Mission: Thaïlande 2015

Dominique HOOGHE est un “jeune” retraité militaire , âgé de 57 ans ! Depuis l’année 2010, il anime les jeunes dans les milieux sportifs au sein d’un service  qui se consacre aux sports dans la ville de Mouscron en Belgique (il est animateur et breveté moniteur d’escalade et de tir sportif).

 

Toutefois , sa vie professionnelle antérieure s’est vue “projetée” sur le continent Africain durant de long ou court séjour dans le cadre d’interventions humanitaires ou de formation technique , telles au Zaïre en 1978 (à Kolwezi , Lubumbashi , Likasi et Kipushi dans l’actuelle RDC) , en Ethiopie de 1985 à 86 au sein du Comité International de la Croix-Rouge ( pont et ravitaillement aérien lors des famines en Erythrée) et en 2006 , de nouveau en RDC dans les villes portuaires de Boma et Matadi afin d’assurer des transports sur Kinshasa d’où le suivi de dispenser une formation de reconversion dans le milieu de la Logistique à d’anciens “enfants” soldats !

 

C’est naturellement qu’il s’est engagé pendant son congé de juillet 2015 à nous rejoindre ou du moins à se joindre auprès de sa fille Lindsay déjà impliquée dans le cadre humanitaire au sein de notre association . De prime abord dans le souci de reconnaître les lieux  d’une future action à Ban Tha Song Yang (dans le Nord de la Thaïlande) en faveur d’orphelinats (animations et amélioration des infrastructures pour “enfants réfugiés”, venus de Birmanie et issus du peuple Karen).

J’ai 25 ans et je suis originaire d’Angers. Depuis 2012 je voyage régulièrement en Asie du sud Est et plus particulièrement en Thaïlande. En 2013 j’ai intégré un village Karen au nord de la Thaïlande et donné des cours d’anglais au sein de l’école primaire du village durant 7 mois. En Juin 2015 je suis devenu professeur d’anglais au sein de KnCC (Karenni Community College) près du camps de réfugiés « Ban Nai Soi » où 13 000 réfugiés, principalement Karenni, vivent. Je suis en charge ici de trouver de nouveaux partenaires, donateurs et ONG, qui seraient en mesure de supporter ce centre. J’effectue le lien entre la communauté Karenni et les donateurs Français, je m’occupe de faire connaitre ce peuple, notre mission et nos objectifs. J’ai pour futur de créer une Association avec les principaux acteurs de KnCC et acteurs Français pour effectuer le lien entre ONG Internationales qui souhaitent soutenir l’éducation au sein de l’état Karenni et d’assurer la prévention de l’usage et de la plantation d’Opium auprès des jeunes (la Birmanie étant le deuxième producteur d’opium du monde). Je souhaite que cette association soit une plateforme majeure pour tous ceux qui souhaite intervenir et aide cette minorité trop peu connue. Je souhaite avec A.I.M.E continuer à aider ce peuple directement sur place et par ailleurs accueillir des volontaires dans des villages reculés de Thaïlande pour de courtes missions.

MAE SAPE TAI … pour beaucoup ce nom n’évoquera pas grand chose. Un énième sigle ne voulant rien dire ? Chouette une nouvelle recette ? Une créature légendaire ? Bé non, un petit village thaïlandais , presque au nord, presque à la frontière de la Birmanie, presque prêt de Mae Hong Son. En bref un endroit que l’on pourrait aisément ne jamais trouver mais qui par sa beauté et l’extraordinaire gentillesse de ses habitants évoquera bien de jolis souvenirs à ceux qui auront eu la chance d’y passer.

Bangkok son agitation, sa fourmilière, ses odeurs, son trop… 13h de bus plus tard me voilà déposée au milieu de rien, 7h du matin, les yeux qui collent encore, un peu désorientée … c’est agréable, la bonne odeur d’une sacrée aventure pointe le bout de son nez ! Andy ne va pas tarder à arriver, tiens le voilà d’ailleurs, en scooter. Un gros sac un petit sac Andy, moi … ça passe. Robuste la bête. En avant !!! C’est que ça roule vite ces choses là.

Une demi heure de route, 3 thés, 25 « tableu » (bonjour) et une multitude de sourires et rires plus tard me voilà installée. Le matelas de Patti et Mugga (malgré ma vaine tentative de refus), une moustiquaire, ce que l’on pourrait appeler une véranda sans fenêtre, ainsi qu’un petit vent chasseur de moustiques feront office d’hôtel 5 étoiles ( si ce n’est pas 6 ) pour les 3 semaines qui suivront.

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Passons le riz matin midi et soir, les épices, la pêche, la cueillette du kikouda (plante comestible que l’on allait souvent chercher dans les jungle) et de ces foutus champignons introuvables ( une dizaine pour 3h à gratter dans le sable perdant au passage dos et genoux). Passons aussi les soirées guitare, whisky (alcool de riz local), rire, rire, rire. Passons aussi sur le fait que la la langue, plus qu’une « barrière » nous aura donné de franches rigolades ! Bref passons tout cela, non pas par manque d’intérêt mais parce que ce témoignage deviendrait alors un long roman.

L’école … comme je le disais dans un article précédent, lorsque l’on arrive à Mae Sape Tai il faut savoir casser toutes ses représentations de ce qu’est l’école, de ce qu’est l’enseignement. Effectivement, par choix du directeur ici tout est beaucoup plus libre , « cool » , et c’est TANT MIEUX ! Effectivement, en tant qu’élève (et prof aussi) on fait cours dehors, on rentre on sort de la classe à sa guise, on a des cours de jardinage, des après midi « scout » ( le peuple Karen est majoritairement bouddhiste mais 0,2% sont chrétiens, dont les habitants de Mae Sape) etc. Les après midi scout ce sont des sortes d’ateliers sportifs pour certains, un peu moins pour d’autres, on chante, on danse, les enfants sont répartis par niveaux. Parlons des scoubidous… haaaaa les scoubidous quelle découverte, 200 scoubidous, une demi heure plus tard … plus rien ! « Laurie… tu me montres comment on commence ? » «  Moi aussi ! » « Moi d’abord ! » , une horde de 25 enfants plus tard et quelque profs qui n’en décollerons plus de l’après midi (c’est quand même mieux qu’enseigner non ?) il faut retourner en classe.

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Tiens « notre » classe d’ailleurs, une bande de 10 loustiques, entre 10 et 13 ans, filles et garçons, avides d’apprendre l’anglais (ou pas) et Currot, le faux timide et souriant prof. Il faut dire qu’ici l’anglais n’est pas vraiment langue universelle, aussi bien pour les élèves que pour les profs. La plupart de ceux-ci n’en parlent quasiment pas un mot. L’enseignement de cette langue se résume à de très longues listes de mots, parfois fort inutiles ( sauf si vous utilisez cheminée ou ornithorynque tous les jours) à apprendre par cœur. Trois professeurs (Andy, Currot et moi) et un dictionnaire anglais/thai n’auront pas été de trop pour mettre en route le projet (expliqué dans l’article précédent). Cependant, malgré quelques petites difficultés à l’écrit, notamment au moment de recopier la lettre au propre ( il n’y a pas vraiment d’espace dans la langue thai, petit détail certes mais pas évident à appliquer) tout se sera déroulé dans la joie et la bonne humeur

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Dernière soirée, repas gargantuesque, les voisins, la bonne humeur, ne pensons pas à demain, Dernier jour, dernier réveil au son des cocoricos matinaux… Au revoir à la famille (pas d’adieu, c’est promis je reviendrai!!), à l’école, jours de la tenue traditionnelle, tous les enfants dans la cours me chantent une chanson, petit cadeau à Tanita (une élève adorable qui venait dormir avec moi tous les soirs) , ça sert au fond de la gorge. Au revoir à la famille de Ying (petite amie d’Andy), « good bye Naréré (mon surnom au village), when will you come back ? » ! On reprend le scooter… dans l’autre sens cette fois çi.

Des remerciements ? Difficile d’exprimer tout ça à l’écrit tellement ces trois semaines furent fortes, en rencontre, en apprentissage et en partage. Merci à A.I.M.E et plus particulièrement Mariane qui m’a suivie et permis de réaliser tout ça, mais surtout laissé vivre ce projet, sans directives ou objectifs à atteindre, merci pour cette liberté et cette présence !!! Et puis merci a Wah Lay aussi, pour ton accueil et ta gentillesse, sans toi j’errerais surement encore dans les rues de Bangkok à l’heure qu’il est. Andy, sans toi rien n’aurait pu se faire, je te suis reconnaissante de m’avoir accueillie, guidée, continue sur ta lancée, t’iras loin, les enfants on de la chance d’avoir un prof comme toi (un peu strict parfois hein haha). Puis merci au village, à Ying, sa famille, Patti, Mugga, leur fille, Tanita, les voisins, Currot, les gardes de la réserve, Chang et j’en passse !! Merci le voyage !!!

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 “Il était encore hésitant sur la décision à prendre. Mais il comprenait maintenant une chose importante : que les décisions représentaient seulement le commencement de quelque chose. Quand quelqu’un prenait une décision, il se plongeait en fait dans un courant impétueux qui l’emportait vers une destination qu’il n’avait jamais entrevue, même en rêve, au moment où il avait pris cette décision.” – L’Alchimiste, Paulo Coelho

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Laurie.

          

Vivre la Thaïlande

August 10, 2015 by Flore Faveyrial

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Vous raconter le mois passé à Ban Tha Song Yang en Thailande du Nord semble au premier abord compliqué. Tellement de pensées, de souvenirs me viennent à l’esprit que je ne sais par où commencer.

Du lundi au vendredi nous étions au Safe Haven Learning Center pour enseigner l’anglais de 9h à 15H aux enfants de l’école des migrants, tandis que la majorité des autres enfants de l’orphelinat pouvaient se rendre à l’école Thaïlandaise du village.

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Le soir en rentrant à l’orphelinat de Safe Haven nous organisions des activités ludiques et pédagogiques pour les enfants où nous aidions à donner à manger aux plus petits et à les laver. Les journées étaient bien remplies.

Les enfants de l’orphelinat sont 40 du plus petit Sunday (parce qu’il est arrivé un dimanche) âgé de 3 mois au plus grand actuellement en étude à l’Université de Chiang Mai.
A l’orphelinat comme à l’école des migrants, ils sont Karen. Soit Karen des montagnes Thaïlandaises soit Karen de Birmanie. Ils parlent Karen et pratiquent la religion 7 Days Adventice avec le Sabbat tous les samedis matins.

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Tasanee dirige l’orphelinat et Gloria dirige l’école des migrants. Les deux établissements sont séparés par une route faisant 3 km.

Nous nous devons d’appeler l’école des migrants « Learning Center » car le gouvernement thaïlandais bien qu’il ne s’oppose pas à ces mouvements ne souhaite pas que le terme « école » soit employé pour en parler. Ces classes de migrants restent des endroits très pauvres où les enfants qui y étudient bénéficient, bien souvent, de peu de choses. Pour tout vous dire, le Learning Center où nous aidions était complètement caché par la jungle et ses arbres. Presque impossible en passant sur la route de penser qu’une école pouvait s’y être installée.

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Les relations entre les enfants de l’orphelinat et du Learning Center et nous les volontaires se sont bien déroulées. Les enfants demandent beaucoup d’attention, ils sont heureux que nous puissions prendre le temps de faire des activités avec eux. Les sourire et les rires ne trompent pas.

L’accueil dans les deux endroits fut des plus chaleureux : on entre dans une grande famille ouverte d’esprit, accueillante, joviale et surtout souriante. Ce n’était pas simplement un orphelinat tenu par Tasanee ou une école tenue par Gloria, dans les deux endroits, si différents soient ils l’un de l’autre, nous y retrouvions cette chaleur humaine et ce travail que font les STAFF pour aider les enfants et leur assurer un futur, un avenir.

Les Karen ont une culture bien à eux tout comme leur langue. Ce fut très intéressant de parler avec eux de leurs ressentis face au nettoyage ethnique réalisé en Birmanie, face aux neuf camps de réfugiés situés en Thaïlande, face aux dernières nouvelles avec le « ping-pong humain » sur les Rohyngas. A chaque discussion avec Gloria, Tasanee, Nickhome ou Chom j’apprenais sur leur passé, sur leurs peurs, leurs besoins, leurs envies et leurs rêves. Je n’ai pas les mots pour expliquer à quel point j’ai appris.


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Les semaines sont passées relativement rapidement, le départ approchant les au revoir sont toujours très douloureux. Il a fallu dire au revoir mais sans dire adieu parce qu’une chose est certaine, je reviendrai.

Flore

 

Hello Mae Sape Tai

May 27, 2015 by Laurie Monge

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Tableu !! ( Bonjour en Karen)

a y est enfin une connexion internet digne de ce nom et un peu de temps pour écrire un article ! Il faut dire que ça n’est pas gagné à Mae Sape Tai, petit village perdu au milieu de la jungle, sans réseau ni connexion internet (enfin …. si… à l’école juste un ordinateur, quand il ne manque pas le clavier ou quand il n y a pas de coupure d’électricité).

Je suis très bien accueillie dans une famille du village par Mugga et Patti (Madame et monsieur en Karen). Ici on se sent tout de suite chez soi, les gens sont genereux, sourient tout le temps, la vie est simple. Ici on PREND LE TEMPS ! (ça sera le maitre mot de ce séjour). Andy me présente un peu tout le monde, je visite l’école, c est ici que nous enseignerons environ 2h par jours (entre une sieste , une partie de chasse, de pêche ou de cueillette…). On explique le projet au prof de notre classe (Currot). C’est pas évident évident car le niveau d’anglais ici est très bas même pour les profs.

Nous allons donc mettre en place un échange entre une classe française et une classe de Mae Sape tai (ils sont 10, entre 10 et 13 ans). Tout sera axe autour d’une lettre dans laquelle les enfants se présenteront, ainsi que leur famille, leur école, leur nationalité… (5 points obligatoires). Ensuite ils auront a choisir 5 autres points dans une liste pour pousser un peu plus loin la presentation (food, timetable, sports, like/ don’t like, house, work in future, animals, etc.).

Nous commençons donc le travail en imprimant un modèle de lettre pour qu’ils puissent un peu comprendre, lire (ils ont beaucoup de mal car l’écriture latine n a rien a voir avec l’écriture thai) ce qu’on leur demande. On est 3 profs dans la classe Andy, Currot et moi , et c’est bien ce qu’il faut pour les traduction en thai => english et english => thai.

La manière d’enseigner est bien différente de chez nous. Debout et en choeur a chaque debut de cours : “GOOD MOOOORNING TEACHER !”. Ici  les enfants sont en uniforme (le vendredi en tenue traditionnelle), sortent et rentrent de la classe un peu comme ils veulent (les profs aussi d ailleurs, s ils veulent un cafe, une petite sieste ou discuter ils s’en vont le temps qu’il leur faut), ça rigole tout le temps, le prof aussi, ça chahute … mais ça apprend quand même ( on prend le temps ). J’en connais plus d’un qui auraient aimé l’école dans les villages Karen (moi la première) ! On galère un peu avec Andy pour leur faire apprendre le vocabulaire (les devoirs à la maison n existent pas tellement non plus), mais ça va le faire, la motivation est la et les enfants sont adorables !

J’aurai voulu vous mettre quelques photos mais les miennes tiennent trop de place. Je vais en poster quelques une sur le groupe de AIME sur Facebook pour ceux qui peuvent y avoir accès. A bientôt avec des photos cette fois ci !

Laurie

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