Mission: Nicaragua

Volontaire sur l’île d’Ometepe, je suis restée 1 mois avec la coopérative Hermanas de la Luna.

Mon rôle principal était de donner des cours d’anglais à des enfants âgés de 8 à 12 ans et des adultes de 13 ans et plus. Je vivais chez une famille. Rosita et Mickael m’ont très bien accueillie et m’ont tout de suite mis à l’aise « mi casa es tu casa ».

Mes journées commençaient par un desayuno différent tous les matins ! On se retrouvait ensuite avec les autres volontaires au Sinaï ou bien au Chico Largo (2 bars qui ont la WIFI) afin de pouvoir travailler ensemble sur le cours à donner l’après-midi. Ensuite il y avait l’almuerzo. Très riche en générale, une sieste n’était pas de refus après !!! L’après-midi nous nous consacrions aux cours d’anglais. Les petits avaient apprenaient l’anglais de 17h à 18h. Les grands de 18h30 à 20h.

Je ne savais pas du tout à quoi m’attendre en arrivant sur cette île et j’ai été agréablement surprise ! Les nicaraguayens sont motivés et ont toujours le sourire aux lèvres ! Les niveaux étaient différents d’un élève à un autre donc la complexité résidait dans le fait de ne pas aller trop vite pour certains sans tomber dans l’ennui pour d’autres. Nous avons essayé de leur concocter des activités (chansons, mise en situation, groupes de parole) au lieu de tout le temps écrire écrire écrire … muy aburrido !

Le week-end nous explorions avec les autres volontaires le reste de l’île ou bien le reste du pays ! Au programme SantoDomingo, Ojo de Agua, Granada et bien d’autres.

Le Nicaragua est un pays qui regorge de beauté. La nature est tout le temps-là alors qu’elle a bien disparue dans d’autres pays.

J’ai vécu sur cette île une expérience très riche ! Les habitants de l’île sont très attachants, les enfants encore plus ! Les familles sont adorables avec nous. Toujours aux petits soins. Ma famille a organisé quelques activités comme la visite de la Punta Jesus Maria ou encore la visite de la toute petite île en face de la réserve naturelle de Chaco Verde ! Sans parler de notre bienvenida et de ma despedida ! Une grande surprise qui m’attendait. Des chants, des danses, des poèmes que je n’oublierai jamais ! J’étais très triste de les quitter mais ce n’est qu’un au revoir !!!!

Clémentine Lesobre

Ce qui frappe en premier quand on arrive à Ometepe c’est la paix qui semble y régner.
C’est coloré, vivant, mais comme préservé de tout. On s’est retrouvés hors du temps.

Carol et Manu

Après avoir été accueillis par nos hôtes (en danse et en musique, on n’oubliera jamais), on a cédé à la nostalgie de ne pas pouvoir communiquer avec eux, ne parlant pas espagnol mais ayant trop envie d’exprimer notre excitation d’être là !

Il a fallu quelques semaines d’adaptation avant de créer des liens qui sont par la suite rapidement devenus étroits. Ils ont partagé leur culture avec nous, du festif du sportif, du culinaire ; ce qui a pris pas mal de place quand Manu et Mina ont entrepris de faire des gâteaux, sans frigo, sans moules, sans balance et avec un four grill…
On a assisté à une corrida/rodéo (mélange des 2 sans souffrance de nos amies les bêtes), fait du cheval, pêché,  appris le « Poker » local, bu du rhum en écoutant Ronald jouer de la musique sur la plage,…notre vie était calme mais ponctuée de petits moments cools et malgré l’apparente torpeur il se passe toujours quelque chose.
En échange d’une vie de plage et de soleil, on a fait de notre mieux pour leur apprendre ce qu’on savait, on a fait de notre mieux pour leur enseigner l’anglais !
Les « niῆos » c’est du sport. Ils sont 25, certains tous petits, on ne s’entend plus parler dans l’agitation, on a du mal à obtenir de l’attention, parfois y a personne, ils gardent leur cahiers 10 jours max…mais ça fait partie du fun et on rigole ! Tout le temps ! Ils sont plein d’énergie, gentils, souriant sans arrêt…c’est un peu la fête tous les jours…surtout quand on faisait des photos…y a pas sujets plus coopératifs !!
J’ai adoré coudre avec les plus grands ! Autre comportement que pendant les leçons d’anglais. Ils étaient « calmes », concentrés, appliqués. C’était super de voir leur coté créatifs…ils venaient même 5 minutes en avance ! Quand on sait que la tradition c’est d’arriver une heure en retard, c’est une petite victoire personnelle ! On a fait des supers peluches brodées des portraits de leur maman ; qui ont toutes la même robe, et on même réussi à nettoyer en partie la rue, la débarrassant de tous les sachets, qui ont servis au rembourrage !
Manu lui, a frappé tout le monde, moi la première, par sa facilité à créer des liens avec eux ! Il s’est découvert grand fan des enfants, et ils le lui ont bien rendu !

Les « jovenes », eux, respectent bien la tradition et arrivent donc toujours une heure en retard ! Mais, comme tout le monde sur cette île, ils sont gentils, souriants, et pareil, on rigole !
Personnellement, j’ai plus de facilités avec les adultes, et n’étant pas professeur, c’est plus intuitif.

 

Depuis le mois de septembre et l’arrivée de Clément sur l’île d’Ometepe, à San José del Sur, le projet de tourisme rural communautaire mené par les Hermanas de la Luna a été relancé.
Après avoir reçu une aide de la UE pour améliorer leurs habitats (le sol, la peinture des chambres et salles de bain) le projet peut en effet reprendre.
Cette aide de l’UE ayant participé également à la construction d’une salle collective à l’entrée du port de San José, les femmes ont pu obtenir un espace de vente gratuit à l’intérieur de celle-ci. Concrètement cela leur permettrait de vendre des produits touristiques ainsi que de « vendre » leurs Posadas.

L’inauguration de cette salle a eu lieu mi-septembre et la voilà enfin ouverte depuis ce mardi 10 novembre !
Afin de permettre aux Hermanas une plus grande efficacité dans la mise en place du projet, nous avons pris l’initiative de mettre en place des réunions hebdomadaires avec un ordre du jour.
Suite à notre dernière réunion (11 novembre) les femmes ont pu mettre en place un tour de rôle quant à la présence sur place !
Alegria ! Mission Port accomplie !
Cependant de nombreux freins et notamment le manque d’implication et de présence des Hermanas à ces réunions au début, ont fait ralentir l’avancée du projet.
Cependant les caractéristiques du service étant alors définies il manquait l’élaboration des prix. Après des études de marché sur le terrain (étude des prix de la concurrence et de leurs services ; questionnaire d’enquête clients sur le net) que nous avons pu mener, nous leur avons soumis une proposition de prix acceptables (suivant l’élaboration d’une étude de coût et de rentabilité).

Après deux semaines d’attente celles-ci se sont mises d’accord sur les différents prix qu’elles proposeront ainsi que sur l’investissement dont elles doivent faire preuve pour une réelle avancée du projet.

Nous sommes fin octobre, le projet peut enfin avancer !
Les chambres des Hermanas se doivent désormais d’être prêtes à l’arrivée d’un touriste (suivant un cahier des charges mis préalablement en place sur le contenu des chambres).
La prise en main des outils de communication nous semble alors incontournable à cette étape du projet ! Et notamment suite à une demande de leur part, il s’agit de les aider à refaire leur panneau de signalisation devant chacune des maisons (les informations importantes y étant mal présentées).
Nous avons donc décidé ensemble de nous réunir pour des séances « shooting photos » afin de pouvoir mettre au point les brochures publicitaires ainsi que pour mettre à jour leur facebook.

Plutôt chevere ces chambres non ?!
De bons échanges culturels, une bonne « bouffe » et un bon lit ça vous dit ?
Quand on dit “bonne bouffe” bien entendu il ne s’agit pas seulement du Traditionnel Gallo Pinto (riz et haricots rouges) mais aussi des Nacatamales, sopa de pollo et bien d’autres plats que concoctent les Hermanas!
Dans une logique de communication nous avons donc décidé de créer trois types de brochures différentes (noir et blanc qui serait moins chers selon le devis que nous avons pu obtenir d une agence d impression sur le continent! et couleur) que nous leurs avons soumis par la suite!

Nous sommes donc à l’heure d’aujourd’hui sur la voie de l’auto administration du projet par les Hermanas de la Luna ! Ayant désormais l’ensemble des outils entre leurs mains, il s’agit alors dans les prochaines semaines de les laisser mener leur projet tout en restant auprès d’elles pour les aider à faire face aux difficultés que peuvent amener le lancement d’un tel projet.

Affaire à suivre !

La reprise du projet au Nicaragua

October 27, 2015 by Alice Bourrelly

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Et bien mes trois mois au paradis se terminent… J’aurais bien profité de la vie au Nicaragua, ainsi que des beautés que propose l’ile d’Ometepe.

Les expériences dans la vie de famille sont aussi nombreuses, avec entre autre le brossage des dents qui se fait au lavoir, en utilisant un sceau d’eau et un bol pour se rincer, et le bidon à côté des toilettes, pour faire la chasse d’eau pendant la nuit (l’eau se coupe vers 19h). Les coupures d’électricité sont fréquentes, et entrainent souvent la coupure de l’eau, donc c’est très probable de se retrouver dans la salle de bain, dans le noir, et sans eau à n’importe quel moment de la journée !!

La saison des pluies porte bien son nom, et parfois le déluge continu plusieurs jours de suite !! Et avec leurs routes en terre, c’est sympa la gadoue !!! Et puis chaque averse apporte une coupure de courant…

Les cours d’anglais et de français avec les enfants ont eu beaucoup de succès, surtout au début, avec presque 40 enfants présents. Du coup en traversant le village, on pouvait entendre des petites voix qui crient « Aliciaaa!! Aliciaaaaa !! » pour dire bonjour.

Avec le temps, la quantité d’enfant a un peu diminué, et ils étaient une vingtaine à venir régulièrement, mais ça ne veut pas dire que c’est plus simple : comme ils se sentent plus en confiance, ils crient et veulent jouer comme dans la cour de récréation !! En allant passer une matinée à l’école du village, je me rends compte que c’est en fait parfaitement normal… Et je leur ai appris à dire blond, roux, yeux verts/bleus, mais ils ne comprennent pas pourquoi. Ici, ça ne sert à rien de savoir ça !!!

Avec les jeunes/adultes aussi ça a évolué avec le temps : ils étaient entre quinze et vingt-cinq personnes à venir… Ça fluctue un peu plus, en fonction de leur travail !! Ils sont en général très intéressés par la vie européenne, et posent plein de question sur nos façons de vivre.

Je n’avais pas eu la blague de la douche dans le noir depuis un moment, mais un soir j’ai eu mieux !! A l’heure d’aller donner le cours du soir, il y a eu une averse, qui a provoqué une coupure d’électricité (évidemment) !!! Donc on a fait un cours dans le noir, de conversation seulement en anglais. On se posait des questions basiques (tu t’appelles comment, tu as quel âge, tu aimes l’ile etc.), et ils m’ont demandé si j’avais des frères et sœurs. Donc j’ai répondu, et ils ont dit que trois enfants ce n’était pas beaucoup !! Du coup je leur ai posé la question en retour : le premier a 8 frères et sœurs, le deuxième en a 6, et le père du dernier a dix-sept enfants avec deux femmes différentes !!! DIX-SEPT !! Donc okay, trois ce n’est pas beaucoup !! J’ai quand même essayé de défendre le fait que trois enfants c’est une famille nombreuse en Europe, mais ça les faisait juste rire… !

Avec l’arrivée de Clément au village, on a essayé de développer un peu plus le projet de tourisme solidaire. Cependant, la philosophie latinos du « mañana, mañana » ne nous a pas facilité la tâche !! Les cinq femmes ayant monté des chambres d’hôtes communautaires ont du mal à comprendre notre but ici, au-delà de donner des cours de langue… On a essayé de recadrer le service qu’elles proposent, d’aider à l’organisation des activités qui tournent autour du tourisme dans le village pour créer des partenariats, et de développer leurs plans à long terme. Avec l’arrivée ensuite de Charline, le dynamisme des réunions de notre part était à son comble, mais les femmes sont relativement passives, donc à voir si nos actions et conseils auront des répercussions réelles sur leur organisation.

Ce fut pour moi un projet très intéressant, et très enrichissant tant en partage humain, que culturel, et professionnel.

A voir la suite…