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Je m’appelle Victor Viel, j’ai 23 ans, et depuis juillet 2016, je travaille auprès de Thoo Mweh Khee Learning Center (TMK), une école pour migrants installée en Thaïlande, à 5km de la frontière birmane. La structure assiste des jeunes issus de l’ethnie Karen, persécutée par la junte militaire en Birmanie, et dont de nombreux membres sont venu se réfugier en Thaïlande depuis les années 80.

 

Les Karen sont un peuple indigène de la région frontalière entre la Thaïlande et la Birmanie, et représentent un des nombreux groupes ethniques de la Birmanie. Sur une population globale d’environ 9 millions d’individus,  dont 7 millions vivent en Birmanie et un million en Thaïlande, l’essentiel des membres de cette ethnie vivent au sein de l’Etat Karen, une des subdivisions administratives et ethniques du pays héritées de l’empire colonial britannique. Il y a plus d’une centaine de groupes ethniques en Birmanie dont la plupart, à l’image des Karen, possèdent leur propre langue, leur propre culture, sont profondément attachés à leur territoire, et ont été persécutés par la junte militaire birmane. Les Karen constituent le troisième groupe ethnique du pays en termes de population, après les Birmans et les Shans. L’Etat Karen est un territoire montagneux recouvert de forêts, dont le relief sert aussi de frontière naturelle avec la Thaïlande.

Avant la colonisation britannique, chaque groupe ethnique vivait indépendamment des autres, le peuple Karen conservant même son indépendance et sa culture face à la vaste ethnie Birmane voisine malgré des affrontements fréquents. Ce fut à partir du moment où les britanniques ont colonisé la région actuellement connue comme Myanmar en 1886, que les diverses ethnies furent regroupées au sein d’un même pays que les colonisateurs ont baptisé à partir de l’ethnie dominante : la Birmanie. Tout au long de l’occupation britannique, les tensions entre Karen et Birmans se sont intensifiées, et d’autant plus au cours de la Seconde Guerre Mondiale, où les Birmans se sont alliés aux Japonais dès que ceux-ci ont envahi le pays, tandis que les Karen ont combattu aux côtés des Britanniques. Pendant la guerre, les Japonais ont perpétré de nombreuses atrocités contre les Karen et les autres ethnies qui soutenaient les Alliés. Quand les Britanniques ont négocié l’indépendance du pays à l’issue de la guerre, le peuple Karen a plaidé pour la création d’un Etat Karen indépendant, comme promis par la couronne britannique au moment des affrontements avec l’armée japonaise. Toutefois, leurs requêtes n’ont pas été accordées quand le pays est devenu indépendant en 1948, et le territoire Karen est resté constitutif de la Birmanie.

Pendant une brève période après l’indépendance, les Karen et Birmans ont tenté de vivre en paix. Mais dès l’automne 1948, les jeux de pouvoirs entre leaders Birmans et les autres ethnies ont vu éclater des tensions interethniques. Un grand nombre d’ethnies se sont vues accorder des droits inégaux à ceux des Birmans. Des protestations se sont élevées au sein de l’Etat Karen, et ont alors été réprimées dans le sang, des milices armées effectuant des raids dans les villages. En janvier 1949, les leaders Karen ont appelé leur peuple à prendre les armes et à se défendre eux-mêmes. Ce fut le début de la guerre civile en Birmanie, entre forces Karen et Birmanes. Avec 68 ans d’affrontements et de violences, il s’agit aujourd’hui du conflit armé toujours en cours le plus ancien au monde.

 

La situation des populations Karen, de même que de nombreuses ethnies rurales en Birmanie, s’est considérablement empirée à partir de 1962, quand une junte militaire s’est installée au pouvoir suite à un coup d’état. La taille de l’armée birmane a été étendue à 400 000 soldats. Dans l’Etat Karen, la junte a implémenté la “Four Cuts Campaign”, établissant alors des ‘free-fire zones’ où l’armée birmane était autorisée à s’approprier les ressources vitales des populations civiles Karen. Quand les militaires s’emparaient d’un territoire, les populations locales étaient obligées de fuir, ou alors elles étaient utilisées pour du travail forcé ou comme bouclier pour détecter les mines. Ces campagnes étaient régulières, et ont été étendues et intensifiées en 1984, ce qui a alors provoqué un exode massif de populations civiles vers la Thaïlande. Depuis cet épisode et jusque dans les années 2000, toujours plus de civils, dont un grand nombre d’enfants, ont traversé la frontière thaïlandaise en quête de sécurité.

 

Thoo Mweh Khee (prononcer ‘Thou Mwé Kii’) est installée au sein d’un petit village communautaire dont les habitants vivent du métier de tisserand, fabriquant notamment des habits traditionnels Karen, ou alors ont ouvert des épiceries. La communauté s’est construite à partir de 1989 autour d’une église baptiste par des Karen ayant fui la Birmanie, et avec l’aide d’un consortium de propriétaires terriens thaïlandais. Le leader de cette communauté est le Pasteur Peacefully, qui est arrivé en Thaïlande à l’âge de 11 ans avec sa famille quand son village a été détruit par l’armée birmane le jour de Noël 1989. Il a été nommé Pasteur de la Bethel Karen Baptist Church en 2006 et a œuvré depuis pour le développement d’une école au sein de la communauté, qui est passée en 10 ans d’une classe de 30 élèves à une structure accueillant plus de 600 étudiants.

Thoo Mweh Khee School (TMKS) et Senior College (TMKSC) sont situés à 50 kilomètres de la ville frontalière de Mae Sot et à 5 kilomètres des montagnes de l’Etat Karen, de l’autre côté de la frontière, et constituent ensembles Thoo Mweh Khee Learning Center (TMK). Ce centre d’apprentissage pour migrants a démarré modestement en 2001 à partir d’une classe K-1 (école primaire), dans la maison du Pasteur. TMKS a été officiellement établie en 2002 afin de pourvoir aux besoins d’enfants et réfugiés de Birmanie, avec la création d’un nouveau niveau d’étude chaque année. A la rentrée 2016, un nouveau niveau d’étude a été ajouté, avec la création d’une école maternelle. Thoo Mweh Khee signifie « à la source de la rivière Thoo Mweh », l’emplacement où est bâtie l’école et où s’est construite la communauté. A la rentrée académique 2016-2017, plus de 600 étudiants sont inscrits à TMK, dont 350 vivent sur le campus dans des dortoirs scolaires. Il y a un corps de 40 enseignants de nationalité Karen et Thaï, ainsi que quelques volontaires étrangers. Le but de l’école est d’éduquer une nouvelle génération de leaders communautaires, qui pourront un jour retourner en Birmanie et aider à reconstruire leur Etat.

 

Thoo Mweh Khee Senior College (TMKSC) a démarré en 2009 afin d’offrir un enseignement supérieur aux étudiants ayant été diplômé du lycée (Grade 10). Etant donné que les migrants Karen n’ont pas de papiers thaïlandais, et ne parlent pour la plupart que S’ghaw Karen et/ou Birman, l’objectif de TMKSC est de délivrer une éducation de haut niveau, en langue anglaise, leur garantissant pour la suite l’obtention d’un emploi et/ou l’accès à des universités ou écoles spécialisées ailleurs en Thaïlande ou en Asie. C’est au sein de TMKSC que je travaille depuis cinq mois.

Le principal certificat délivré par TMKSC est le diplôme en Language and Community Development (LCD), obtenu après un cursus de 2 ans. Les cours se concentrent autour de quatre langues : Anglais, Karen, Birman et Thaïlandais. Les jeunes étudient de nombreux sujets, qui incluent Community Development, Leadership, Teaching, Economics, Health, et Critical Thinking. Ce diplôme offre aux étudiants des connaissances et des compétences pratiques pour aider leur communauté sur des projets de développement, d’éducation, de santé, d’entreprise et de traduction, qui manquent considérablement au sein de l’Etat Karen et des communautés Karen de Thaïlande. Tous ces sujets ont pour objectif de donner aux étudiants les outils nécessaires pour qu’ils retournent dans leurs villages ruraux et aident à améliorer la vie de leur peuple.

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Travailler à Thoo Mweh Khee implique de vivre en permanence avec les étudiants Karen et les autres professeurs volontaires. Ainsi, les conditions de travail pour les enseignants étrangers à TMK sont les mêmes que celles des étudiants et professeurs Karen. Le campus de Thoo Mweh Khee ressemble à un petit village aux maisons faites de bois, de bambou et de tôles, disposées aléatoirement au milieu d’un terrain boisé. Seules quelques constructions avec un rez-de-chaussée en béton et un étage en bois solide se dégagent : il s’agit des bâtiments dans lesquels sont dispensés les cours.

Vivre parmi les Karen implique aussi de devoir s’adapter à leur culture. Une des particularités étonnantes de ce peuple est leur habitude de se moquer en permanence de tout le monde, de faire des plaisanteries sur des choses pour lesquelles des occidentaux sont habituellement réservés, tels que le physique ou la famille. Tous les Karen charrient les personnes avec qui ils discutent, peu importe leur statut, et le meilleur moyen de s’intégrer à leur communauté et de se moquer d’eux en retour. Les Karen ont d’ailleurs une culture de l’hospitalité particulièrement ouverte et généreuse ; beaucoup de personnes vivants à TMK sont relativement pauvres, mais invitent néanmoins quiconque passant près de leur maison ou dortoir à partager leur repas. De même, n’importe qui peut s’inviter à un anniversaire où un mariage Karen, même sans connaître les personnes concernées.

Le rapport élève/enseignant est aussi très différent de celui que je connaissais jusqu’à maintenant en Occident. Si les élèves Karen sont extrêmement respectueux des personnes leur offrant une éducation, il n’est néanmoins pas rare que les étudiants se moquent gentiment des enseignants et blaguent avec eux, ce qui est un moyen pour eux de créer une connexion bien différente de celle qui peut exister entre un élève français et son professeur. Par ailleurs, l’éducation est extrêmement valorisée par la culture Karen. Après des décennies d’oppression et l’expérience de la guerre civile où la junte militaire birmane cherchait à tout prix à empêcher les Karen d’accéder à l’éducation en brulant les écoles, les jeunes ont conscience de l’importance de la connaissance et de l’enseignement. Ainsi, la grande majorité des étudiants travaillent très dur, particulièrement pour apprendre l’anglais, une langue très différente du langage S’ghaw Karen qui ne possède quasiment pas de règles de grammaire.

 

Travailler auprès des Karen a été pour moi un bonheur permanent au cours de ces derniers mois. Les jeunes étudiant à TMK ont quasiment tous connu l’expérience de la guerre civile et des exactions de l’armée birmane ; beaucoup d’entre eux ont perdu un ou plusieurs membres de leur famille à cause des violences ou à cause des maladies qui ont accompagné leur exil. Ainsi, Thoo Mweh Khee représente réellement pour eux un refuge où, malgré l’éloignement de leur famille, ils parviennent à trouver un certain réconfort à être constamment entourés de leurs amis et de personnes qui prennent soin d’eux, de même qu’un sentiment de sécurité qu’ils n’ont que très peu connu au cours de leur vie. Ici, à TMK, loin de toute violence, ils cherchent à oublier leurs craintes et à retrouver la vie sociale et les préoccupations d’adolescents et de jeunes de leur âge, qu’ils n’ont pas pu expérimenter à cause de la guerre. Evoluant au sein de cette communauté motivée par l’optimisme et l’espoir, poussée par une culture rejetant le conflit et promouvant la solidarité et l’hospitalité, j’ai ressenti durant ces trois derniers mois une sensation de bien-être continu qui m’était jusqu’alors inconcevable.

Le droit à l’éducation est la raison d’être cette association.

Elle a été créée en 2016 pour développer la troisième et dernière année du KnNC Community College, la seule école universitaire disponible au sein du camp de réfugiés de Nai Soi, pour les jeunes étudiants Karenni. Seules la première et deuxième année sont financées par Child’s Dream, le principal donateur de KnNC.

L’objectif de DFA est donc de pouvoir devenir le donateur principal pour la troisième année en proposant plusieurs domaines d’études, afin d’offrir aux étudiants plus de choix et d’opportunités.

DFA est aussi présent pour effectuer le lien entre les Karenni et le gouvernement Birman afin de faire reconnaître officiellement le diplôme du KnNC.

Enfin, DFA travaille avec des ONG pour établir des parrainages dans le but d’offrir une aide financière aux élèves.

Pour plus d’informations, rendez-vous sur la page Facebook de l’association.

Rapport de Martin – Partie 2

Le 14/03 J’entame la troisième semaine de formation d’Eveline.

Le menuisier devrait commencer la construction des étagères et de l’armoire cette semaine pour normalement une installation prochaine. La saison des pluies approchant, nous arrivons à la conclusion qu’il est urgent de se procurer des produits d’entretiens pour réaliser un grand ménage et des poubelles à couvercle ainsi que d’installer des grillages aux fenêtres et aux deux portes extérieures pour lutter contre les nuisibles et particulièrement les moustiques.

En ce qui concerne les membres du Bureau du Comité de Gestion ils n’ont toujours pas pu se réunir pour l’élection. Lors de la consultation sont abordés les points suivants :

-La formation d’Eveline : Une formation qui se passe bien avec une « stagiaire » très investie.

-Le compte de résultats : Le compte de résultat doit être fait tous les 26 du mois en présence de l’équipe du Centre de Santé, du Trésorier et du Président du Comité de Gestion.

-Les achats et les aménagements pour le centre de santé : Le Président insiste sur l’aspect sécurité et le besoin de disposer d’un coffre et d’une armoire sécurisée pour la caisse de la Matrone et de renforcer les portes extérieures. J’invite les membres du Comité de Gestion à réfléchir rapidement au financement, à lever leurs propre fonds et comme, cela avait été dit en février d’effectuer un appel à la population pour d’éventuels dons ou participations

Le 16/03 je rapporte à Eveline l’entretien de la veille avec le Comité de Gestion. J’insiste sur le compte de résultat à effectuer chaque 26 du mois et donc de l’’importance de bien suivre toutes les dépenses, les achats de médicaments et de consommables via la chaîne d’approvisionnement de la DDS, mais également les achats de fournitures de bureau et les frais de déplacement. L’après-midi avec Eveline et Kokou KOHOE (secrétaire et accompagnateur de la NVM-Togo) nous nous rendons à Keve afin d’y rencontrer l’Assistante Médicale-Responsable du Centre Médico-sociale (CMS), Madame Ayele ODOU. Ainsi nous aurons vu les trois acteurs de la chaîne d’approvisionnement dont le Centre de Santé d’Avedome dépend.

Elle nous inique qu’il serait bon de pouvoir réfléchir à la manière de brûler en toute sécurité les déchets médicaux (hors objets tranchant et piquant) avant enfouissement. Egalement l’importance de trouver une méthode optimale pour la décontamination des ustensiles médicaux.

Le 17/03 je demande à Eveline d’écrire et de me résumer l’entretien avec la Responsable du CMS. Ce n’est pas évident pour la jeune Gestionnaire car c’est son premier rendez-vous professionnel mais je lui dis qu’il est important qu’elle puisse se positionner comme un véritable interlocuteur.

Le vendredi 18/03 pour la fin de la troisième semaine de formation, Eveline fait des exercices pratiques sur les niveaux de stock ainsi que sur les différents outils de gestion et de suivi

Ce lundi 21/03 Eveline fait des révisions et des exercices de compréhension sur les fonctions essentielles de la Gestion et de l’approvisionnement. En effet ces révisions me permettent de m’assurer qu’elle intègre bien ces notions essentielles.

Le lendemain j’en profite pour discuter avec Eveline du fameux compte de résultat à réaliser en fin de semaine. Je lui rappel l’importance de tenir sur son registre toutes les dépenses portées à sa connaissance. Ensuite je sensibilise Eveline sur la nécessité de réaliser de temps en temps des évaluations afin qu’elle s’inscrive dans une démarche d’amélioration continue et ainsi rendre compte et proposer des solutions aux différents partis prenantes et plus particulièrement au Comité de Gestion. Ainsi nous rédigeons une fiche d’évaluation simple avec trois colonnes (Quoi, Observations, Recommandations). Je lui demande de noter ses observations et commentaires sur ce qu’elle estime à modifier, réparer ou améliorer à l’extérieur et autour du Centre de Santé. Elle remarque les mauvaises herbes et la nécessité de les enlever, le petit pont pour se rendre au Centre trop petit et pas assez solide, des seringues usagées dans le trou d’incinération (utilisé par la Matrone) ainsi que des parties du mur à réparer. Je lui explique qu’à travers cet exercice elle doit se positionner à moyen terme comme interlocutrice crédible auprès de la Matrone et du Comité de Gestion et comme actrice du développement du Centre de Santé.

Le 23/03 j’organise une séance de travail avec la Matrone. Nous abordons le compte de résultat du 25/03 et je lui pose des questions concernant le prochain inventaire et la commande que je vais réaliser avec Eveline le lundi 28 mars. J’appel l’Infirmier de Yometchin pour l’informer que nous lui remettrons le bon de commande au plus tard le 29/03, je lui communique mon numéro de téléphone afin qu’il puisse désormais passer par Eveline ou moi en ce qui concerne l’approvisionnement et plus par la Matrone. Dans l’après-midi je rencontre le Président du Comité de Gestion, j’en profite pour lui demander de vive voix la possibilité de réaliser le compte de résultat vendredi 25/03 au matin.

Le jeudi 24/03 j’informe Eveline que les étagères et l’armoire n’arriveront finalement pas cette semaine mais en début avril soit après la commande. Cela me permet de travailler avec elle sur la gestion de l’imprévu. En effet je lui indique que son activité nécessite souplesse et anticipation. En ce qui concerne notre cas nous avons alors prévu de faire un inventaire complet le 28/03 et de se rendre à Yometchin pour remettre à l’Infirmer, le bon de commande au plus tard le 29/03. Puis, dès que les étagères seront installées dans le bureau de la Gestionnaire, il faudra y transférer le stock et faire un inventaire afin de déterminer pour chaque produit le niveau de stock initial et de le noter sur chaque fiche de stock correspondante. 
Et ainsi de gérer les flux physiques, à savoir les sorties et les entrées

Le lendemain la Gestionnaire, la Matrone, le Président du Comité de Gestion sont réunis au Centre de Santé pour réaliser le compte de résultat. 
Toutes les parties collaborent et nous parvenons à réaliser le premier compte de résultat. J’invite le Président du Comité de Gestion à un entretien dans le bureau de la Gestionnaire afin d’aborder les achats et les réalisations urgentes en termes d’hygiène et de sécurité. Je fais comprendre au Président que nous attendons que le Comité de Gestion propose des solutions 
concrètes, il faut mettre les idées en pratique. Nous convenons la nécessité d’une réunion où seront conviés les membres du Comité de Gestion ainsi que la Matrone et la Gestionnaire. Le rendez-vous est fixé pour le mercredi 30/03

Le lundi 28/03 avec Eveline nous réalisons dans le bureau de la Matrone le premier inventaire complet pour la passation de commande. A l’aide de la liste standard je contrôle le stock, l’état et la date d’expiration pour chaque produit pendant qu’Eveline note sur la feuille de comptage.

Le lendemain nous passons la commande d’achat. Selon l’inventaire et les niveaux de stock il est convenu de commander 30 produits via la chaîne d’approvisionnement et 1 produit via le trésorier du Comité de Gestion. Ensuite est organisé avec le Président et le Trésorier du Comité de Gestion le calcul du coût total. Ils s’entretiennent avec la Matrone et finissent par valider la commande. Dans l’après-midi je me rends avec le Président à l’USP de Yometchin pour remettre le Bon de Commande à l’Infirmier.

Il est convenu d’utiliser le bon de commande officiel ; Pour la désignation certains noms de produits doivent être écrits avec leurs dénominations complètes en indiquant systématiquement la forme galénique. Enfin, en ce qui concerne la quantité il ne faut pas indiquer le nombre de « boite » mais le nombre de comprimés ou ampoules

Le mercredi 30/03 se tient la réunion. 
J’invite le Président à nous communiquer ce que le Comité de Gestion compte mettre en place. Il m’informe qu’il doit s’entretenir avec le trésorier afin de faire les achats au marché très rapidement. Il s’agit du sceau avec couvercle, des poubelles avec couvercle et autres produits d’entretien.

Le Lundi 04 / 04 nous terminons de renseigner les informations sur le « rumeur » avec les clarifications et précisions de la Matrone sur la dénomination de certains médicaments. Dans le même temps la Matrone m’informe que le menuisier est passé samedi dernier pour prendre les mesures des fenêtres et des portes extérieures dans l’optique de réaliser les cadres pour les grillages anti-nuisibles. J’appel le menuisier pour l’informer que les grillages vont être remis au trésorier pour mise à disposition.

Mardi, Eveline révise la notion d’inventaire. Ensuite dans le cadre d’une visite du Centre de Santé prévue le lendemain, j’invite Eveline à parler de son activité et des réalisations en cours ; Elle se présente et parle de son poste puis m’invite à visiter l’extérieur et l’intérieur du Centre de Santé tout en m’informant des futurs changements relatifs à l’hygiène et à la sécurité.

Ce mercredi 06/04, Charlotte, une bénévole française d’AIME et un volontaire togolais de la NVM sont venus au Centre de Santé.

Le lendemain nous travaillons sur l’oral et la prise de parole en publique. Ensuite j’aborde la nécessité de réaliser rapidement, dès la semaine prochaine un désherbage autour et surtout derrière le centre. Une attention particulière est portée sur le petit trou creusé par la Matrone envahie par les herbes où ont notamment été jetées des seringues usagées donc dangereuses

Ce vendredi 8/04 j’appel le menuisier pour savoir si les étagères et l’armoire vont arriver ce jour comme convenu. Il me dit qu’il est souffrant et qu’elles seront installées lundi 11/04 dès 9h00. Je me permets de lui dire que ce n’est pas la première fois que la date est reculée et que cela nous met dans l’embarras.

Président du Comité de Gestion vient nous rejoindre nous informe que la réalisation de cadres avec grillages pour lutter contre les nuisibles est en cours et que les achats concernant l’hygiène vont pouvoir se faire dès samedi voire plus tard la semaine prochaine. J’attends que les déclarations soient suivies des faits. J’aborde la question du désherbage, le Président va mobiliser des forces humaines et les outils pour le réaliser dès le lundi matin.

Je vois Eveline de plus en plus concernée et impliquée dans son rôle de Gestionnaire, désormais elle travaillera en semi-autonomie.

Voici le rapport numéro 3 !

Un mois.Voici le temps qui fut donné à nous trois, Victor, Laura et moi-même afin d’accompagner le suivi du projet de micro crédit, en collaboration avec la coopérative Solari. Un mois, vous vous en doutez, c’est court ! Surtout quand il s’agit de faire de douze micro-entrepreneurs des gestionnaires fiables et dignes de confiance avant notre départ. Il nous fallut donc nous mettre en marche le plus rapidement possible si nous espérions réellement avoir un impact sur ce projet. 

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C’est bien ce que fit Laura quand, tout juste arrivée, elle s’assura de l’évènement des premiers remboursements. C’est d’ailleurs à ce moment là qu’on appris avec grande satisfaction que chacun d’entre eux eut bel et bien été effectué, sans aucune exception. Deux jours plus tard, ce fut le tour de Victor d’arriver après un voyage rempli de péripéties en tout genre. Dans l’attente de mon arrivée, nos deux volontaires profitèrent du week-end afin de visiter les alentours, et ainsi faire le plein de ressources pour le mois à venir. Quand j’arrivai deux jours plus tard, c’était avec stupéfaction que je pus enfin découvrir Silico Creek, ce village dont j’avais tant entendu parler. 

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Enfin réunis, nous organisâmes la première réunion avec le comité de crédit durant laquelle il fut décidé comme prévu, que notre action serait axée sur le suivi et la formation des entrepreneurs. Plus précisément, nous prîmes la décision que Laura se chargera du suivi des producteurs agricoles,  tandis que Victor et moi-même devront respectivement épauler les gérants des tiendas y buhonerias, soit des magasiniers. Pour méthode, nous avions réalisé une série de question intitulée seguimiento de los emprendedores – suivi des entrepreneurs – nous permettant de récolter point par point les aspects positifs et négatifs de chacune des douze activités entrepreneuriales. Répandu sur une semaine, cet exercice nous fit d’ailleurs rapidement comprendre les réalités de ce projet dans la mesure ou seule une faible minorité des entrepreneurs disposait d’une comptabilité capable d’indiquer la progression de leur commerce.

 

Cette problématique en tête, il nous fallut trouver un moyen de la résoudre. Sans plus attendre, Victor et Laura mirent au point une méthode de comptabilité facile d’accès qui sera par la suite transmise aux entrepreneurs lors de deux formations postdatées. Plus précisément, ils créèrent différents tableaux conformes au secteur d’activité défini ci-dessus, et prenant en compte non seulement l’analyse des bénéfices, mais aussi celle des inventaires et de la rentabilité des produits vendus. Du 20 au 22 se passèrent donc deux formations destinées à l’apprentissage de la comptabilité, et ou environ huit des entrepreneurs participèrent, impatients d’en savoir plus sur les techniques d’optimisation d’entreprises.

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Dans l’ensemble, nous fûmes contraints de constater que plus de temps serait nécessaire à la consolidation du projet, et que l’idéal serait qu’un des volontaires de AIME puisse prendre le relai après notre départ. Alors que ma première intention était de revenir en janvier effectuer un nouvelle étude de prêt, je reconsidérai cette possibilité, et décida après longue réflexion, d’assumer la responsabilité de ce suivi jusqu’à temps qu’il soit finalement consolidé.

 

Cette décision prise, nous pûmes nous permettre d’éparpiller un peu plus notre emploi du temps, et ainsi en profiter pour partir visiter les fameuses îles de Bocas de Toro. Inutile d’écrire que ces trois jours passés là-bas furent sans aucun doute les plus ressourçant du séjour, cet archipel étant à la fois simple et authentique.

 

A notre retour au sein de la communauté, il nous fallut mettre de côté le suivi du projet de micro-crédit, et effectuer à la place, une nouvelle étude de crédit destinée à l’organisation d’Urary, responsable de l’éco-tourisme de Silico Creek. Malheureusement, après l’échec non anticipé du mail destiné à cette étude, nous fûmes contraints de l’annuler.

 

Lors des derniers jours, l’intensité du travail avait commencé à baisser. Comme par tradition ici, le départ de Laura fut précédé par un bon repas convivial. Deux jours plus tard, Victor, lui, eut droit non pas d’un diner, mais à une dernière réunion avec le comité de crédit, durant laquelle il put exprimer devant chacun de ses membres son expérience vécue pendant un mois dans cette communauté.

 

En fin de compte, travail et découverte avaient donc parsemé ce beau voyage. Ma décision de rester sur place le temps de consolider le projet avait contribué à l’allègement de notre mission, mais surtout à la rendre plus cohérente. Car il était en effet difficile pour nous de concevoir comment ce projet aurait tenu sur pied si nous étions tous les trois partis à la fin de ce mois.

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Il reste désormais une bonne partie du travail à assurer avec un suivi au cas par cas de chaque activité entrepreneuriale, ainsi qu’une formation pointue du comité de crédit. Il s’agira d’être patient, mais aussi et surtout d’avoir foi en la capacité de tous ces entrepreneurs à développer un commerce durable.

 

Toujours est-il qu’on se reparle bientôt pour connaître les dernières avancées de ce projet passionnant.

 

Ecrit en mode chill’ à la coop’ de Silico Creek 😉

 

Adrien 

                                                                                 

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December 3, 2010 by Renaud

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