Mission: Panama 2013

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Bénéficiant de l’expérience et de la disponibilité d’Orlando, nous avons rencontré chacun des entrepreneurs financés afin d’entendre leurs impressions presque 1 an après le financement.

 

Dionicio

Déclare que ses revenus ont beaucoup augmenté (doublé) ; ceci a produit une amélioration de son niveau de vie et de celui de sa famille.

Le prêt a été intégralement investi au moment de sa réception. Il a servi à augmenter le stock de la tienda. Dionicio a rencontré quelques problèmes concernant son approvisionnement. Il est arrivé que des produits achetés arrivent jusqu’à 15 jours après leur date de livraison estimée. Pendant 15 jours, il n’y avait plus de riz dans la tienda.

Dionicio rencontre également des difficultés concernant l’utilisation des documents comptables. Il souhaiterait recevoir une nouvelle formation – nous prévoyons de passer à nouveau quelques heures avec lui afin de lui réexpliquer l’utilisation des documents comptables. Son inventaire des mois de janvier et de février ainsi que le document concernant les ventes et les achats pour ces deux mois ont été rempli par son fils. Enfin, Dionicio se déclare satisfait par le programme de micro-prêt.

 

Amilesca/Maria

Depuis le départ d’Amilesca, c’est sa mère qui s’occupe de la tienda. Elle nous raconte que le prêt l’aide beaucoup. L’argent qu’elle a reçu lui a permis d’augmenter son stock et ses ventes lui permettent de s’occuper de ses 3 petits-enfants. Nous comprenons qu’elle a pour habitude de consommer les produits de son commerce.

Maria ne rapporte pas de mauvaises surprises, son activité est régulière pourtant elle réalise peu de ventes. Quand nous lui demandons pourquoi ses ventes ont diminué, elle ne sait pas quoi nous répondre. Cela ne lui a pas posé de problèmes pour rembourser son prêt tous les mois.

Globalement Maria est satisfaite du prêt et du suivi, elle aura besoin de nouvelles explications concernant l’utilisation des documents comptables.

 

Eduardo

Entre le moment où il a reçu son prêt et aujourd’hui, la situation d’Eduardo a beaucoup évolué. En plus de ses responsabilités en tant que président de la coopérative, son nouvel emploi pour le gouvernement l’a empêché de se dédier totalement à son activité d’élevage de poulets.

D’après lui, l’activité d’élevage nécessite beaucoup de temps, d’application ; et est de plus à observer sur le long terme parce que c’est une production lente.

L’entretien que nous avons avec lui prend une tournure plus générale, après qu’il nous a expliqué que compte tenu de son nouveau métier, le micro-prêt ne lui avait pas tellement servi.

Il nous recommande de mener des entretiens plus en profondeur pour la prochaine sélection d’activités de production ou d’élevage en réfléchissant par exemple à des moyens de planifier les résultats de ces activités (ou la croissance des poulets, des bananiers, etc.).

Ces activités représentent un certain nombre d’avantages à ses yeux : elles génèrent des revenus grâce aux ventes, de plus l’excédent de production peut permettre aux entrepreneurs de s’alimenter.

Concernant le suivi et les documents comptables utilisés, Eduardo nous alerte sur le « discours » à tenir. Il lui semble que le suivi est parfois vécu comme un contrôle intrusif, une démarche qui empiète sur ce que les différents entrepreneurs considèrent comme étant privé. Il conseille de toujours rappeler que le programme est récent, que l’objectif à terme est de permettre à tout le monde de devenir autonome, mais qu’il faut le temps de faire quelques ajustements.

 

Leonardo Bonilla

Leonardo a reçu 400$ qui lui ont permis d’augmenter la quantité des produits qu’il porte sur son dos tandis qu’il se rend tous les jours dans les différentes communautés de la comarca. L’augmentation de ses revenus lui a permis d’acheter du matériel scolaire ou encore de la nourriture plus variée pour sa famille. Il se déclare très satisfait par l’action de A.I.M.E.

Leonardo maitrise les outils de comptabilité, il nous a raconté qu’avant il « vendait pour vendre ». Aujourd’hui, il connait le bénéfice qu’il réalise, il est capable de calculer la rentabilité de ses produits et est capable de mieux gérer son stock ; il dirige mieux ses efforts.

Avant – Quand un client lui commandait une chemise, il en achetait 12, espérant toutes les vendre puis les vendait à perte quand elles lui restaient sur les bras.

Aujourd’hui – Il a pris conscience du fait que ses produits répondent à différentes demandes et il gère ses achats en fonction.

Il confesse toutefois ne pas réaliser son inventaire chaque mois, par paresse ou manque de temps.

Dans un avenir proche ou lointain (quand ses moyens lui permettront de s’installer), il envisage la location d’un local afin qu’il lui serve de boutique et de vitrine – cela afin d’espacer et de réduire ses visites itinérantes.

 

Magdalena Quintero

L’activité d’élevage de poulets de Magdalena a rencontré quelques problèmes qui l’ont empêchée de réaliser les bénéfices escomptés. En effet, de nombreuses poules ont été dévorées par des « tigrillos » tandis que les survivantes ont encore eu affaire à un boa…

Le prêt lui a permis de maintenir son activité malgré les difficultés ; en effet, on peut facilement imaginer qu’il ne lui serait plus resté beaucoup de poulets si elle n’avait pas pu en acheter en quantité vers août-septembre.

La maison que nous avons pu visiter à Santa Marta a été construite très récemment (janvier-février 2014). Elle permet une meilleure protection des animaux et semblent démontrer que Magdalena et son mari Samuel vont de l’avant et sont déterminés à m

 

ener à bien leur activité d’élevage.

Compte tenu des événements rapportés, aucune vente n’a pu être réalisée vers décembre-janvier, ce qui n’a pas empêché le remboursement du prêt ces mois-ci.

Les derniers documents comptables font état d’un petit bénéfice en mars et avril.

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Noris Aguilar

La quantité d’argent reçue par Noris l’a aidée à augmenter son stock. Elle dispose malgré tout d’une quantité de marchandise relativement faible. Ses revenus ont augmenté ce qui lui a permis de mieux faire face à l’hospitalisation récente de sa fille et également d’acheter du matériel scolaire.

Les instruments de comptabilité l’aident d’après elle à mieux planifier et répartir ses achats. Elle les remplit régulièrement et n’a jamais rencontré de problème avec les remboursements.

En plus de sa boheneria, Noris travaille en partenariat avec une marque qui revend des parfums, du maquillage et toute sorte d’autres produits chers et peu inscrits dans le lifestyle de Silico Creek. Elle possède aussi une certaine clientèle à Changuinola (où travaille son mari).

Ces produits se vendent à flux tendu, et ne constituent donc pas une charge inutile – ou ne s’abiment pas dans un coin de sa boutique.

Globalement, elle se déclare très satisfaite par l’action de A.I.M.E. Elle est optimiste, et envisage enfin un futur très heureux pour son pays qu’elle aime, avec à sa tête, Varela, l’actuel président.

 

Barsallo Jaens

Barsallo raconte peu de changements dans sa vie quotidienne. L’intégralité du prêt a été investie dans son commerce, ses bénéfices ont augmenté considérablement – qui lui permettent d’acheter du matériel scolaire et de la nourriture pour sa famille.

Il a aussi pu diversifier son offre, ses clients sont aujourd’hui plus nombreux.

Il juge que les outils comptables ne sont pas compliqués ; ils l’aident à mieux organiser ses achats (a « mobilizar sus gastos »).

Il aimerait que A.I.M.E. l’accompagne davantage, jugeant que les documents nécessaires au suivi lui font perdre trop de temps. D’après lui, une nouvelle formation pourrait l’aider à remplir ses documents plus rapidement.

Barsallo n’a eu aucun problème avec les remboursements attendus, il est satisfait du prêt reçu et se dit intéressé par un nouveau prêt dans le futur.

 

Anibal Aguilar

Le prêt a permis à Anibal d’acheter la matière première nécessaire au développement de son activité. Celui-ci semble avoir beaucoup de recul et avoir beaucoup réfléchi à l’évolution de son activité.

Les mois de mars et d’avril, il a réalisé un bénéfice de 200$ ; ces revenus lui permettent de vivre comme il le souhaite, d’aider sa famille. Il est aussi plus confiant, s’il tombe malade il pourra acheter des médicaments par exemple.

Ses revenus se divisent entre ses activités avec le marché d’artisanat et les commandes qu’il reçoit des habitants de Silico Creek et des autres communautés.

Avec les fonds dont il dispose maintenant, Anibal achète aussi de la marchandise à d’autres artisans et réalise une marge sur la revente de sacs ou de bijoux. Il commence également à vendre des chemises, qu’il prévoit de personnaliser et de vendre assez cher.

Anibal nous a raconté que les 100$ qu’il a reçus de A.I.M.E. ont été pour lui une opportunité, un « pont vers le futur ».

Il nous a semblé fiable et surtout très confiant et ambitieux.

Anibal connait ses bénéfices, ses charges, ses produits mais il ne prend pas le temps de remplir les documents comptables.

 

Leonida Aguilar

Depuis l’octroi de son prêt l’année dernière, Leonida a parfaitement su mettre à profit le montant accordé afin de demeurer l’une des épiceries les plus grandes de la communauté. En effet, l’investissement dans deux nouveaux congélateurs lui a permis de diversifier sa gamme de produit afin de proposer à ses clients désormais du porc et autres type de viandes, et aussi une variété de sodas frais, dont les jeunes raffolent pour par exemple se rafraîchir devant un match de baseball. On peut notamment remarquer l’agrandissement des étalages de produits d’hygiène et utilitaires, tout en gardant son marché de produits d’alimentation du quotidien.

Malheureusement, un grand négoce nécessite beaucoup de temps pour s’y consacrer pleinement. Si Donicio n’a aucun problème pour tenir à jour son registre de vente, Leonida et Angelica (qui s’y consacre autant si ce n’est plus que son mari) ont dû relâcher leur efforts concernant la comptabilité et la gestion de l’inventaire chaque mois. Les raisons sont nombreuses : Angelica est accaparée par les enfants, la cuisine et l’aide aux devoirs, tandis que Leonida a des ambitions politiques au niveau local, ce qui implique de nombreux voyages de plusieurs jours dans les différents villages de la comarca.

Cependant, ils ne seraient pas permis ce manque de rigueur administrative si l’activité du négoce ne marchait pas aussi bien. Leonida estime ses revenus supérieurs à 100 balboas par semaine, ce qui lui permet de non pas de vivre confortablement, mais bien d’économiser pour les futures études de ses enfants et pour d’éventuelles frais de santé à la benjamine de la famille, Charlotta.

Leo et Angelica nous ont pleinement montré leur reconnaissance envers le programme AIME, qui leur a non pas épargné le rythme de leurs journées pour le moment exténuantes, mais bien permis de regarder l’avenir moins d’inquiétudes et beaucoup d’espoir. Afin de mieux pouvoir les aider, Leonida a décidé de redoubler d’efforts et nous a rendu un inventaire détaillé et commencé un tout nouveau registre de vente. Avec l’espoir qu’ils puissent contracter à nouveau un prêt, leur investissement et leur savoir-faire est un modèle pour les autres commerçants de la communauté.

 

 

Les élections

Le dimanche 4 mai, les panaméens ont voté pour élire leur nouveau président, mais aussi leurs députés, représentants et maires. Tout en un tour et en une fois.

A notre arrivée, nous avons découvert Silico Creek grimé aux couleurs du Partido Revolucionario Democratico, porté par Navarro, dont Diego a rapidement adopté la casquette. En attendant les élections, Diego et Orlando (qui préfère le parti Cambio Democratico) s’affrontent pour savoir lequel de leur candidat l’emportera.

Je prends part à leur jeu et porte mon choix sur Juan Carlos Varela (du Partido Panamenista), plus par sympathie pour Noris que par convictions politiques puisque en réalité je ne comprends pas grand-chose à tout ça.

Le Cambio Democratico est le parti actuellement au pouvoir. Son candidat, Jose Domigo Areas est souvent décrit comme le pantin de Martinelli, le président actuel. Le parti promet de continuer les chantiers entamés. La ville de Panama City a récemment inauguré son métro, les plus de 60 ans et les femmes reçoivent de l’argent tous les mois.

Les programmes du PRD et du parti panamenista se ressemblent beaucoup d’après moi. Les deux candidats ont d’ailleurs réfléchi à une alliance il y a peu de temps. Varela, candidat du parti panamenista est l’ancien vice-président de Martinelli. Depuis quelques années, il est actif et virulent dans l’opposition.

Navarro et Varela axent leurs campagnes sur la lutte contre la corruption et sur une meilleure répartition des richesses. Les comarcas doivent avoir accès à l’électricité et à l’eau potable. Quelques éléments les distinguent :

  • Navarro serait POUR le mariage pour tous et Varela, non
  • Navarro se serait prononcé POUR le fait de traiter les jeunes criminels comme des adultes
  • Varela propose que les écoles dispensent un enseignement en espagnol et aussi en anglais dès les plus jeunes classes

Le jour des élections, L’école s’est transformée en bureau de votes. Je n’ose pas prendre de photos et je fais bien puisque « Diego dit le téméraire » quand il essaya se vit menacé de rapatriement forcé vers l’Europe, ni plus ni moins. De nombreux policiers sont posés à l’entrée ; à l’occasion d’élections précédentes il y aurait eu quelques mouvements violents – ceux-là sont aujourd’hui tués dans l’œuf du fait de la présence de ces uniformes menaçants. Ils sont aussi prêts à expulser Diego s’il continue. J

La coopérative est transformée en dortoir : deux lits sont installés dans la cuisine, les deux autres salles du fond accueillent également quelques personnes chargées de l’organisation.

Je rencontre un jeune venu de Panama City qui participera au dépouillement. Celui-ci n’est pas à l’aise ici. Il me raconte que la police est là pour le protéger, qu’il a essayé de dormir dans la chambre qu’on a bien voulu lui trouver mais qu’il n’a fermé qu’un œil tant il se sentait oppressé. Plus tard alors qu’on nous offrira une mangue, il refusera de la gouter, doutant de sa qualité. Je pense que ses trois jours ici ont été difficiles, quant à moi, c’est la première fois que je rencontrais autant de stress à cet endroit du monde.

A 17h, les premières estimations annoncent déjà Varela gagnant, déjouant tous les sondages. On a dépouillé 80% des bulletins et le tribunal électoral (bien que le disant avec des pincettes) estime qu’il y a peu de chances que les votes comptés – par exemple à Silico Creek – fassent pencher les votes en faveur d’un autre candidat.

Tout le monde ici semble plutôt satisfait. Les pros Navarro sont heureux de la défaite du gouvernement actuel et les pros José Domingo se réjouissent de la défaite du PRD.

Jusqu’à mercredi, on continuera d’attendre les urnes des communautés de la montagne jusqu’à connaitre les noms des nouveaux députés, des nouveaux représentants et des nouveaux maires.

A la télé le soir, je vibre au son de la politique panaméenne. D’abord, Navarro, les larmes aux yeux, félicite le président nouvellement élu. José Domingo apparait aux côtés de Martinelli, le président millionnaire sortant. Celui-ci me semble habillé aux couleurs d’une équipe de baseball ou de basketball (jogging, couleurs claires, chiffres ou nombres écrits en grand devant et sur le dos).

Finalement, la première intervention du camp Varela est une prise de parole de madame Varela et avant toute chose, nous devons applaudir Dieu. Dieu qui a permis la victoire d’un candidat sincère et intègre contre le pouvoir de l’argent.

 

Chiriqui Grande - Drapeau panamenista

Voilà exactement cinq jours que j’ai quitté Silico Creek, et comme vous pouvez l’imaginer, il aura été très difficile de laisser derrière soi ces trois mois de vécu passé au sein de cette communauté tant séduisante. Quitter ces lieux et ces personnes pourtant devenus si familiers avec le temps, mais aussi se défaire de ces habitudes si fraichement acquises, cela ne peut avoir qu’un gout amer. Je ne pourrai jamais exprimer suffisamment le ressenti qui ressort de ce voyage. À vrai dire, je ne pense même pas que cela soit nécessaire. Au fond, je sais que chacun d’entre vous sera reconnaitre cette douleur que provoque la séparation d’un être avec des attaches ayant été solidement nouées. En ce qui me concerne, sachez juste que j’aurai entre autres réussi à intégrer cette communauté, à m’y faire adopter, et ainsi à y passer trois mois inoubliables. Et quoi qu’il arrive, que ce voyage n’est pas fini ; qu’il en est en fait qu’à ces débuts. Qu’on ne termine pas un livre, mais seulement un chapitre qu’on clôt pour ensuite ré-ouvrir. Car en effet, il ne s’agit ici que du commencement. 

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Je voudrais revenir rapidement sur la raison de ma présence à Silico Creek, et plus précisément sur ma mission et les responsabilités qu’elle engageait. Bien que vous trouverez dans les rapports précédents un contenu similaire, l’écrire aujourd’hui permet d’en faire une sorte de résumé-bilan. En voici donc le déroulement :

 

Le 9 aout, je parti rejoindre Laura et Victor déjà sur place depuis quelques jours. En théorie, nous savions tous les trois que nous partirions effectuer le suivi du projet Nirien Guaire de micro-finance initié quelques mois auparavant par Sabine et Mariane. En réalité, on savait encore très peu de ce qui nous attendait une fois sur place. A notre arrivée, on fut immédiatement mis dans le bain. On comprit rapidement qu’il nous fallait partir de zéro pour accomplir les taches assignées, étant donné que les entrepreneurs ne disposaient d’aucun outil servant à préserver si ce n’est qu’un échantillon de leur activité entrepreneuriale. D’ou en fin de compte, la contribution cruciale de Victor et Laura, qui malgré leur présence d’un mois, eurent un rôle primordial en ce qui concerne la formulation de la méthode comptable propre aux entrepreneurs et aux producteurs. Soyons leur reconnaissants donc, car sans ça, le suivi aura incontestablement été différent.

 

La méthode étant faite, il fallait maintenant la transmettre aux personnes concernées. Et visiblement, un mois n’aurait pas suffit. À ce moment, je décidai donc de prolonger mon séjour à Silico Creek, et ainsi d’assumer le solidification du projet jusqu’à novembre.   

 

Il peut paraitre étrange qu’ayant reçu une formation en science politique, je me sois retrouvé à donner des cours de comptabilité en espagnol à nos entrepreneurs. Et il est vrai que je n’aurai pas été choisi pour effectuer cette mission, mais au contraire, que je me la serai bien approprié. Toujours est il que ce choix, ce paradoxe, je l’assume sans complexe. Pendant ces trois mois, je sais que je me serai donné les moyens d’avoir un impact là ou peut-être un étudiant en commerce aurait fait office de figuration. En effet, après mettre fait des listes de vocabulaire en espagnol à n’en plus finir, j’ai appris ce qu’on peut  appeler la « logique comptable » au travers d’un bouquin destiné à cette fin. Des plus qualifiés, je ne l’étais donc peut-être pas ; des plus rigoureux et investis, je l’étais sans aucun doute.

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À partir de septembre donc, une fois Laura et Victor partis, je formulai mon plan d’action pour les deux mois à venir. Il allait se diviser en sept opérations, l’interprétation des résultats s’appuyant sur un prélèvement comptable réalisé à chaque début de mois.

 

  1. Apprentissage à l’utilisation des grilles comptable (Comment remplir les grilles ?)
  2. Interprétation des résultats #1
  3. Explication à l’utilisation de la méthode comptable (Pourquoi remplir les grilles ?)
  4. Interprétation des résultats #2
  5. Observation (Quel degré d’autonomie chez chaque entrepreneur ?)
  6. Interprétation des résultats #3
  7. Conseils

 

Bien que cela puisse paraitre un peu abstrait, il faut comprendre que la caractéristique fondamentale à ce genre de mission est bien sa longévité. En d’autres termes, il est quasi-impossible de constater quoi que ce soit sans le prélèvement mensuel de la comptabilité. C’est pourquoi le conseil en ce qui concerne par exemple la gestion des couts sur les achats ne vient que tardivement dans cette démarche. C’est seulement lors de mes dix derniers jours que j’ai pu constater les erreurs « périodiques » de mes entrepreneurs. Avant ca, tout n’était encore qu’apprentissage et mise à l’épreuve.  

 

La méthode décrite , j’en viens maintenant aux résultats. Sachez avant tout qu’en ce qui concerne les remboursements des entrepreneurs, nous avons fait un quasi sans faute ; que d’août jusqu’à novembre, tous les entrepreneurs ont su rembourser leur mensualité, certains avec seulement des délais exceptionnellement accordés. Autant dire que pour l’essentiel, ce projet est donc officiellement lancé.

 

En ce qui concerne la comptabilité, le constat reste plus mitigé. En effet, sur les sept entrepreneurs magasiniers, je considère que quatre seront normalement, je dis bien normalement, en mesure d’utiliser leur comptabilité indépendamment et à des fins d’optimisation. Les trois autres, faute d’avoir été suffisamment bon pédagogue, nécessiteront encore l’aide du prochain volontaire désigné pour assurer la tâche du suivi.

 

Quant aux producteurs, je m’étais déjà exprimé là-dessus, je considère que ni le temps, ni mes compétences auraient permis un soutien efficace à leur gestion entrepreneuriale. C’est pourquoi je me serai contenté de créer un simple registre afin de leur permettre un suivi mensuel de leurs rentrées et sorties d’argent. Qu’ils l’utilisent ou non, j’ai constaté qu’il n’était pas difficile de toute manière d’obtenir un aperçu de leur résultat mensuel, vu la simplicité de leur structure respective.

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 Par ailleurs, Orlando, un jeune de la communauté, aura aussi était formé afin de récolter les remboursements et de collecter la comptabilité chaque premier du mois. Il sera épaulé un temps limité par Alfredo, actuel secrétaire du comité de crédit, surtout en ce qui concerne le remplissage des grilles comptable. Il est prévu qu’à partir de Janvier, d’autres stagiaires de l’organisation arrivent sur place pour continuer le travail de suivi, et pour étudier les probabilités de s’étendre sur d’autres parties de la comarca.

 

Me voilà donc à la conclusion. Que dire ? Je pense sincèrement que le projet Nirien Guaire est un projet au potentiel énorme, et qu’en continuant ainsi à envoyer des stagiaires sur place, nous pourrions sans problèmes élargir ce processus de prêt à d’autres communautés de la région. Nous avons certes toujours pas vécu de situations de crise, mais après avoir côtoyé pendant trois mois chaque entrepreneur, j’ai confiance en l’idée qu’on arrivera à terme des remboursement des prêts actuellement en circulation.

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Je pourrais écrire un roman en plus sur mon expérience personnel vécu à Silico Creek, mais ni vous ni moi en avons envie à cette heure-ci. Je me contenterai juste de conseiller à quiconque en a l’opportunité de partir effectuer ce type de mission à l’étranger. Seul ou en petit groupe, c’est vraiment dans ce genre de circonstances qu’on en apprend le plus sur les autres, mais surtout, surtout sur soi-même.

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 Je voudrais enfin remercier une dernière fois ces gens ayant rendu ce voyage possible : Mariane Béhar, Sabine Buttin, et Renaud Miniaou ; sans oublier ce l’ayant rendu si fantastique: Eduardo, Arnoldo, Jaime, Alfredo, Emilio, Alexis, Adelia, Harris, et tout le reste du village de Silico Creek. Ce sont des gens formidables !

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Jatuaida !

 

Hasta luego !

 

A bientôt !

 

 

 

 

 

 

 

 

Bonjour à tous !

 

Deux mois après mon arrivée à Silico Creek, je reviens au rapport du projet Crecer Juntos Panama. Le mois dernier, je vous ai laissé sur la procédure conjointement conceptualisée avec Victor et Laura, et notamment sur les méthodologies comptables annexées aux deux modèles entrepreneuriaux présents dans la communauté. Sans surprise donc, il aura été question pour moi, ce mois-ci, d’appliquer mais surtout d’ajuster ces méthodologies afin d’évaluer le niveau de compréhension de chacun des entrepreneurs.

 

A partir du 7 septembre, date durant laquelle tous nos gestionnaires effectuaient leur remboursement – à l’exception de deux à qui il fut toléré un délai exceptionnel – je commençai mon suivi individuel. Donnant la priorité au sept gérants des tiendas et buhonerias, je constatai déjà une forte envie d’apprendre. J’essayai donc, dans la mesure de mes capacités linguistiques et de mes connaissances pratiques, de leur inculquer les bases d’optimisation d’entreprise. En fin de compte, trois d’entre eux saisirent le tout instantanément et sans difficultés. C’est d’ailleurs pourquoi je n’eu aucune hésitation à les transférer lors du suivi du mois d’octobre, à Alfredo, membre actif du comité de crédit Solary. Quant au quatre autres restant, je décidai de les garder sous mon aile encore un temps afin qu’ils assimilent intégralement l’utilité de la comptabilité.

 

Du 23 au 30 septembre, je rentrai à Montréal pour des raisons professionnelles. A mon retour le 1er octobre à Silico Creek, je dus, sans attendre, réaliser l’inventaire des sept tiendas/buhonerias avec l’aide d’Alfredo, mon fidèle assistant jusqu’ici. C’est seulement une fois cette tâche accomplie que je pus finalement passer à la série de questions propres au suivi des entrepreneurs, et dès lors obtenir les premières informations relatives à leur activité – ces questions traduisent en quelque sorte en mots ce qu’accomplit la méthode comptable. Ces informations feront, à l’avenir, offices d’indicateurs de mesure quant à l’évolution de chacun des projets entrepreneuriaux.

 

J’ai précisé jusqu’ici que cette démarche fut assignée seulement auprès des gérants des magasiniers. En ce qui concerne les producteurs agricoles, la méthode s’est avérée différente dans la mesure où je ne disposais – et ne dispose d’ailleurs toujours pas – de connaissances réelles sur le développement agro-alimentaire du platane, nampi, aji, et autres produits locaux. Nul besoin fut-il de prétendre quoi que ce soit; à la place, je me contentai de créer un registre axé vers une simple analyse mensuelle du bénéfice, leur permettant au moins de prendre conscience de leurs rentrées et sorties d’argent.

 

Aujourd’hui, je suis fière d’annoncer que le projet de micro-crédit est bel et bien fonctionnel, mais aussi que le suivi des douze entrepreneurs est enfin implanté. En effet, c’est cette même méthode qui sera durant ce mois-ci transmise aux membres du comité de crédit afin qu’ils puissent assurer le maintien du projet, en attendant un prochain volontaire sur place.

 

De plus, j’ai le plaisir de vous informer la validation d’un prêt de 500$ octroyé en faveur de l’organisation Urary, responsable de l’activité éco-touristique de la communauté. Sachez que cette somme à d’ores et déjà été dépensée à des fins promotionnelles de l’organisation – impression de flyers – et qu’il s’agit maintenant d’en constater ses effets. À propos, un premier couple de touriste américain est venu passer deux jours à Silico Creek, profitant des activités proposées par l’organisation. Si une chose est sûre, c’est qu’ils ont sincèrement apprécié leur séjour au sein de la communauté !

 

Quant à moi, je me porte bien. Le moral et le physique se maintiennent, et avec un mois restant au calendrier, je me rappelle chaque jour d’essayer d’en profiter un maximum. Car, n’oublions pas que ce projet ne s’appelle pas « Grandir Ensemble » pour rien. Ici, la vie est simple, et c’est bien ce qui fait tout son charme. Je retourne donc vaquer à mes activités. On se reparle le mois prochain pour mon dernier rapport.

 

Jatuaida !

A bientôt !

 

Adrien

Un mois.Voici le temps qui fut donné à nous trois, Victor, Laura et moi-même afin d’accompagner le suivi du projet de micro crédit, en collaboration avec la coopérative Solari. Un mois, vous vous en doutez, c’est court ! Surtout quand il s’agit de faire de douze micro-entrepreneurs des gestionnaires fiables et dignes de confiance avant notre départ. Il nous fallut donc nous mettre en marche le plus rapidement possible si nous espérions réellement avoir un impact sur ce projet. 

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C’est bien ce que fit Laura quand, tout juste arrivée, elle s’assura de l’évènement des premiers remboursements. C’est d’ailleurs à ce moment là qu’on appris avec grande satisfaction que chacun d’entre eux eut bel et bien été effectué, sans aucune exception. Deux jours plus tard, ce fut le tour de Victor d’arriver après un voyage rempli de péripéties en tout genre. Dans l’attente de mon arrivée, nos deux volontaires profitèrent du week-end afin de visiter les alentours, et ainsi faire le plein de ressources pour le mois à venir. Quand j’arrivai deux jours plus tard, c’était avec stupéfaction que je pus enfin découvrir Silico Creek, ce village dont j’avais tant entendu parler. 

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Enfin réunis, nous organisâmes la première réunion avec le comité de crédit durant laquelle il fut décidé comme prévu, que notre action serait axée sur le suivi et la formation des entrepreneurs. Plus précisément, nous prîmes la décision que Laura se chargera du suivi des producteurs agricoles,  tandis que Victor et moi-même devront respectivement épauler les gérants des tiendas y buhonerias, soit des magasiniers. Pour méthode, nous avions réalisé une série de question intitulée seguimiento de los emprendedores – suivi des entrepreneurs – nous permettant de récolter point par point les aspects positifs et négatifs de chacune des douze activités entrepreneuriales. Répandu sur une semaine, cet exercice nous fit d’ailleurs rapidement comprendre les réalités de ce projet dans la mesure ou seule une faible minorité des entrepreneurs disposait d’une comptabilité capable d’indiquer la progression de leur commerce.

 

Cette problématique en tête, il nous fallut trouver un moyen de la résoudre. Sans plus attendre, Victor et Laura mirent au point une méthode de comptabilité facile d’accès qui sera par la suite transmise aux entrepreneurs lors de deux formations postdatées. Plus précisément, ils créèrent différents tableaux conformes au secteur d’activité défini ci-dessus, et prenant en compte non seulement l’analyse des bénéfices, mais aussi celle des inventaires et de la rentabilité des produits vendus. Du 20 au 22 se passèrent donc deux formations destinées à l’apprentissage de la comptabilité, et ou environ huit des entrepreneurs participèrent, impatients d’en savoir plus sur les techniques d’optimisation d’entreprises.

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Dans l’ensemble, nous fûmes contraints de constater que plus de temps serait nécessaire à la consolidation du projet, et que l’idéal serait qu’un des volontaires de AIME puisse prendre le relai après notre départ. Alors que ma première intention était de revenir en janvier effectuer un nouvelle étude de prêt, je reconsidérai cette possibilité, et décida après longue réflexion, d’assumer la responsabilité de ce suivi jusqu’à temps qu’il soit finalement consolidé.

 

Cette décision prise, nous pûmes nous permettre d’éparpiller un peu plus notre emploi du temps, et ainsi en profiter pour partir visiter les fameuses îles de Bocas de Toro. Inutile d’écrire que ces trois jours passés là-bas furent sans aucun doute les plus ressourçant du séjour, cet archipel étant à la fois simple et authentique.

 

A notre retour au sein de la communauté, il nous fallut mettre de côté le suivi du projet de micro-crédit, et effectuer à la place, une nouvelle étude de crédit destinée à l’organisation d’Urary, responsable de l’éco-tourisme de Silico Creek. Malheureusement, après l’échec non anticipé du mail destiné à cette étude, nous fûmes contraints de l’annuler.

 

Lors des derniers jours, l’intensité du travail avait commencé à baisser. Comme par tradition ici, le départ de Laura fut précédé par un bon repas convivial. Deux jours plus tard, Victor, lui, eut droit non pas d’un diner, mais à une dernière réunion avec le comité de crédit, durant laquelle il put exprimer devant chacun de ses membres son expérience vécue pendant un mois dans cette communauté.

 

En fin de compte, travail et découverte avaient donc parsemé ce beau voyage. Ma décision de rester sur place le temps de consolider le projet avait contribué à l’allègement de notre mission, mais surtout à la rendre plus cohérente. Car il était en effet difficile pour nous de concevoir comment ce projet aurait tenu sur pied si nous étions tous les trois partis à la fin de ce mois.

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Il reste désormais une bonne partie du travail à assurer avec un suivi au cas par cas de chaque activité entrepreneuriale, ainsi qu’une formation pointue du comité de crédit. Il s’agira d’être patient, mais aussi et surtout d’avoir foi en la capacité de tous ces entrepreneurs à développer un commerce durable.

 

Toujours est-il qu’on se reparle bientôt pour connaître les dernières avancées de ce projet passionnant.

 

Ecrit en mode chill’ à la coop’ de Silico Creek 😉

 

Adrien 

                                                                                 


Petit retour en arrière:

Mi Juillet, Mariane nous quittait pour rentrer en France après avoir passé 3 mois au sein de la communauté. A cette occasion, elle a organisé une Despedida, soit fête de départ avec un repas offert à tous les villageois qui comptaient pour elle. Nous étions tous tellement triste de voir notre Mama Mariana nous quitter mais prêts à prendre la relève (ou presque). Certains membres de la communauté en ont profité pour remercier AIME de son action à Silico Creek en rappelant l’objectif des missions de cette année et surtout en relevant les résultats positifs des efforts des volontaires des années passées. Cela nous a mis vraiment du baume au cœur de voir nos efforts autant reconnus.

 mariane despe

 

Suite à ce déjeuner, nous avons organisé une réunion avec le comité de crédit pour organiser la suite de la mission en programmant les différentes formations que nous allions donner, ainsi que nos visites aux entrepreneurs pour leur expliquer la suite du processus de remboursement.

 

La semaine dernière, Sophie et Rym, accompagnées d’Orlando, le stagiaire, visitaient chacun des entrepreneurs chez eux, à Silico Creek comme à Santa Marta, pour leur remettre leurs cartes d’entrepreneurs appartenant au programme Nirien Guairé, leurs copies de contrats signées, et aussi pour les interroger dans le cadre de l’enquête de mode de vie. Cette enquête a été rédigée par Camille qui était là en Mai et permet de révéler les situations sociales actuelles mais aussi d’évaluer un possible changement positif pour le futur.

visite

Tous les entrepreneurs semblaient ravis de notre présence, puisque cette visite permettait aussi de répondre à leurs questions et de calmer leurs éventuelles inquiétudes.

Les immenses sourires affichés par les entrepreneurs du programme Nirien Guairé en découvrant leur carte révélait beaucoup d’optimisme pour la suite !

entrepreneurs cheque  

Après un début de semaine marqué par la découverte touristique de tout ce que Silico Creek a à offrir, nous avons eu un week end bien chargé. Chris et Marie, responsables de la communication autour de l’éco-tourisme dans la région de Bocas, ont organisé avec Urari une randonnée aux cascades Mataguineo ainsi qu’une journée typique dans une exploitation agricole. Ces excursions leur ont permis d’avancer à grande vitesse dans leur création d’un fascicule ainsi que d’un manuel de vente destiné à des agences de voyages de Panama City. À partir de jeudi avait lieu le “taller de jovenes”, soit 3 journées de formation et de sensibilisation des jeunes du village a des problématiques de société, animées par des membres d’associations d’aide aux jeunes panaméennes et costaricaines. Samedi après midi, Solary, Urari et Aime organisaient “une charla de motivacion”, un événement à destination des jeunes du village. Il s’agissait de leur présenter les opportunités d’engagement auprès des organismes communautaires. Ce fut donc l’occasion pour nous de rencontrer les forces vives de la comarca mais aussi ceux des villages voisins, des jeunes dynamiques et motivés. Enfin, point d’orgue du travail de plusieurs mois de Sabine, Mariane, repris par Sophie et Rym : “la charla de induccion”. C’est l’évènememt majeur du projet Nirien Guaire, puisque nous avons octroyés les micro-prets a chaque entrepreneur, les 2 ordinateurs offerts par l’entreprise SAP France ont été offerts à Urari et Solary, et Rym et Sophie ont fait une présentation des indispensables de “l’emprendedor exitoso”.

 

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Tout le monde était très enthousiaste, chacun des fondateurs de Solary et d’Urari a pris la parole pour rappeler l’importance d’un tel projet et la responsabilité qu’a chaque micro entrepreneur vis a vis de la communauté. En effet, il s’agit d’un fond rotatif, et pour que la communauté de Silico Creek en bénéficie a long terme, il faut que tous les prêts soient remboursés a temps. Arcadio, fondateur d’Urari a cité Muhamad Yunus et a rappelé l’opportunité que représentait le projet Nirien Guaire – Crecer Juntos, pour une communauté indigène qui ne peut avoir accès au crédit faute de garanties, et qui souffre une absence d’offre d’emploi. Comme la tradition le veut, la Charla s’est conclue par un repas partagé avec tous les micro entrepreneurs.

entrepreneurs NIRIEN GUAIRE

C’est un micro prêt pour l’homme et un grand pas pour la communauté !

Vendredi soir, toute l’équipe de volontaires était au complet a Silico Creek ! Apres avoir dîné tous ensemble chez Mariane, chaque volontaire est rentré se coucher chez sa famille d’accueil.

Samedi, nous avions une réunion avec quelques représentants de Solary et d’Urari, nous avons discuté des objectifs des prochaines semaines, réparti les responsabilités et planifié l’agenda général. Ainsi, Marie et Chris travailleront avec Arnoldo afin de revoir toute la communication autour du tourisme a Silico Creek.

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Rym, Sophie et Mariane, vont assurer le suivi des micro entrepreneurs dans la première mensualité de leurs remboursements ainsi que la formation du comité de crédit pour leur passer le relais après le départ des volontaires fin août. Suite à cela, nous avons organisé une réunion informelle entre volontaires pour détailler les missions et faire une sorte de brain storming puisque les projets sont interdépendants. 

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Dimanche, jour du seigneur ! A la fin de la messe, le prêtre Leonida nous a présenté à l’ensemble des villageois présents en leur expliquant l’objet de notre venue et en les priant d’être hospitaliers, ce qu’ils n’ont pas manqué de faire puisque a la sortie de la messe, un repas était offert a tous à l’occasion de l’anniversaire de deux jumelles orphelines de mère, prises en charge par l’église. Ainsi, ce jour là, tout le village à fait preuve de beaucoup de générosité en sacrifiant deux porcs, en offrant des cadeaux a la famille des jumelles, et en proposant deux grands gâteaux d’anniversaire a partager entre tous les membres de la communauté. 

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Finalement, ce week end était placé sous le signe du partage et de la générosité, comme souvent chez les Ngobe.

Dimanche, juste avant le départ de Sabine, nous avons organisé notre première réunion avec les entrepreneurs.

12 des 13 entrepreneurs sélectionnés se sont donc retrouvés en ce jour pour la première réunion formelle du groupe « NIRIEN GUAIRE » (Grandir Ensemble en Ngöbere).

 

reunion entrepreneurs

Nous les avons tout d’abord félicités pour avoir été sélectionnés pour bénéficier des premiers micro-prêts délivrés par la coopérative. Ils ont en effet eu le courage de présenter leur projet au Comité de Crédit, et finalement, ils ont été reconnus, après un long et difficil processus de sélection, comme étant les plus à même de se développer et de rembourser leur prêts. Il s’agit donc de 13 personnalités très interessantes, proposant des projets de haute qualité et à fort impact social.

Nous avons ensuite rappellé de manière brève comment fonctionne ce programme de micro-crédit, et surtout, en quoi cette cohorte d’entrepreneurs à une responsabilité par rapport à la communauté. En effet, ce sera grâce à leur réussite que d’autres personnes de la communauté pourront bénéficier de prêts dans le futur, et que le programme pourra continuer à se développer.

Nous avons ensuite demandé à chacun des entrepreneurs de se présenter et de présenter son projet devant le groupe. Nous avons eu droit à de beaux discours, car en plus de présenter leurs projets, de nombreux entrepreneurs ont souhaité remercier les membres du Comité de Crédit ou de AIME, et ont réaffirmer leur objectif de réussir à rembourser leur dette.

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reunion entrepreneurs 2

Un membre du Bureau de Solary nous a également fait un beau discours. Il a souhaité prendre la parole et a déclaré qu’il était très fière de porter ce programme, car selon lui, le peuple Ngöbe avait été habitué depuis plusieurs années à recevoir, recevoir, recevoir, grâce à de nombreux programmes du gouvernement et d’ONGs locales, mais que aujourd’hui, il était temps d’apprendre à redonner, ou rembourser en d’autre terme. Et ainsi, chacun se sentira maitre de son développement, et pourra permettre à d’autres d’amèliorer leurs conditions de vies.

Sur ce joli discours, et après déguster un bon petit pain à la noix de coco et une boisson au chocolat chaud (vous allez vraiment vous dire qu’on ne fait que manger ici, mais réellement, il n’y a pas de réunion sans « logistique », ou nourriture en d’autres termes !), nous avons rappelé quelles vont être les prochaines étapes à suivre : journée d’induction, signature du contrat avec le groupe solidaire, signature du contrat d’engagement social, réception du chèque puis premiers remboursements.

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C’est maintenant réellement le moment de Grandir Ensemble et de Travailler Ensemble.

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Au revoir Sabine !

June 24, 2013 by Mariane Behar

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Dimanche, nous avons fêté les trois mois et demis passés avec Sabine dans la communauté de Silico Creek. C’est une autre manière de dire, que dimanche a eu lieu la « despedida » de Sabine.

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sabine et mariane en nagua

« Despedirse », ici, signifie « dire au revoir ». Ici les despedida se font dans la joie et la bonne humeur. Nous avons donc préparé une bonne soupe, de poulet, lait de coco et diverses tubercules locales (magnoc, ignam, pommes de terre).

Sabine nous avait tous demandé de s’habiller en vêtement traditionnel, ce que nous avons essayer de respecter au maximum pour lui laisser un souvenir plein de couleurs.

Sabine carnet

Plus d’une cinquantaine d’invités, 25 livres de poulet et de riz, deux casseroles énormes, quelques beaux discours de la part des gens de la communauté, on aurait presque apercu quelques larmes sur les visages, mais on préfère se rappeller des rires et des sourires !

Trois mois passés à Silico Creek… Trois mois de travail assidu pour pouvoir créer le premier fond d’investissement de micro-crédit dans la comarca Ngöbe Buglé. Pour la première fois, des entrepreneurs indigènes, malgré leur manque de garanties, vont pouvoir bénéficier de petits montants d’argents pour les supporter dans leurs activité productive.

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Après trois mois de travail, nous ressentons que nous avons surpassé les objectifs que nous nous étions fixés à la base : trouver du financement à la hauteur de la totalité du coût du projet, établir un réel partenariat avec la coopérative Solary et en impliquer des membres de la communauté, financer 13 entrepreneurs (et non 10 prévu au départ) et rajouter deux thèmes de travail : le café organique et le tourisme communautaire.

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Après de nombreuses réunions avec les partenaires locaux, des heures de discussions, quelques nuit peu fournies en sommeil, des réfléxions poussées sur la rédaction de documents légaux, contrats et autres… Nous voilà enfin prêts à délivrer des micro-prêts. Et nous savons sait à quel point se travail est important pour nous, et a quel point il a de la valeur pour les personnes qui en bénéficieront.

Mais ce travail ne serait rien sans la relève des volontaires AIME, qui grâce a l’effort continue depuis Reims et Montréal, vont pouvoir prendre le relai de cette petite étincelle et continuer a la faire briller comme un grand feu de camp.

Grâce à vous, membres de AIME, nous avons pu avoir les fonds disponibles pour financer ces premiers entrepreneurs et avancer certaines dépenses de AIME. Grâce à vous, nous avons de fortes chances de croire que dans les années à venir, d’autres volontaires vont se rendre sur place en tant que stagiaires ou consultants sociaux, et donner du suivi à ce programme jusqu’à qu’il atteigne un niveau d’autosuffisance financière et de organisationnelle. Grâce à vous, nous sentons que nos actions ont du potentiel sur le long terme, et qu’elles touchent des jeunes et des moins jeunes à travers le monde. Et c’est ca la famille AIME. Alors très profondemment, merci AIME pour nous permettre de faire tout cela ! Merci Sabine pour tout le travail effectué, et toutes les bonnes vibes dégagées lors de ces trois mois sur place.

En ce qui concerne les cinq de retrouvés… Nous avons accueilli mercredi dernier Marie Grovel, une jeune étudiante à l’ISTOM, école d’agronomie à Paris, qui vient effectuer son stage de 3 mois avec la coopérative Solary et AIME. Son objectif sur place est de faire une étude de faisabilité pour pouvoir transformer la coopérative en centre d’approvisionnement de Café biologique. Elle vient faire le suivi du travail entammé par Camille le mois précédent, et va commencer par conduire différentes enquêtes producteurs dans la communauté de Silico Creek et les communautés voisines.

Nous attendons maintenant avec impatience l’arrivée vendredi prochain de quatre autres étudiants, Marie, Chrys, Sophie et Rym, venus de France et du Canada, pour donner du suivi au programme de micro-crédit et effectuer une étude sur le thème du tourisme communautaire et de la valorisation du cacao organique.

Hâte de vous donner plus de nouvelles de leur arrivée !

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