nous avons remarqué la présence d’excréments de chauves-souris sur les étagères du haut à proximité des médicaments, cela est récurrent et constitue un risque de contamination. En plus de ces deux constats, il y’a les cartons (servant de poubelles) peu vidés, attirant diverses insectes et lézards. Il en résulte qu’il faut réaliser de toute urgence un grand ménage et installer les fameux filets/grillages anti nuisibles aux fenêtres et aux portes extérieures. De plus nous mentionnons l’état de la poignée et des vis de la porte principales lesquelles sont rouillées. J’appelle le Président du Comité de Gestion, je lui demande de venir avec le Trésorier le lendemain matin pour un entretien afin qu’ils puissent se rendre compte de l’insalubrité et ainsi accélérer le mouvement. J’insiste sur la présence du Trésorier qui a peu été impliqué ces derniers temps.

Ensuite je fais avec Eveline une vérification des prix à l’achat. Je constate 2 erreurs et 4 fluctuations de prix.

Ce vendredi 22/04 nous recevons le Président qui nous informe que le Trésorier n’est pas sûr de venir. Les absences de ce dernier sont récurrentes démontrant un manque d’implication flagrant. Il est nécessaire de gérer ce problème. Commun accord avec le Président nous décidons de penser sérieusement à l’éventualité de révoquer le Trésorier en référence à l’article 2 de la Charte du Comité de Gestion (« Les membre … peuvent être révoqués à tout moment en cas de faute grave prouvée dans l’accomplissement de leurs missions respective »). Un document a été rédigé à cet effet. Le Président se verrait transférer la totalité des fonds de gestion et endosserait la fonction de Trésorier quand la Vice-présidente, Madame Wono ADOKANOU, celle de Présidente. Ceci de manière temporaire et exceptionnelle adaptée à la situation présente, en attendant la tenue d’élections des membres de bureau.

D’ailleurs ces élections deviennent assez urgentes, en effet le Président me signifie que depuis le 13/04 le Secrétaire Kokou TRETOU n’est plus disponible. Quant au Conseiller Monsieur Kokou KALE, il a donné sa démission le 15/04. Le Trésorier finit par arriver avec 2 heures de retard. Tout en lui montrant la charte, je lui explique la situation. Après une discussion, il explique qu’il veut rester le Trésorier et que grâce à mon recadrement il prend pleinement conscience de l’importance de son rôle, il promet d’être davantage impliqué. Une fois la situation réglée, avec Eveline nous leur rendons compte de la présence de nuisibles et de l’état de l’hygiène dans le Centre de Santé. Ils nous assurent que les choses vont se mettre rapidement en place. Enfin nous abordons le compte de résultat pour le 26/04 et convenons de se réunir ce jour à 8h00.

Ce lundi 25/04 je demande à Eveline de préparer le compte de résultat et les questions à poser au Comité de Gestion et à la Matrone. Elle prépare ensuite l’inventaire qui sera également effectué le lendemain.

Le lendemain, le Président et le Trésorier arrivent à l’heure. Ils viennent avec deux grandes poubelles à couvercle de couleur différente, du détergent et un grand chiffon pour les étagères. Ils m’informent qu’ils vont ramener le reste bientôt. En ce qui concerne les filets/grillages anti-nuisibles ils ont du mal à contacter le menuisier. A ma surprise le Président a convoqué les autres membres du Comité de Gestion, une petite réunion s’improvise ainsi. Nous nous mettons d’accord pour une réunion formelle le jeudi 28/04 à 14h00 afin d’aborder la tenue prochaine des élections et de sensibiliser toutes les personnes concernées à la Charte. Il est également prévu d’aborder les décisions et les avancées en termes d’achat et réalisation pour l’hygiène et la sécurité. Ensuite nous nous réunissons avec le Président, le Trésorier et le Secrétaire dans le bureau de la Matrone pour le compte de résultat.

Je vois bien que cette dernière n’est pas encline à une collaboration optimale. J’essaye d’aller à l’essentiel pour éviter un autre conflit. Dans la partie salaire il est rajouté 10 000 FCFA pour la Gestionnaire. C’est un bon début. Cette décision du Comité de Gestion est récente et vient à point nommer dans une période marquée par des tensions et la gestion des imprévus. Eveline se voit récompenser, elle est plus motivée pour l’avenir. Après calcul il en ressort une perte de – 53 521 FCFA. Les ventes de la Matrone ont été de 68 400 F et les dépenses de 121 921 F.

Le Président me signifie qu’il y’a des fonds pour les prochaines dépenses. Enfin Eveline fait l’inventaire avec une certaine autonomie. La prochaine commande est dite de réajustement, elle compte 14 produits dont 6 réenclenchés, non disponibles lors de la dernière commande. Le lendemain, mercredi 27/04, étant férié pour la fête de l’indépendance, je demande au Président de prendre rendez-vous avec Eveline dans l’après-midi pour valider la commande et la remettre à l’Infirmier de Yometchin. Je souhaite ne pas être présent pour la remise de la commande afin qu’Eveline puisse s’inscrire pleinement comme Gestionnaire et être considérée comme véritable référente de la Case de Santé d’Avedome.

Eveline a pu faire confirmer la commande par la Matrone et la faire valider par le Trésorier et le Président du Comité de Gestion. L’Infirmier a salué la qualité du document.

Jeudi 28, la réunion prévue avec le Comité de Gestion n’a pu avoir lieu en raison de l’absence de ses membres.

Le lendemain j’ai un entretien avec le Président du Comité de Gestion. Il me fait part de son désarroi devant le manque de sérieux de certains mais ne baisse pas les bras. Il énumère les points qu’il faut rapidement soulever : la prise de connaissance et la validation de la charte ; l’organisation et la tenue de prochaines élections, l’arrêt d’une date en Mai pour la réalisation du trou d’enfouissement et d’un trou plus petit, de calcination. En ce qui concerne la gestion des déchets il est utile de préciser qu’il en existe plusieurs :

  • Les déchets métalliques (les aiguilles (séparée des seringues) usagées doivent être collectées dans une boîte de sécurité et font l’objet d’un ramassage mensuel d’une voiture du District Sanitaire de l’Ave).
  • Les flacons de verre de « format ampicillines » sont entassés dans un carton puis récupérés par des revendeurs.
  • Le verre (ampoules et bouteilles de sirop) est disposé dans un carton pour être broyé.
  • Les déchets dangereux et combustibles (seringues, gants, coton, mouchoirs avec du sang ou liquide séminal) doivent être jetés dans une poubelle spécifique, à couvercle.
  • Les déchets dits « classiques » sont jetés dans d’autres poubelles à couvercles présentes dans les bureaux.

Nous parlons également de la Matrone, de son manque de volonté à collaborer. Il pense très sérieusement à la possibilité d’un licenciement de la Matrone si cette dernière ne part pas d’elle-même ou continue de compromettre l’organisation et de ne pas respecter certaines consignes. Je le suis dans son raisonnement.

Dimanche 01/05 les filets anti nuisibles ont été installés aux 9 fenêtres, ce qui est une très bonne chose.

Lundi 02/05 Eveline renseigne le « Rumeur » pour la période du 26/03 au 25/04, le document de suivi des consommations journalières. Pour ce mois elle a pu noter les stocks initiaux pour chaque produit en s’appuyant sur l’inventaire du 28/03. En ce qui concerne les filets anti nuisibles, Eveline remarque que les insectes sont moins présents.

Le lendemain Eveline réalise un ménage dans son bureau avec eau et détergent malgré le fait que le Trésorier n’a pas encore acheté un balai long manche adapté. La Gestionnaire a bien compris qu’un bon nettoyage limitait la présence de nuisibles dans ce lieu de stockage. Le Trésorier a apporté 2 bidons qui pourront être utilisés comme conteneur d’eau ou encore sceau pour le ménage.

Mercredi 04/05 se tient la réunion avec le Comité de Gestion. Le Trésorier est une fois de plus absent. Le Président souhaite organiser de nouvelles élections pour changer notamment de Trésorier lequel n’a jamais montré de registres comptables et n’est quasiment jamais disponible lors des réunions. Ensuite, la Charte est lue et adoptée par le Président, signée par les membres présents du Comité de Gestion et par moi-même (en tant que représentant de la NVM-Togo). Avec le Président je fais un point hygiène sur les produits manquants ainsi qu’un point sur la gestion des déchets. Nous précisons et notons que la Matrone ne sépare pas les aiguilles des seringues en plastiques après utilisation, comme cela lui avait été demandé par l’Infirmier de Yometchin.

Enfin nous nous mettons d’accord sur la date du mardi 10/05 pour débuter la réalisation du trou d’enfouissement (ou « de vidage »). Le Président et les autres membres discutent pour mettre à disposition des pelles et de l’argile et faire appel à de jeunes volontaires.

Les jeudi 05 et vendredi 06/05 Eveline fait des révisions sur ce qu’elle à appris depuis début Mars. Je lui demande d’entamer une réflexion sur son rôle de Gestionnaire-Approvisionneur après mon départ. Elle travaille déjà en quasi autonomie et je l’invite à se projeter dans l’avenir : Comment va-t-elle s’organiser par rapport aux différentes tâches qu’elle doit réaliser ? Elle se montre convaincante dans ses explications et prend pleinement conscience que son travail va au delà de l’exécution de tâches établies, mais qu’elle doit aussi s’inscrire dans une logique de contrôle, d’inspection et d’évaluation.

Rapport de Martin – Partie 2

Le 14/03 J’entame la troisième semaine de formation d’Eveline.

Le menuisier devrait commencer la construction des étagères et de l’armoire cette semaine pour normalement une installation prochaine. La saison des pluies approchant, nous arrivons à la conclusion qu’il est urgent de se procurer des produits d’entretiens pour réaliser un grand ménage et des poubelles à couvercle ainsi que d’installer des grillages aux fenêtres et aux deux portes extérieures pour lutter contre les nuisibles et particulièrement les moustiques.

En ce qui concerne les membres du Bureau du Comité de Gestion ils n’ont toujours pas pu se réunir pour l’élection. Lors de la consultation sont abordés les points suivants :

-La formation d’Eveline : Une formation qui se passe bien avec une « stagiaire » très investie.

-Le compte de résultats : Le compte de résultat doit être fait tous les 26 du mois en présence de l’équipe du Centre de Santé, du Trésorier et du Président du Comité de Gestion.

-Les achats et les aménagements pour le centre de santé : Le Président insiste sur l’aspect sécurité et le besoin de disposer d’un coffre et d’une armoire sécurisée pour la caisse de la Matrone et de renforcer les portes extérieures. J’invite les membres du Comité de Gestion à réfléchir rapidement au financement, à lever leurs propre fonds et comme, cela avait été dit en février d’effectuer un appel à la population pour d’éventuels dons ou participations

Le 16/03 je rapporte à Eveline l’entretien de la veille avec le Comité de Gestion. J’insiste sur le compte de résultat à effectuer chaque 26 du mois et donc de l’’importance de bien suivre toutes les dépenses, les achats de médicaments et de consommables via la chaîne d’approvisionnement de la DDS, mais également les achats de fournitures de bureau et les frais de déplacement. L’après-midi avec Eveline et Kokou KOHOE (secrétaire et accompagnateur de la NVM-Togo) nous nous rendons à Keve afin d’y rencontrer l’Assistante Médicale-Responsable du Centre Médico-sociale (CMS), Madame Ayele ODOU. Ainsi nous aurons vu les trois acteurs de la chaîne d’approvisionnement dont le Centre de Santé d’Avedome dépend.

Elle nous inique qu’il serait bon de pouvoir réfléchir à la manière de brûler en toute sécurité les déchets médicaux (hors objets tranchant et piquant) avant enfouissement. Egalement l’importance de trouver une méthode optimale pour la décontamination des ustensiles médicaux.

Le 17/03 je demande à Eveline d’écrire et de me résumer l’entretien avec la Responsable du CMS. Ce n’est pas évident pour la jeune Gestionnaire car c’est son premier rendez-vous professionnel mais je lui dis qu’il est important qu’elle puisse se positionner comme un véritable interlocuteur.

Le vendredi 18/03 pour la fin de la troisième semaine de formation, Eveline fait des exercices pratiques sur les niveaux de stock ainsi que sur les différents outils de gestion et de suivi

Ce lundi 21/03 Eveline fait des révisions et des exercices de compréhension sur les fonctions essentielles de la Gestion et de l’approvisionnement. En effet ces révisions me permettent de m’assurer qu’elle intègre bien ces notions essentielles.

Le lendemain j’en profite pour discuter avec Eveline du fameux compte de résultat à réaliser en fin de semaine. Je lui rappel l’importance de tenir sur son registre toutes les dépenses portées à sa connaissance. Ensuite je sensibilise Eveline sur la nécessité de réaliser de temps en temps des évaluations afin qu’elle s’inscrive dans une démarche d’amélioration continue et ainsi rendre compte et proposer des solutions aux différents partis prenantes et plus particulièrement au Comité de Gestion. Ainsi nous rédigeons une fiche d’évaluation simple avec trois colonnes (Quoi, Observations, Recommandations). Je lui demande de noter ses observations et commentaires sur ce qu’elle estime à modifier, réparer ou améliorer à l’extérieur et autour du Centre de Santé. Elle remarque les mauvaises herbes et la nécessité de les enlever, le petit pont pour se rendre au Centre trop petit et pas assez solide, des seringues usagées dans le trou d’incinération (utilisé par la Matrone) ainsi que des parties du mur à réparer. Je lui explique qu’à travers cet exercice elle doit se positionner à moyen terme comme interlocutrice crédible auprès de la Matrone et du Comité de Gestion et comme actrice du développement du Centre de Santé.

Le 23/03 j’organise une séance de travail avec la Matrone. Nous abordons le compte de résultat du 25/03 et je lui pose des questions concernant le prochain inventaire et la commande que je vais réaliser avec Eveline le lundi 28 mars. J’appel l’Infirmier de Yometchin pour l’informer que nous lui remettrons le bon de commande au plus tard le 29/03, je lui communique mon numéro de téléphone afin qu’il puisse désormais passer par Eveline ou moi en ce qui concerne l’approvisionnement et plus par la Matrone. Dans l’après-midi je rencontre le Président du Comité de Gestion, j’en profite pour lui demander de vive voix la possibilité de réaliser le compte de résultat vendredi 25/03 au matin.

Le jeudi 24/03 j’informe Eveline que les étagères et l’armoire n’arriveront finalement pas cette semaine mais en début avril soit après la commande. Cela me permet de travailler avec elle sur la gestion de l’imprévu. En effet je lui indique que son activité nécessite souplesse et anticipation. En ce qui concerne notre cas nous avons alors prévu de faire un inventaire complet le 28/03 et de se rendre à Yometchin pour remettre à l’Infirmer, le bon de commande au plus tard le 29/03. Puis, dès que les étagères seront installées dans le bureau de la Gestionnaire, il faudra y transférer le stock et faire un inventaire afin de déterminer pour chaque produit le niveau de stock initial et de le noter sur chaque fiche de stock correspondante. 
Et ainsi de gérer les flux physiques, à savoir les sorties et les entrées

Le lendemain la Gestionnaire, la Matrone, le Président du Comité de Gestion sont réunis au Centre de Santé pour réaliser le compte de résultat. 
Toutes les parties collaborent et nous parvenons à réaliser le premier compte de résultat. J’invite le Président du Comité de Gestion à un entretien dans le bureau de la Gestionnaire afin d’aborder les achats et les réalisations urgentes en termes d’hygiène et de sécurité. Je fais comprendre au Président que nous attendons que le Comité de Gestion propose des solutions 
concrètes, il faut mettre les idées en pratique. Nous convenons la nécessité d’une réunion où seront conviés les membres du Comité de Gestion ainsi que la Matrone et la Gestionnaire. Le rendez-vous est fixé pour le mercredi 30/03

Le lundi 28/03 avec Eveline nous réalisons dans le bureau de la Matrone le premier inventaire complet pour la passation de commande. A l’aide de la liste standard je contrôle le stock, l’état et la date d’expiration pour chaque produit pendant qu’Eveline note sur la feuille de comptage.

Le lendemain nous passons la commande d’achat. Selon l’inventaire et les niveaux de stock il est convenu de commander 30 produits via la chaîne d’approvisionnement et 1 produit via le trésorier du Comité de Gestion. Ensuite est organisé avec le Président et le Trésorier du Comité de Gestion le calcul du coût total. Ils s’entretiennent avec la Matrone et finissent par valider la commande. Dans l’après-midi je me rends avec le Président à l’USP de Yometchin pour remettre le Bon de Commande à l’Infirmier.

Il est convenu d’utiliser le bon de commande officiel ; Pour la désignation certains noms de produits doivent être écrits avec leurs dénominations complètes en indiquant systématiquement la forme galénique. Enfin, en ce qui concerne la quantité il ne faut pas indiquer le nombre de « boite » mais le nombre de comprimés ou ampoules

Le mercredi 30/03 se tient la réunion. 
J’invite le Président à nous communiquer ce que le Comité de Gestion compte mettre en place. Il m’informe qu’il doit s’entretenir avec le trésorier afin de faire les achats au marché très rapidement. Il s’agit du sceau avec couvercle, des poubelles avec couvercle et autres produits d’entretien.

Le Lundi 04 / 04 nous terminons de renseigner les informations sur le « rumeur » avec les clarifications et précisions de la Matrone sur la dénomination de certains médicaments. Dans le même temps la Matrone m’informe que le menuisier est passé samedi dernier pour prendre les mesures des fenêtres et des portes extérieures dans l’optique de réaliser les cadres pour les grillages anti-nuisibles. J’appel le menuisier pour l’informer que les grillages vont être remis au trésorier pour mise à disposition.

Mardi, Eveline révise la notion d’inventaire. Ensuite dans le cadre d’une visite du Centre de Santé prévue le lendemain, j’invite Eveline à parler de son activité et des réalisations en cours ; Elle se présente et parle de son poste puis m’invite à visiter l’extérieur et l’intérieur du Centre de Santé tout en m’informant des futurs changements relatifs à l’hygiène et à la sécurité.

Ce mercredi 06/04, Charlotte, une bénévole française d’AIME et un volontaire togolais de la NVM sont venus au Centre de Santé.

Le lendemain nous travaillons sur l’oral et la prise de parole en publique. Ensuite j’aborde la nécessité de réaliser rapidement, dès la semaine prochaine un désherbage autour et surtout derrière le centre. Une attention particulière est portée sur le petit trou creusé par la Matrone envahie par les herbes où ont notamment été jetées des seringues usagées donc dangereuses

Ce vendredi 8/04 j’appel le menuisier pour savoir si les étagères et l’armoire vont arriver ce jour comme convenu. Il me dit qu’il est souffrant et qu’elles seront installées lundi 11/04 dès 9h00. Je me permets de lui dire que ce n’est pas la première fois que la date est reculée et que cela nous met dans l’embarras.

Président du Comité de Gestion vient nous rejoindre nous informe que la réalisation de cadres avec grillages pour lutter contre les nuisibles est en cours et que les achats concernant l’hygiène vont pouvoir se faire dès samedi voire plus tard la semaine prochaine. J’attends que les déclarations soient suivies des faits. J’aborde la question du désherbage, le Président va mobiliser des forces humaines et les outils pour le réaliser dès le lundi matin.

Je vois Eveline de plus en plus concernée et impliquée dans son rôle de Gestionnaire, désormais elle travaillera en semi-autonomie.

Voici le rapport numéro 3 !

Kusapín. Ce petit coin de paradis se mérite : il faut se lever tôt, prendre le bus, puis le bateau, quitte à subir les intempéries et à arriver trempés sur la plage, puis parcourir un village tout en escaliers et sentiers escarpés. Mais le jeu en vaut la chandelle : des plages de sable blanc, des palmiers bien sûr, une jungle verdoyante, et des maisons plantées au sommet des collines qui offrent des perspectives à 180°C sur la mer des Caraïbes.

Kusapin 2

Cela dit, le meilleur de nos quatre expéditions à Kusapín reste les rencontres avec les entrepreneurs candidats au programme : réunion d’information, inscription, étude de faisabilité et enfin lancement de la nouvelle promotion sélectionnée, quatre étapes riches en moments forts. 29 inscrits parmi lesquels le Comité de Sélection a retenu 22 bénéficiaires pour un montant total de prêts de 12 400$. La promotion Kusapín 2016 est donc la plus grande du programme depuis son commencement ! La remise des chèques s’est faite le samedi 2 avril, en présence de tous les heureux élus.

Promocion total 2

Pour partir à leur rencontre, nous allons naviguer par groupe solidaire, équipes de 3 à 8 entrepreneurs qui se soutiendront tout au long de l’année à venir et mettent en commun une épargne solidaire pour garantir le remboursement de leur prêt.

Las Costeñas – 700 $
Honneur aux femmes, avec ce groupe composé de cinq couturières de « naguas », la tenue traditionnelle Ngöbe, souhaitant investir dans l’achat de tissus pour leur activité. Zuleika Jimenez, Adriana Lopez, Argelica Chuito, Fidedigna Trottman et Claudina Miller sont des mères de famille fortement actives dans la communauté de Kusapín et qui ont de l’énergie à revendre.

Las Costenas

Ulire – 3200 $
Quatre entrepreneurs avec une grande motivation et aux activités dont la diversité est précieuse pour le programme. Feliciano Ellington gère en famille une « buhoneria » ambulante et son optimisme force le sourire (buhonero est le terme panaméen pour désigner les vendeurs de marchandises de type « bazar » : lampes torches, sacs à dos, rubans, etc.). Tanacio Jose est le premier ébéniste financé par Grandir Ensemble et l’argent du prêt l’aidera à obtenir une nouvelle machine pour répondre à la forte demande de ceux qui reconnaissent son expertise. Teofilo Sam Miguar, un des doyens de la promotion, gère deux activités bien représentatives de la vie à Kusapín : une boutique de diverses denrées alimentaires et un petit commerce de vente de carburant pour alimenter moteurs de bateaux et générateurs d’électricité. Des bateaux comme celui de Cenen Migar, qui fait l’aller-retour entre Kusapín et Bocas del Toro tous les jours pour transporter personnes et ravitaillement.

Ja Bobre Biti – 2500 $
Trois hommes, trois commerçants pleins de succès et qui ont constitué un groupe caractérisé par sa forte cohésion. Linares David tient une épicerie sur la plage devant l’école et semble ne jamais prendre de repos, toujours ouvert pour servir ses très nombreux clients, l’appui du prêt lui permettant de renouveler son stock avec de nouveaux produits. Mendes Archibold tenait déjà un bar et un local de vente de carburant, avant de se décider à ouvrir à son tour une épicerie en face de ses deux autres commerces. C’est pour renforcer son inventaire qu’il a sollicité un prêt. Antonio Quintero est fortement actif dans la communauté de Kusapín et s’est, pour sa part, éloigné de la zone déjà bien desservie de la plage pour installer à proximité de la municipalité une petite buvette : tout est déjà prêt, il ne lui manquait plus que quelques fonds pour acheter ses premières denrées alimentaires et boissons.

Ja Bobre Biti

Keberi – 1200 $
Ce trio est en fait un sextuor : Romulo Caito et son épouse, Tiburcio Lopez et son épouse, Donaldo Trotman et sa sœur. Sur les formulaires d’inscription, nous avons le nom des hommes mais les études de faisabilité nous ont montré à quel point ils fonctionnaient par paires. Romulo et son épouse viennent d’ouvrir une boutique sur la plage, et après quelques difficultés de gestion de leurs ventes à crédit, ont sollicité autant le prêt que l’accompagnement du programme Grandir Ensemble pour pouvoir repartir du bon pied. Tiburcio et sa femme gèrent en couple leur restaurant « Chibitichi », un nom qui signifie « Petit à petit » : avancer pas à pas est leur sage mentalité et ils sont désormais la cantine presque officielle des maîtres de l’école toute proche. Ils comptent également parmi les plus demandeurs de formation, notamment en comptabilité, que le programme leur fournira. Enfin, Donaldo Trotman a sollicité un prêt pour l’activité de sa sœur Maritza, une nouvelle épicerie/restaurant dans les hauteurs de Kusapín où toute la famille s’implique des grands-parents au dernier né. Tous étaient d’ailleurs là pour l’étude de faisabilité et tous attendent beaucoup du programme.

Kebery

Los visionarios – 3300$
Tous ces « visionnaires » se connaissent bien puisque, le matin, ils enseignent tous à l’école du village et se consacrent l’après-midi à d’autres activités productives. Heriberto et Gilberto Hooker sont même père et fils, gérant côte à côte respectivement une épicerie et un restaurant. Chacun a obtenu un prêt pour ajouter un élément de matériel nécessaire à son activité : nouvelle gazinière ou congélateur. Bernardino Smith tient déjà avec sa belle-fille une boutique dans les hauteurs mais doit augmenter ses revenus pour financer les études de ses fils à l’université. Cet entrepreneur dans l’âme a donc bâti un local sur la plage pour y ouvrir une épicerie et un commerce de produits frais, l’argent du prêt devant lui permettre d’y constituer un premier stock. Visiter Mariano Record fut allier l’utile à l’agréable : plein d’humour, il nous a accueilli dans sa demeure perchée au sommet d’une colline d’où la vue est imprenable sur la mer des Caraïbes et où il entretient le premier élevage de poules pondeuses de la communauté. La forte demande et l’expérience acquise au terme d’une première année d’activité l’ont convaincu d’investir dans l’achat de nouveaux poussins ce que l’argent du prêt rend désormais possible.

Sin nombre – 1500 $
Trois premières fois pour le programme avec ce groupe de jeunes entrepreneurs. Premier tailleur, en la personne d’Aquilio Taylor (un nom prédestiné et nous espérons pouvoir dire bientôt « My taylor is rich ») qui coud uniformes et tenues dans un petit local adjacent à sa maison. Pour augmenter son activité, il souhaite acheter du fil et du tissu en supplément et le Comité de Sélection a choisi de l’appuyer. Premier coiffeur et barbier, à la fois pour Grandir Ensemble et pour Kusapín, avec Dagoberto Trotman qui établira donc un monopole dès qu’il aura investi l’argent du prêt dans le matériel nécessaire. Enfin, le benjamin de la promotion, Hemer Migar, pourra ouvrir grâce à notre appui un commerce d’un type nouveau à Kusapín : une boutique de réparation d’objets électroniques, avec une photocopieuse et imprimante et proposant un service de recherche sur internet pour le compte des étudiants n’y ayant pas accès par eux-mêmes. En attendant de pouvoir proposer un véritable internet café !

Sin nombre

La réunion du 2 avril nous a donc permis de célébrer l’arrivée du programme dans une nouvelle zone de la comarca et de souhaiter le meilleur à notre belle promotion. Au programme : quelques rappels sur le fonctionnement du programme, l’intervention d’un entrepreneur couronné de succès et trois fois bénéficiaires de Grandir Ensemble, signature des contrats et remise des chèques, suivi d’un café et de quelques photos dans une ambiance à la fois sérieuse et plein de joie. Dans l’ensemble, nos nouveaux bénéficiaires sont très demandeurs de formation et de suivi, on a hâte de s’y mettre ! Surtout que ça nous donne un prétexte pour revenir au plus vite.

Pour l’instant, nous voilà de retour à Silico Creek d’où nous entamons l’approche d’une nouvelle communauté et où se déroulera bientôt le temps du suivi pour les entrepreneurs de notre village de base. Affaires à suivre…

Kusapin 1

Pour les amateurs de chiffres, voici un petit tableau récapitulatif de la Promotion Kusapín, sixième promotion d’entrepreneurs financés par le programme Nirien Waire (traduction de « Grandir Ensemble » en Ngöbere).

Nombre d’entrepreneurs 22
Montant total des prêts 12 400$
Montant moyen des prêts 564$
Pourcentage de femmes 23 %
Type d’activités 8 boutiques, 5 couturières artisanes et 1 tailleur, 3 restaurants, 1 élevage de poulet, 1 activité de transport maritime, 3 autres (ébénisterie, coiffeur et services électroniques).

Je suis arrivé le 17 février dans le village d’Avedome, dans la région de l’Ave à 60 km de Lomé. Le village est entouré de pistes de terre rouge et bordé par la brousse. J’ai quitté Paris en hiver et je me retrouve dans la grande chaleur humide.

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Village d’Avedomé

La première rencontre avec les habitants est chaleureuse. J’apprends mon premier mot en ewe, une des langues répandues au sud : « yovo » ce qui veut tout simplement dire blanc. Mon lieu d’habitation dispose d’une cour où évoluent chèvres et poules. A peine installé le chef et des notables du village viennent me rencontrer, j’observe et apprends les salutations d’usage puis j’explique la raison de ma venue. Je vais travailler à la mise en place d’une méthodologie relative à l’approvisionnement et à la gestion du Centre de Santé ainsi qu’à la formation du Gestionnaire. Le lendemain je rencontre l’infirmière du Centre appelée la Matrone. Mon intérêt est d’installer un climat de confiance régi par un rapport d’échange pour une bonne collaboration future.

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Stock au 18 février

Je découvre la cuisine locale, la bouillie de tapioca, le foufou (pate de manioc ou igname avec une sauce bien pimentée) ou encore le ablo (pate de maïs sucré). Je goûte aussi les boissons locales (avec modération bien sûr) que sont le vin de palme et le togo-gin.

Retournons à la mission ! Je rencontre dès le 29 février une jeune femme choisie par le village pour suivre la formation et devenir la Gestionnaire-Approvisionneur du Centre de Santé. C’est un beau challenge pour moi. Je dois former quelqu’un qui n’a jamais abordé les questions de gestion de stock et d’approvisionnement et dont la langue première n’est pas le français. Cela m’invite à me remettre en question et à gagner en souplesse. Je comprends rapidement que je me dois d’être quelque peu créatif en utilisant le français facile, des illustrations et des comparaisons imagées. J’invite également la jeune femme à expliquer ce qu’elle a compris aussi bien en français qu’en ewe afin de lui permettre de gagner en confiance. Au bout de presque un mois de formation je sens la motivation et la ténacité de la future Gestionnaire.

Après le travail, mon séjour est ponctué de visites dans le sud. La capitale Lomé bien sûr, mais également la ville de Aného et le lac Togo à la frontière béninoise ou encore la ville de Tsevie et son beau marché animé. Mes débuts au Togo sont prometteurs pour la suite !

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    Plage d’Aného