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MAE SAPE TAI … pour beaucoup ce nom n’évoquera pas grand chose. Un énième sigle ne voulant rien dire ? Chouette une nouvelle recette ? Une créature légendaire ? Bé non, un petit village thaïlandais , presque au nord, presque à la frontière de la Birmanie, presque prêt de Mae Hong Son. En bref un endroit que l’on pourrait aisément ne jamais trouver mais qui par sa beauté et l’extraordinaire gentillesse de ses habitants évoquera bien de jolis souvenirs à ceux qui auront eu la chance d’y passer.

Bangkok son agitation, sa fourmilière, ses odeurs, son trop… 13h de bus plus tard me voilà déposée au milieu de rien, 7h du matin, les yeux qui collent encore, un peu désorientée … c’est agréable, la bonne odeur d’une sacrée aventure pointe le bout de son nez ! Andy ne va pas tarder à arriver, tiens le voilà d’ailleurs, en scooter. Un gros sac un petit sac Andy, moi … ça passe. Robuste la bête. En avant !!! C’est que ça roule vite ces choses là.

Une demi heure de route, 3 thés, 25 « tableu » (bonjour) et une multitude de sourires et rires plus tard me voilà installée. Le matelas de Patti et Mugga (malgré ma vaine tentative de refus), une moustiquaire, ce que l’on pourrait appeler une véranda sans fenêtre, ainsi qu’un petit vent chasseur de moustiques feront office d’hôtel 5 étoiles ( si ce n’est pas 6 ) pour les 3 semaines qui suivront.

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Passons le riz matin midi et soir, les épices, la pêche, la cueillette du kikouda (plante comestible que l’on allait souvent chercher dans les jungle) et de ces foutus champignons introuvables ( une dizaine pour 3h à gratter dans le sable perdant au passage dos et genoux). Passons aussi les soirées guitare, whisky (alcool de riz local), rire, rire, rire. Passons aussi sur le fait que la la langue, plus qu’une « barrière » nous aura donné de franches rigolades ! Bref passons tout cela, non pas par manque d’intérêt mais parce que ce témoignage deviendrait alors un long roman.

L’école … comme je le disais dans un article précédent, lorsque l’on arrive à Mae Sape Tai il faut savoir casser toutes ses représentations de ce qu’est l’école, de ce qu’est l’enseignement. Effectivement, par choix du directeur ici tout est beaucoup plus libre , « cool » , et c’est TANT MIEUX ! Effectivement, en tant qu’élève (et prof aussi) on fait cours dehors, on rentre on sort de la classe à sa guise, on a des cours de jardinage, des après midi « scout » ( le peuple Karen est majoritairement bouddhiste mais 0,2% sont chrétiens, dont les habitants de Mae Sape) etc. Les après midi scout ce sont des sortes d’ateliers sportifs pour certains, un peu moins pour d’autres, on chante, on danse, les enfants sont répartis par niveaux. Parlons des scoubidous… haaaaa les scoubidous quelle découverte, 200 scoubidous, une demi heure plus tard … plus rien ! « Laurie… tu me montres comment on commence ? » «  Moi aussi ! » « Moi d’abord ! » , une horde de 25 enfants plus tard et quelque profs qui n’en décollerons plus de l’après midi (c’est quand même mieux qu’enseigner non ?) il faut retourner en classe.

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Tiens « notre » classe d’ailleurs, une bande de 10 loustiques, entre 10 et 13 ans, filles et garçons, avides d’apprendre l’anglais (ou pas) et Currot, le faux timide et souriant prof. Il faut dire qu’ici l’anglais n’est pas vraiment langue universelle, aussi bien pour les élèves que pour les profs. La plupart de ceux-ci n’en parlent quasiment pas un mot. L’enseignement de cette langue se résume à de très longues listes de mots, parfois fort inutiles ( sauf si vous utilisez cheminée ou ornithorynque tous les jours) à apprendre par cœur. Trois professeurs (Andy, Currot et moi) et un dictionnaire anglais/thai n’auront pas été de trop pour mettre en route le projet (expliqué dans l’article précédent). Cependant, malgré quelques petites difficultés à l’écrit, notamment au moment de recopier la lettre au propre ( il n’y a pas vraiment d’espace dans la langue thai, petit détail certes mais pas évident à appliquer) tout se sera déroulé dans la joie et la bonne humeur

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Dernière soirée, repas gargantuesque, les voisins, la bonne humeur, ne pensons pas à demain, Dernier jour, dernier réveil au son des cocoricos matinaux… Au revoir à la famille (pas d’adieu, c’est promis je reviendrai!!), à l’école, jours de la tenue traditionnelle, tous les enfants dans la cours me chantent une chanson, petit cadeau à Tanita (une élève adorable qui venait dormir avec moi tous les soirs) , ça sert au fond de la gorge. Au revoir à la famille de Ying (petite amie d’Andy), « good bye Naréré (mon surnom au village), when will you come back ? » ! On reprend le scooter… dans l’autre sens cette fois çi.

Des remerciements ? Difficile d’exprimer tout ça à l’écrit tellement ces trois semaines furent fortes, en rencontre, en apprentissage et en partage. Merci à A.I.M.E et plus particulièrement Mariane qui m’a suivie et permis de réaliser tout ça, mais surtout laissé vivre ce projet, sans directives ou objectifs à atteindre, merci pour cette liberté et cette présence !!! Et puis merci a Wah Lay aussi, pour ton accueil et ta gentillesse, sans toi j’errerais surement encore dans les rues de Bangkok à l’heure qu’il est. Andy, sans toi rien n’aurait pu se faire, je te suis reconnaissante de m’avoir accueillie, guidée, continue sur ta lancée, t’iras loin, les enfants on de la chance d’avoir un prof comme toi (un peu strict parfois hein haha). Puis merci au village, à Ying, sa famille, Patti, Mugga, leur fille, Tanita, les voisins, Currot, les gardes de la réserve, Chang et j’en passse !! Merci le voyage !!!

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 “Il était encore hésitant sur la décision à prendre. Mais il comprenait maintenant une chose importante : que les décisions représentaient seulement le commencement de quelque chose. Quand quelqu’un prenait une décision, il se plongeait en fait dans un courant impétueux qui l’emportait vers une destination qu’il n’avait jamais entrevue, même en rêve, au moment où il avait pris cette décision.” – L’Alchimiste, Paulo Coelho

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Laurie.