Family: France

Après un très long voyage en avion et 3 heures de bus, je suis finalement arrivé au Learning Centre de Ban Tha Song Yang. J’y ai rencontré 3 autres volontaires qui comme moi étaient venus enseigner l’anglais aux enfants du centre.

Ils m’ont expliqué ce qu’ils savaient des enfants. Outre les enfants et petits-enfants de Gloria, la responsable du centre une vingtaine d’enfants y vivent, certains ont perdu leurs parents, d’autres y sont seulement déposés provisoirement car leur famille n’a pas les moyens de les élever. Ces enfants ne disposent pas de la nationalité thaïlandaise et ils ne peuvent donc pas suivre les cours de l’école thaïlandaise.

Je me suis installé dans la cabane/hutte des volontaires sur pilotis comme toutes les maisons dans la région afin de se prévenir des inondations. J’ai déplié ma moustiquaire sur mon matelas, indispensable cette région infestée. Pendant la journée, il est inévitable de se faire piquer même en s’appliquant de l’anti-moustique plusieurs fois par jour. Certains moustiques peuvent être porteurs de la malaria (palu) et il est donc recommandé de prendre les médicaments nécessaires.

La journée commence par un petit déjeuner dans la maison de la sœur (fille?) de Gloria. Nous mangeons du riz (inévitable) accompagné de courge en morceaux et de choux. Ensuite, à 9 heures nous traversons le campement pour rejoindre un bâtiment où nous donnons classe au groupe le plus âgé. Les 3 élèves (5 à la fin) suivent le cours mais éprouvent des difficultés à participer à l’oral et à comprendre les structures en anglais car elles n’ont pas obligatoirement d’équivalent dans leur langue. Après une heure de cours nous nous rendons dans l’Eglise (la “church”) pour donner classe au groupe le plus jeune (entre 6 et 12 ans environ). La plupart des élèves ont d’énormes difficultés à rester concentré et à comprendre les notions les plus basiques. Après un mois de cours et des tentatives de pédagogie très diverses ils ne maitrisent toujours pas les couleurs. Les enfants ont tendance à répondre au hasard.

Après cela nous rejoignons notre habitation.

Vers 13 h nous descendons pour prendre le déjeuner dans la maison de la fille (la sœur?) de Gloria : du riz, de la courge en morceaux et du choux.

L’après-midi les volontaires organisent des activités (foot, bracelets en perle, jeux de société,…) et les enfants viennent souvent jouer dans la chambre des volontaires, ce qui est l’occasion de leur apprendre parfois des choses aussi simples que réaliser un puzzle.

Nous profitons aussi de l’après-midi pour nous doucher à la rivière qui traverse le campement.

Le soir, les enfants se regroupent dans l’Eglise pour chanter puis vient l’heure de manger le repas du soir. Nous nous installons donc par terre pour manger du riz avec de la courge en morceaux, souvent accompagnés de nouilles et d’omelettes.

Parfois ce rituel quotidien était perturbé par la venue de groupes de volontaires thaïlandais qui venaient apporter des sacs de nourriture et toutes sortes d’objets du quotidien.

Après le départ des 3 autres volontaires français un groupe de coréens-californiens est venu au centre pour enseigner la grâce de Dieu aux enfants: chanter des chansons en sa gloire, colorier des scènes bibliques et réaliser des colliers et bracelets avec des petites croix en bois.

La religion est très importante pour les habitants du centre (les karens se battent depuis plus de 70 ans pour obtenir leur indépendance et ainsi affirmer leur identité basée sur la tradition chrétienne). Elle constitue pour eux une échappatoire face à une vie souvent compliquée.

Le manque de confort et d’hygiène ne s’est personnellement fait sentir qu’au bout de deux semaines environ mais il est grandement compensé par la satisfaction de savoir sa présence utile.

 J’ai tout de même trouvé dommage de ne pas pouvoir manger avec la famille le soir surtout après le départ des autres volontaires et de ne pas vraiment être informé de certains points de la vie du centre. J’ai été malade pendant une bonne partie de mon séjour et ai donc passé plus de temps à dormir que je ne le souhaitais.

Pour finir, je garde un bon souvenir de mon passage dans cette région et des enfants du centre. Le fait de ne pas parler la même langue rend la communication très difficile et certains cours peuvent être frustrants car les enfants ne comprennent pas forcement. En juillet, il pleut énormément et cela constitue aussi une contrainte notamment pour les activités.

Je m’appelle Julie et j’ai décidé de partir au Togo afin d’aider une population défavorisée et aussi pour des raisons personnelles. Par le biais de l’organisation AIME je suis partie au départ dans l’association MJSFD.

De la j’ai rencontré ma binôme qui se nomme Aurianne. Nous sommes restées 2 semaines dans l’association car un ensemble d’événements nous a poussé à un départ précipité. Ma binôme aillant une amie avec la nationalité Togolaise nous a aidé a être hébergés en attente d’une solution. De connaissance en connaissance, nous avons atterri dans l’association AGOPODE dont le dirigeant est Koffi Sesse AWUNYO. Son travail vise les enfants en situations de rue: il prend en charge les plus grands à partir de 15 ans, pour les accompagner dans l’autonomie à travers des métiers artisanaux. Actuellement la fabrication de bijoux et d’autres projets sont à venir.
Quant à nous les volontaires, nous avions pour missions l’alphabétisation et les mathématiques à enseigner aux plus jeunes. Un local est à disposition pour ces activités à Lomé.

Il y a aussi 2 fois par semaines une visite à la prison de Lomé, dans un premier temps il fait du sport avec les femmes détenues. En second temps, il y a un groupe de discussion. Travaillant aussi avec l’association Amagan, les volontaires donnent des cours de soutien scolaire aux enfants.

Malgré un commencement agité et inattendu, je suis fière d’avoir pu remplir l’objectif principal fixé: AIDER.
J’ai pu vivre ce que j’ai voulu, voir, ressentir et toutes les bonnes choses que nous avons vécus pendant 3 mois. Je ne peux mettre de mots sur tout ça car il faut le vivre pour le comprendre mais aussi le vouloir. Ça restera une expérience à ne pas oublier et unique, surement la meilleure!
Au départ AGOPODE ne prend pas de volontaire. Nous avons été une exception et je suis ravie d’avoir donné au dirigeant l’envie d’en accueillir de nouveaux. Pour moi les points à revoir: Le financement des volontaires auprès de
l’association et du logement sont à développer pour les futurs volontaires.

Julie DESMERGERS

Je me suis immergé auprès des réfugiés Karens pendant 6 mois. J’ai été enseignant dans un centre qui a pour ambition de former des élites communautaires et politiques. En y allant, j’ai pensé que l’apprentissage du droit international pouvait favoriser, à l’échelle qui est la nôtre, une construction plus sereine de la paix.

J’ai découvert une crise oubliée. Trois générations d’une minorité qui n’ont connu que la guerre civile. 100.000 réfugiés à la frontière thaï, coincés depuis des décennies et qui sombrent progressivement dans la sous nutrition. J’ai découvert que les réfugiés projettent leurs espoirs sur des acteurs internationaux idéalisés (Nations-Unis, États-Unis) et qu’en même temps des activités karens de plaidoyer se mettent en œuvre en Birmanie. J’ai aussi découvert que le récent cessez-le-feu n’inspire pas confiance, que beaucoup de Karens souhaitent reprendre le combat et que le processus de paix est plus fragile encore qu’il n’y paraît.

Voyant cela, j’ai élaboré un cours s’articulant de la manière suivante.
– J’ai déconstruit le fantasme des Nations-Unis en présentant les rapports de force qui se jouent dans cette institution ; droit de veto, principe de non-ingérence.
– J’ai posé des bases permettant de construire des activités de plaidoyer ; clarification du discours, syllogisme juridique, forces et faiblesses des différents engagements internationaux invocables.
– J’ai clarifié avec eux les droits et obligations des réfugiés avant d’évoquer les difficultés, à plusieurs égards, propres au contexte thaïlandais.
– J’ai exposé les obligations propres aux conflits armées, que tout soldat doit en tout temps respecter.

Ce travail a été accompli dans un contexte difficile de solitude et de manque de confort. Il n’a pu être réalisé qu’avec le soutien humain des autres bénévoles d’AIME, de sa direction et des responsables pédagogiques de l’école de Thoo Mweh Khee. Si il venait à être repris et approfondi, il favoriserait une sortie de crise digne pour les civils Karens et Birmans, victimes de la plus longue guerre civile que le monde ne connaisse aujourd’hui.

Nous sommes parties pour un peu plus d’un mois au Safe Heaven Learning center, devenu Ban Pak Audomsung. Nous sommes arrivées dans un orphelinat, comme l’association Aime l’indiquait : ” Safe Heaven Orphanage”. Il s’est avéré que nous n’étions pas au bon endroit, mais nous avons été conduites au centre familial de Gloria.

Nous y avons trouvé 5 maisons, dont la cabane des volontaires, 2 maisons des filles de Gloria vivant avec leurs enfants, la maison de Gloria ainsi qu’une salle de classe et un dortoir. Nous avons été accueillies par les 5 autres volontaires déjà sur place.

Nous avons rencontré les 15 enfants vivant sur le camp dont 5 enfants qui ne faisaient pas partie de la famille et étaient accueillis par Gloria. N’ayant pas de papiers ces 5 jeunes de 10 à 18 ans n’avaient pas la possibilité de se rendre à l’école Thaï.

Quant à nous, nous donnions des cours d’anglais aux 4 filles qui restaient toujours sur le camp et s’occupaient de la cuisine, des plus petits enfants, de l’entretien etc… Leur envie d’apprendre était forte et se sentait dans les progrès qu’elles faisaient ! Nous essayions de varier les approches pédagogiques, en passant par des jeux, des chansons afin de garder leur intérêt et leur concentration. Quand tous les enfants étaient sur le camp nous essayions de donner des cours d’anglais collectifs ou de jouer tous ensemble sur le terrain que nous avions nettoyé et débroussaillé à notre arrivée.

Nous avons également aidé à la construction du nouveau dortoir.

En ce qui concerne la communication, elle n’était pas toujours facile car Gloria était la seule parlant anglais sur le camp. Cependant, il en résultait des échanges très amusants voir touchants avec les enfants!

J’ai passé 40 jours très marquants dans ce centre familial, où les échanges m’ont enrichi et le mode de vie des Karens m’a poussé à réfléchir. Je suis heureuse et pleine de gratitude d’avoir pu vivre cette expérience inoubliable, et il faut avouer que les enfants et leur spontanéité me manquent !

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Cette mission au sein de Thoo Mweh Khee Learning Centre a été l’expérience la plus enrichissante de ma vie. Avoir eu la chance de côtoyer le peuple Karen et de vivre à leurs côtés pendant plusieurs mois m’a permis de (re) découvrir les notions de simplicité, de solidarité et d’humanité.

J’ai appris que l’essentiel résidait dans le regard et dans les gestes, dans le don de sa personne et l’écoute à l’Autre ; des choses simples que l’on oublie pourtant aisément dans nos cultures occidentales.

Cette véritable expérience de vie a renforcé mes convictions tout en m’ouvrant à une nouvelle culture.

Malgré la difficulté que cette communauté connaît depuis des décennies, persécutée par la junte birmane, cette population, et plus particulièrement les enfants de l’école, font preuve d’un courage et d’un sourire à toute épreuve.

Ces étudiants sont le futur de la communauté Karen.

Ce fut intense, merveilleux, difficile parfois, mais au final inoubliable.

En Thaïlande, à Ban Tha Sang Yang j’ai découvert un havre de solidarité, de bienveillance et
de générosité. Le dépaysement a été total. J’étais loin de m’imaginer ce qui m’attendait.

Je me souviens de mon arrivée à l’orphelinat. Après un voyage long et riche en émotions, ce
petit havre de paix est apparu beau milieu de la jungle thaïlandaise. Gloria et Christopher,
m’ont tout de suite accueilli comme leur propre fille. J’ai fait la rencontre de trois autres
bénévoles : Nicolas, Félix et Margaux. Et les 25 enfants birmans m’ont ouvert grands leurs
bras. Jamais je n’aurais pensé créer des liens aussi forts avec des personnes avec qui tout
nous opposent.
Et pourtant très rapidement, les journées passèrent et les moments du quotidien avec les
enfants créèrent des relations indescriptibles. Malgré la barrière de la langue, nous avons
partagé pleins de souvenirs et de moments hors du commun rythmé par les rires, les jeux, et
la musique.
Chaque jour nous essayions de mettre en place de nouvelles activités ludiques. Certaines
journées étaient plus longues que d’autres à cause de la chaleur. Mais au final, chacune
d’elles était unique. Nous avons transmis notre savoir au travers des cours d’anglais. Les
enfants progressaient jours après jours. Certains plus lentement que d’autres, mais ils
étaient tous curieux d’apprendre. Le reste du temps, nous aidions avec les tâches du
quotidien. Grâce à une cagnotte en ligne collective nous avons pu fiancer l’installation de
l’électricité permanente sur le camp. Ce fut un énorme changement pour l’orphelinat.
Désormais, ils pourront cuisiner à l’intérieur en période des grandes pluies.

Au travers de ma mission en Thaïlande, j’ai redécouvert le sens des mots solidarité,
générosité et courage. Malgré la dureté de leur quotidien, leurs sourires ne disparaissaient
jamais et leurs rires ne cessaient jamais. Je n’oublierai jamais Kokuapo, Nonopo, Papla,
Nopé, Dada, Lalapo, Nonobé, Gloria, Kookie, Gugu, Leelee, Loulou, Dewdew, Kuku,
Tchouatchouapo, Sathé, Nangné, Namouda, Namoumou, Changné, Satoutou, Somowé,
Somémé, Christopher… Ils m’ont tellement offert tout en n’ayant rien, et j’espère avoir
amélioré leur quotidien en apportant mon savoir-faire et mon aide.

La grande famille du Safe Heaven Learning center m’as fait vivre un mois inoubliable, vivre quotidiennement avec eux a été extrêmement enrichissant pour moi, j’ai énormément appris sur moi-même mais également sur eux, leur culture, leur vision des choses, leur philosophie de vie qui m’a permis de prendre du recul sur ma propre vie. Ce n’est que du positif pour moi d’avoir vécue cette mission a leur côté, en vivant leur conditions qui ont parfois été difficiles pour moi mais je me suis rapidement adaptée et me suis sentie totalement intégrée à la vie quotidienne comme un membre a part entière de la famille.

De plus, en vivant quotidiennement avec eux, j’espère leur avoir apporté ma bonne humeur et ma positivité, que nos échanges et le partage leur ont permis d’apprendre des choses et découvrir brièvement notre culture.  À l’inverse, ils m’ont énormément apportés personnellement et j’espère que cet échange était réciproque!

Le plus difficile a mon départ a été de quitter mes proches et de se lancer dans “l’inconnu”. Le retour a été difficile également puisque je me suis attachée à la famille, me suis habituée à l’environnement et au rythme de vie totalement différent du notre. Par contre, les nombreuses piqures de moustiques et la nourriture ; nous n’avons pas manqué de nourriture mais l’adaptation au riz matin midi et soir ont  été difficiles. De plus, c’est en étant aussi loin et dépaysé qu’on se rend compte à quel point nos proches sont importants, je dirais donc que le contact avec ma famille et mes amis m’a le plus manqué.

Cette expérience a été une véritable leçon de vie. J’ai vécu des choses inoubliables au safe haven avec l’ensemble de la famille, des enfants, des locaux. Les échanges ont été riches, j’ai pu découvrir une culture différente, un environnement dépaysant, un mode de vie opposé au mien. J’ai été accueilli à bras ouverts et ils ont su me rappeler que l’amour, le partage et le respect est ce qu’il y’a de plus important.

En temps habituel, Safe Haven Learning Center accueille une quarantaine d’enfants. J’y arrive pendant les vacances d’été (avril et mai) et beaucoup ont rejoint leur famille, en Birmanie. Je suis donc accueillie par Gloria, Christopher, leurs enfants et petits-enfants et quelques enfants qui n’ont pu partir.

C’est Gloria qui s’occupe de tout le monde, avec le peu de moyens à sa disposition. Mais ici, même les plus jeunes participent : bercer un bébé, préparer le repas, ramasser du bois pour la cuisine, cueillir des fruits ou légumes dans la forêt, désherber un terrain pour préparer les plantations… Malgré des conditions de vie parfois difficiles, chacun garde un grand sourire et profite de chaque occasion pour s’amuser et partager du temps en famille. Je donne 2 heures de cours d’anglais le matin, pendant qu’il ne fait pas encore trop chaud (même s’il fait déjà très très chaud !).

Les enfants ont entre 5 et 15 ans et leur niveau d’anglais est très variable. Mais les plus avancés aident les autres et tout se passe toujours dans la bienveillance. Je leur propose des jeux et activités pour leur enseigner les couleurs, les parties du corps, des verbes. Nous mimons, jouons au “mémory”… et ce sont des moments riches en énergie et en rires ! Grâce à des fonds récoltés par l’association AIME, nous pouvons faire de nombreux achats : uniformes scolaires, cahiers, stylos, cerceaux, dominos, puzzles, affiches pour les salles de classe, mappemonde… et également financer la reconstruction de la “cuisine” (qui sert à la fois de cuisine et de cantine).

J’accompagne Gloria et ceux qui participent au chantier dans les achats des différents matériaux et outils, et échange avec eux pour établir les priorités en fonction du budget à disposition. C’est une mission compliquée (il faut faire des choix !) et très intéressante. En parallèle, je peux suivre les travaux, qui avancent à grands pas. C’est une grande satisfaction pour chacun d’entre nous ! Nous jouons, beaucoup, souvent, avec 3 fois rien : des bouteilles en plastique récupérées nous permettent de faire de la musique ou de jouer au bowling, les “concours” de cerceaux ou le jeu de l’élastique ont un grand succès, sans parler des combats de pouces… même essuyer le sol d’une salle de classe devient un jeu !

La barrière de la langue ne me semble plus si importante. Les liens sont tissés et l’heure du départ approche, l’émotion grandit… Je garderai en mémoire chacun des habitants de Safe Haven : de la grand-mère PiPi, avec qui je prends mon café tous les matins, à la petite NuNuPaw, 2 ans à peine, qui m’a rebaptisée Morning.

Je reviendrai peut-être un jour passer quelques jours ou quelques semaines ici, chez eux, qui est aussi devenu un peu chez moi, qui sait ?

Rapport de Martin – Partie 1

 

A mon arrivée au village d’Avédomé, le 17 Février 2016, je suis accueilli par le chef du village et le Comité Villageois de Développement, et dès le lendemain je rencontrais l’infirmière Antoinette SOKPA, communément appelée la Matrone. Dans un premier temps, j’ai évalué la situation actuelle à savoir observer et réaliser des entretiens, afin de mettre en place une méthodologie et accompagner le changement.
J’ai ensuite eu la visite d’un des membres du Comité de Gestion, qui assurent la supervision du centre de santé. Ils m’ont présenté un jeune homme de formation infirmier afin qu’il devienne le futur Gestionnaire.

Quelques jours plus tard, je réalise ma première séance de travail avec la Matrone, en lui posant des questions sur son activité médicale ainsi que sur la gestion actuelle des produits. Je décide ensuite de présenter à la Matrone un outil de suivi/gestion que je compte mettre en place, à savoir une fiche de demande interne permettant la sortie du stock des produits demandés par la Matrone pour une mise à disposition par le Gestionnaire. Nous réfléchissons également à installer des grillages aux fenêtres et une « garde » à la porte pour lutter contre les nuisibles et reptiles.
Il est également prévu de s’entretenir avec le comité sur la nécessité de convenir d’un budget nettoyage (poubelles à couvercle : produits d’entretien). En ce qui concerne la sécurité, il est important de se prémunir du vol et de l’intrusion, nous pensons à installer des barres de fer avec cadenas et de disposer d’une armoire à clé pour les produits rares et/ou chers. Pour la prévention de l’incendie, des sceaux de sable à couvercle pourront être disposés près des portes. Enfin pour ce qui est de la gestion des déchets médicaux la Matrone les brûle dans un trou dehors, bien qu’elle ne soit pas rassurée de cette méthode, et demande une solution.

Ensuite, je rencontre les membres du Comité de Gestion qui me font part d’une nouvelle. Ils n’ont pas les fonds nécessaires pour assurer un salaire au nouveau Gestionnaire, et préfèrent alors nommer un jeune du village. Le jeune homme de formation infirmer n’est donc plus d’actualité. Ensuite sont abordés d’autres sujets et j’apprends qu’une pièce pourra être aménagée dans le centre de santé pour y installer le bureau du futur gestionnaire et la stockage des produits.

Le 23 Février, une importante séance de travail est réalisée avec la Matrone. L’objectif étant de récolter les éléments me permettant de réaliser une liste standard des produits afin de mettre en place et d’expérimenter une stratégie d’approvisionnement. A mon arrivée, je vois une femme allongée sur le lit au fond de la pièce. La Matrone m’informe alors qu’elle a accouché la nuit dernière et qu’elle se repose avec son bébé. Et ce n’est pas tout, notre entretien est ponctué par la venue de nouveaux patients : une petite fille pour un test paludisme, un homme âgés pris en charge suite à une chute, puis une femme enceinte et quatre mères et leurs enfants. J’ai ainsi pu me rendre compte de la nécessité d’aménager un espace adapté et sécurisé permettant les soins et la vaccination.

Cette séance de travail traite ensuite de l’entretien sur les acteurs et les mouvements logistique et transport constituant la chaine d’approvisionnement. Nous abordons également le calendrier de passation de commande, de la comptabilité et des rapports.

J’ai rencontré l’Infirmier d’Etat, Monsieur Komlanvi KPASSEGNA, dont le centre d’Avédomé dépends en ce qui concerne la passation de commande, l’achat et l’approvisionnement des produits. Il m’informe alors qu’une commande par mois est réalisée. Il est alors nécessaire de m’adapter à cette réalité et de prévoir suffisamment de produits lors de la passation de commande avec une attention particulière pour les produits avec une plus grande fréquence d’utilisation.

Je fais également part au Comité de cette entrevue avec l’infirmier d’Etat et de sa requête de disposer d’un endroit adapté pour la vaccination avec à proximité un pèse bébé mural. Enfin, j’aborde la nécessité de disposer dans le bureau de la Matrone, d’un coffre ou petite armoire sécurisée pour la caisse. Les membres du Comité m’informent qu’ils avaient déjà réfléchit sur ces points. L’échange à été très positif.

Le 29 février, c’est l’arrivée de la stagiaire Gestionnaire. Elle se nomme Eveline HODOR. Nous commençons sa formation et abordons les niveaux de stock avec exercices. Ensuite nous étudions la chaîne d’approvisionnement propre au district sanitaire de l’Avé. L’après midi nous abordons l’inventaire et nous faisons une première lecture de la méthodologie avec une présentation des différents outils de gestion et de suivi.
Quelques jours plus tard, je retrouve Eveline et lui remets un classeur avec la méthodologie, les fiches métier et chaîne d’approvisionnement, les explications sur les formes galéniques ainsi que les outils de suivi. Nous travaillons sur les fonctions approvisionnement et gestion de stock avec l’appui des schémas et des illustrations.

Le lendemain j’organise une séance de travail pour Eveline sur les formes galéniques et leur voie d’administration avec un exercice d’observation des différents produits présents dans le bureau de la Matrone. Je lui pose des questions sur les différents outils de gestion et de suivi ainsi que sur le calendrier des tâches. Je constate alors qu’Eveline est de plus en plus en confiance et s’investit d’avantage chaque jour.

Quand la première semaine de formation s’achève , je remets à Eveline une copie d’un guide élaboré par l’Unicef et l’OMS intitulé « Principes directeurs applicables au stockage des médicaments essentiels et autres fournitures médicales ». Je lui explique l’importance de ce document qui donne des informations et des méthodes de gestion et de stockage adaptées aux structures de santé, comme celle d’Avédomé.

Le 5 Mars, je me rends à Aného pour le week-end et ai l’opportunité de rencontrer en son palais le Roi de la ville Togbé Ahuawoto Savado Zankli LAWSON VIII. Il a fondé la clinique de la ville et est intéressé par la méthode que je mets en place à Avédomé. Il me remet sa carte que j’ai par la suite transmise au Président Agbemafle DOSSOU de la NVM Togo pour qu’il puisse prendre contact et développer le réseau de son association.

La formation reprend le 8 Mars. Une grosse pluie est tombée toute la matinée et nous devons gérer un premier problème. Une fuite d’eau s’est déclarée dans le bureau de la Matrone au dessus de son bureau. Une bonne partie de ses documents de travail sont mouillés. J’en profite alors pour sensibiliser Eveline sur sa future et très prochaine mission, elle devra contrôler l’infrastructure et déclarer tous problèmes.
Le lendemain, nous travaillons sur les fiches de stock avec la liste des produits à l’appui. Ensuite, nous avons une séance de travail avec la Matrone et la Gestionnaire en formation sur le compte de résultat mensuel.
En ce qui concerne les « petits achats » et les frais de transport la Matrone fait une demande auprès du Trésorier du Comité de Gestion qui fait lui-même les achats ou rembourse les frais de transport. Il est prévu de demander au Trésorier de mentionner le coût et de rapporter les factures afin que la Gestionnaire et la Matrone suivent ces dépenses pour la réalisation du Compte de résultat en chaque début de mois à date fixe.

Le 10 Mars, nous reprenons notre travail sur les fiches de stock. Les 44 fiches produit sont renseignées. Je remets alors à Eveline le classeur avec ces 44 fiches suivi des mouvements d’entrée et de sortie des médicaments, fournitures et consommables médicaux.

A la fin de la deuxième semaine de formation, nous faisons la liste des produits et des équipements nécessaires en termes d’hygiène, de sécurité et de gestion des déchets médicaux. A savoir la partie Infrastructure et Environnement pour le développement du Centre de Santé. Je sensibilise Eveline sur l’importance de réaliser ces changements et je l’informe qu’une consultation est prévue sur le sujet avec les membres du Comité de Gestion. Il sera notamment abordé la date des achats et / ou de réalisation des travaux ainsi que la répartition financière entre le Comité de Gestion du centre de Santé et la NVM-Togo.
Des la fin du mois, il est prévu de faire un inventaire complet et de passer commande auprès de l’Infirmer d’Etat.

Voilà pour mon premier mois au centre de santé d’Avédomé. Le projet avance bien !

Voici le rapport numéro 2 ! 

Cela fait maintenant 2 jours qu’ont commencés les cours d’anglais à Silico-Creek. L’écoute de musique, l’intérêt pour le 7ième art ou encore la perspective d’une embauche hors de Silico-Creek sont autant de facteurs qui ont amené la population locale à s’intéresser à l’anglais, et à vouloir le pratiquer. C’est pourquoi nous avons décidé de les appuyer dans cette démarche en donnant des cours d’anglais pendant un mois, à raison d’une heure par jour, 5 jours par semaine.

 

Nous avons commencé par faire passer des entretiens individuels aux personnes intéressées, avec pour seul prérequis d’être âgé d’au moins 16 ans. Nous avons ainsi pu mieux comprendre leurs motivations, au premier rang desquelles le tourisme, qui est vu comme une façon de promouvoir à la fois la culture et les traditions locales mais aussi de pérenniser des emplois au sein même de la communauté. Suite à ces entretiens rapides, nous avons constitué 3 groupes répartis entre nos 3 volontaires Philippa, Mounir et Aymeric. Philippa, tout fraichement débarquée dimanche, apporte avec elle son expérience de prof d’anglais pour structurer les cours et conseiller nos deux autres professeurs en herbe.

 

Les élèves se montrent très enthousiastes et assidus… pour l’instant, ce qui ne fait que renforcer la mobilisation de nos volontaires.

 

Comme il est désormais d’usage de conclure un article sur ce blog…

Affaire à suivre…