Mission: Sénégal 2016

5 Février, bientôt un mois de présence à THIES. Il fait chaud, très chaud, « anormalement chaud pour la saison » me dit on…En tout cas pour un breton, il est clair que les 38° à 40° de l’après midi ne sont pas une habitude. Cela tourne même à l’épreuve. Mon Kho Lanta à moi. Me voilà donc, non pas bronzé…mais cramé. C’est certain, les écrevisses devaient trop me manquer.
Ma première semaine a été essentiellement consacrée à comprendre le fonctionnement de La Palabre, les projets tels que je vous les ai présentés dans mon premier message, les objectifs et intentions de cette belle association. La première chose qui m’a frappé c’est la capacité de dispersion de tous, les idées foisonnent et leur surabondance freine le propre développement de chacune. Il s’agissait donc pour moi de formaliser dans un document de synthèse une présentation claire des axes stratégiques, des objectifs et de travailler à leur planification. De sensibiliser Khady et les adhérents aux impératifs auxquels il faut s’astreindre pour avancer.
Je suis intervenu quelques soirs avec les jeunes qui encadrent l’école du soir en m’occupant des 6ème et 5 ème. Cette école fonctionne, elle pourrait être encore plus pertinente. Mais sur cette base, nous avons, avec Ibou (le coordinateur) et Saliou (le responsable des animateurs), travaillé sur la planification d’une démarche de progrès. Nous y œuvrons au quotidien depuis et une nouvelle réunion de travail est prévue dans 15 jours pour faire un premier point de situation. Le plus simple étant traité, il fallait s’attaquer au plus gros dossier : Le CMDD

Saliou

Saliou, responsable des animateurs de « l’école du soir » devant les CI et CE

Mais, sans nul doute, la priorité absolue de La Palabre consiste à rendre opérationnel son centre d’accueil et d’hébergement, de formation et d’insertion économique et sociale de femmes victimes de violences. Il pourra, à termes, accueillir une trentaine de femmes. Ce centre est également destiné à devenir la plaque tournante de l’association. Sa construction a démarré en 2009, il est construit, quasiment fonctionnel, mais le dossier n’avance plus. Sans lui, l’avenir de l’association devient fragile. Il s’agissait donc pour nous d’œuvrer à la relance du projet. De mobiliser toutes les énergies sur ce thème.
Sans finance, il paraissait bien difficile d’apporter une quelconque perspective aux membres de l’association. C’est la raison pour laquelle, grâce à Sabine POMPEY de AIME, que je remercie sincèrement pour l’aide qu’elle m’a apporté, nous avons pu lancer une campagne de Crowdfunding. Chaque versement nouveau, est vécu avec beaucoup de joie par les membres de La Palabre…Car avec peu, on peut faire tant ici.
Mais bien que sans argent, nous avions au moins des bras, et c’est donc quotidiennement que nous allons travailler sur le terrain du centre pour en embellir les extérieurs (et il y avait du taf !), laver les pièces, salles, couloirs et douches… gratter les reliquats de béton laissés indélicatement par le maçon peu scrupuleux…, clôturer le terrain…Il y a tant à faire ! Mais grâce à quelques belles opportunités que nous avons su saisir, les résultats sont probants, le moral remonte, chaque jour est une sorte de succès que nous aimons partager et qui nous porte pour continuer.

avant

Avant

Après

Au 5 Février

Sans argent, nous avons des bras…Mais nous avons également un cerveau ! Depuis la deuxième semaine de ma présence, nous avons activé des ONG et associations locales. L’idée : Nous avons du terrain et de l’eau…Nous recherchons des compétences et des sources de financement pour aller vers l’autosuffisance économique. C’est ainsi que devrait se signer cette semaine 2 partenariats qui devraient permettre très vite de transformer encore le centre…Mais de cela, je vous en réserve l’information pour un peu plus tard. Quand les protocoles seront signés.

De son côté, Khady qui a rejoint Dakar pour travailler avec son ONG, ne chôme pas non plus. Elle multiplie les rencontres. Là encore, les choses semblent avancer positivement. Nous envisageons un rapprochement avec le RADI, ONG locale qui connait bien le public visé, sait l’encadrer…Le RADI voit en notre centre une réelle opportunité pour certaines des femmes qu’ils prennent en charge avec des financements associés.

A l’intérieur du centre, nous avons démarré les travaux pour l’installation de la cuisine transitoire. Ils devraient se terminer dans la semaine…Mais à la mode sénégalaise….Notre préoccupation du moment est l’équipement de base pour une salle de formation et une à deux chambres. Nous y travaillons et là encore Khady a peut être trouvé une piste auprès d’un ONG à Dakar…Mais de cela je vous parlerai également plus tard.

cuisine

Les travaux de la cuisine transitoire sont en cours depuis le début de la semaine

Pour terminer cet article, je souhaiterais vous faire partager ce vent positif et constructif qui est revenu auprès de tous à La Palabre. Une nouvelle énergie qui nous transporte avec envie et bonne humeur en constatant nos progrès quotidiens.
Cet éclat soudain porte un autre nom : L’espoir.
L’espoir d’y arriver grâce à toutes les bonnes volontés. Et si vous lisez cet article, c’est que vous en faites partie. Merci donc à vous et à plus tard pour la suite de nos aventures sénégalaises.

Une histoire sénégalaise

January 25, 2016 by Bertrand Le Metayer

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11 Janvier 2016, me revoilà au Sénégal, non pour une semaine ou un mois de vacances, mais cette fois ci pour 3 mois, à THIES, ville que je ne connais pas.

Je suis accueilli à l’aéroport par Khady et Anto. Khady sera mon hôte pour cette période, elle est également l’initiatrice et l’élément moteur de « La Palabre ». AIME a souhaité apporter son soutien et son aide à cette association créée en 2006. Me voici donc en place depuis 15 jours dans ce pays baigné de soleil, de vie, de bruits et empreint d’une culture d’échanges, de partages et d’amitiés plombée parfois par le poids considérables de ses nombreuses traditions et de sa pauvreté.

La Palabre a pour but de faciliter l’intégration sociale et économique des populations vulnérables et à la défense des droits humains en donnant une grande priorité à l’éducation. La Palabre est engagée dans cette lutte par des moyens non violents contre toutes formes de violence et toutes sortes de pratiques traditionnelles néfastes à la santé des femmes et des enfants, en particulier les mutilations génitales féminines (En 2010, 26% des filles entre 15 et 49 ans avaient subi des MGF…Et oui !) et les mariages d’enfants.

L’activité de l’association s’articule autour de trois axes : La mise en place d’une première « école du soir » qui accompagne les jeunes dans leur devoir scolaire pour éviter leur sortie prématurée du système. La création d’une cellule d’animation et de sensibilisation dont la vocation est de parcourir les collèges, lycées et universités du pays pour aider à la prise de conscience et mobiliser les esprits sur la nécessité du changement autour de ces pratiques. La création, dans le village de Dakhar M’Baye, près de Thiès) d’un centre d’accueil de formation et d’hébergement pour les jeunes filles et les jeunes femmes victimes de violence.

Toutes ces activités ont été initiées, certaines avec plus de succès ou de régularité que d’autres ; L’absence de formalisation et de planification, de moyens bien sûr en étant la cause première. L’école du soir fonctionne tous les soirs et la cellule d’animation et de sensibilisation intervient de façon épistolaire dans certains établissements. Seul, le centre, bien que construit (mais pas tout à fait fini) n’accueille encore personne, si ce n’est la trentaine d’enfants en âge préscolaire du village voisin.

Un dernier point pour tout bien comprendre : Si Khady est là, tout le monde arrive et les dossiers avancent ; En son absence, tout le monde disparait…Sauf l’école du soir fort heureusement !

Pour démarrer le blog il me fallait vous décrire le contexte ! C’est fait.

Le prochain article sera dédié aux actions mises en œuvre depuis 15 jours, et je l’espère aux quelques premiers résultats… A bientôt !