Mission: Thaïlande 2017

Existe t’il des mots assez puissants pour décrire l’incroyable aventure humaine que je viens de vivre? J’en doute sincèrement. Pourtant ces trois semaines resteront à jamais gravées dans mon cœur.

Après 4h de van et 4h de tuk-tuk, j’ai rejoins les Psychomothaï au Safe Heaven Learning Center, à 30 minutes de marche de Ban Tha Song Yang, le village le plus proche. Nous somme ici perdus en pleine jungle, à 6km de la frontière avec le Myanmar (la Birmanie pour les anciens). Dans ce centre sont accueillis des réfugiés du peuple Karen. Pour la petite histoire, c’est une minorité ethnique qui vit dans les montagnes birmanes, que les autorités cherchent à mettre dehors comme d’autres ethnies dans le pays. Il existe un accord avec la Thaïlande plus ou moins clair de ce que l’on en a compris qui stipule que les Karens peuvent vivre à la frontière Myanmar/Thaïlande, sans pour autant avoir le droit d’avoir des papiers. En très raccourci, ils sont tolérés sur le sol. Du fait que les enfants n’aient pas de papiers, ils ne peuvent pas aller à l’école en Thaïlande. La mission initiale des psychomothaï était d’évaluer les problématiques psychomotrices, d’aider à soutenir le développement psychomoteur des enfants, de traiter des problématiques affectives liées au déracinement, d’apporter du matériel scolaire et psychomoteur, et promouvoir notre beau métier.

Quelques semaines avant leur arrivée au centre, il y a eu de grosses pluies qui ont dévasté une partie du camp, et ont obligé la plupart des enfants à partir pour revenir quand le nouveau dortoir sera construit (normalement d’ici avril). Résultat des comptes il n’y a plus beaucoup d’enfants réfugiés et des infrastructures à reconstruire.

Avec l’argent qu’ils avaient récolté, les psychomothaï ont pu financer une grosse partie du nouveau dortoir. C’est ainsi qu’entre un cours d’anglais et une séance de psychomotricité on était réquisitionnés pour transporter des parpaings (en tongues, sous 40 degrés, dans une descente digne d’une piste de ski).

Semaine après semaine, les travaux ont avancé, les filles ont bien progressé en anglais, et les séances de psychomotricité se sont doucement mises en place.

Le confort au camp était simple, pour ne pas dire sommaire: le sol en guise de matelas, scorpions et serpents qui s’invitaient dans notre cabane, deux bassines d’eau froide pour se doucher, éclairage à la frontale pour traverser le camp, trou dans le plancher qui m’aura valu une chute mémorable, les chèvres qui rentrent en salle de classe…  Pourtant, la vie y était plus douce qu’ailleurs et c’était tout ce dont nous avions besoin pour travailler et être heureux. Les sourires des enfants étaient nombreux ont rempli nos journées de motivation.

Ces personnes qui ne possèdent pas grand chose mais ont tout à donner, un partage immense, de la bienveillance, voici ce que je garderais précieusement dans ma mémoire de cette aventure hors du commun. Je me suis sentie chez moi là bas.

Manon, Morgane, Thomas, Manon, Héloïse, mes chers Psychomothaï, survivors en terre Karen, partenaires de travail, de fou rires et de situations galères, je vous adresse encore une fois un immense merci pour m’avoir accueillis à bras ouvert dans votre projet, c’était 3 semaines hors du temps et qui sont passées à la vitesse de la lumière à vos côtés. ❤️
Merci à Gloria et Christopher de m’avoir accueillie chez eux,
Merci à Nawmumu, Namudah, Kylai, Namoumou, Nunupaw, Kokuapo, Nunubee, Leelee, Loulou, Dadapo, Papla & tous les enfants qui me manquent déjà énormément et que j’espère sincèrement retrouver pour Noël.⭐️

Je mesure la chance que j’ai de pouvoir voyager comme cela, et de faire des rencontres aussi enrichissantes, mais cela dépasse toutes mes attentes.

Ce soir je “dors” sur les banquettes de l’aéroport de BKK en attendant mon vol direction le Cambodge demain matin à l’aube. Et avec de merveilleux souvenirs en tête ! 🇰🇭

Le site de psychomothaï : https://psychomothai.jimdo.com

PS: Po en Karen ça veut dire fleur. J’étais ravie de me faire appeler Popo pendant tout ce temps

Ce fut intense, merveilleux, difficile parfois, mais au final inoubliable.

En Thaïlande, à Ban Tha Sang Yang j’ai découvert un havre de solidarité, de bienveillance et
de générosité. Le dépaysement a été total. J’étais loin de m’imaginer ce qui m’attendait.

Je me souviens de mon arrivée à l’orphelinat. Après un voyage long et riche en émotions, ce
petit havre de paix est apparu beau milieu de la jungle thaïlandaise. Gloria et Christopher,
m’ont tout de suite accueilli comme leur propre fille. J’ai fait la rencontre de trois autres
bénévoles : Nicolas, Félix et Margaux. Et les 25 enfants birmans m’ont ouvert grands leurs
bras. Jamais je n’aurais pensé créer des liens aussi forts avec des personnes avec qui tout
nous opposent.
Et pourtant très rapidement, les journées passèrent et les moments du quotidien avec les
enfants créèrent des relations indescriptibles. Malgré la barrière de la langue, nous avons
partagé pleins de souvenirs et de moments hors du commun rythmé par les rires, les jeux, et
la musique.
Chaque jour nous essayions de mettre en place de nouvelles activités ludiques. Certaines
journées étaient plus longues que d’autres à cause de la chaleur. Mais au final, chacune
d’elles était unique. Nous avons transmis notre savoir au travers des cours d’anglais. Les
enfants progressaient jours après jours. Certains plus lentement que d’autres, mais ils
étaient tous curieux d’apprendre. Le reste du temps, nous aidions avec les tâches du
quotidien. Grâce à une cagnotte en ligne collective nous avons pu fiancer l’installation de
l’électricité permanente sur le camp. Ce fut un énorme changement pour l’orphelinat.
Désormais, ils pourront cuisiner à l’intérieur en période des grandes pluies.

Au travers de ma mission en Thaïlande, j’ai redécouvert le sens des mots solidarité,
générosité et courage. Malgré la dureté de leur quotidien, leurs sourires ne disparaissaient
jamais et leurs rires ne cessaient jamais. Je n’oublierai jamais Kokuapo, Nonopo, Papla,
Nopé, Dada, Lalapo, Nonobé, Gloria, Kookie, Gugu, Leelee, Loulou, Dewdew, Kuku,
Tchouatchouapo, Sathé, Nangné, Namouda, Namoumou, Changné, Satoutou, Somowé,
Somémé, Christopher… Ils m’ont tellement offert tout en n’ayant rien, et j’espère avoir
amélioré leur quotidien en apportant mon savoir-faire et mon aide.

témoignage_quentin

Je m’appelle Quentin, j’ai 21 ans, et j’ai depuis longtemps rêvé de partir en mission humanitaire en Asie. C’est maintenant chose faite, puisque je suis parti en mission en Thaïlande avec AIME. Je suis en fait venu en aide à une grande famille Karen, une ethnie birmane persécutée dans le pays, au Safe Haven Learning Center à Ban Tha Song Yang, surtout en donnant des cours d’anglais à une quinzaine d’enfants, pendant 4 semaines.

Je suis parti pour découvrir un pays et une autre culture et j’ai finalement découvert une autre manière de voir le monde. Les enfants sont adorables et très attachants, et ils m’ont surement appris beaucoup plus que ce que j’ai pu leur apprendre. Des sourires, un accueil et une façon de vivre qui force le respect. Une expérience inoubliable gravée à jamais dans ma mémoire !

La grande famille du Safe Heaven Learning center m’as fait vivre un mois inoubliable, vivre quotidiennement avec eux a été extrêmement enrichissant pour moi, j’ai énormément appris sur moi-même mais également sur eux, leur culture, leur vision des choses, leur philosophie de vie qui m’a permis de prendre du recul sur ma propre vie. Ce n’est que du positif pour moi d’avoir vécue cette mission a leur côté, en vivant leur conditions qui ont parfois été difficiles pour moi mais je me suis rapidement adaptée et me suis sentie totalement intégrée à la vie quotidienne comme un membre a part entière de la famille.

De plus, en vivant quotidiennement avec eux, j’espère leur avoir apporté ma bonne humeur et ma positivité, que nos échanges et le partage leur ont permis d’apprendre des choses et découvrir brièvement notre culture.  À l’inverse, ils m’ont énormément apportés personnellement et j’espère que cet échange était réciproque!

Le plus difficile a mon départ a été de quitter mes proches et de se lancer dans “l’inconnu”. Le retour a été difficile également puisque je me suis attachée à la famille, me suis habituée à l’environnement et au rythme de vie totalement différent du notre. Par contre, les nombreuses piqures de moustiques et la nourriture ; nous n’avons pas manqué de nourriture mais l’adaptation au riz matin midi et soir ont  été difficiles. De plus, c’est en étant aussi loin et dépaysé qu’on se rend compte à quel point nos proches sont importants, je dirais donc que le contact avec ma famille et mes amis m’a le plus manqué.

Cette expérience a été une véritable leçon de vie. J’ai vécu des choses inoubliables au safe haven avec l’ensemble de la famille, des enfants, des locaux. Les échanges ont été riches, j’ai pu découvrir une culture différente, un environnement dépaysant, un mode de vie opposé au mien. J’ai été accueilli à bras ouverts et ils ont su me rappeler que l’amour, le partage et le respect est ce qu’il y’a de plus important.

Dans un premier temps, l’un des aspects positifs de ma mission a été la relation avec les locaux. J’ai été très bien accueillie, et des liens se sont créés progressivement. Ils ont été très attentifs et à l’écoute des volontaires présents sur place.

Ensuite, l’adaptation a également été un aspect positif. Les locaux font tout en sorte afin que l’adaptation des bénévoles se déroule le mieux possible.

Personnellement je pense avoir apporté beaucoup de joie, et de nouveautés aux enfants ainsi qu’aux adultes. De plus, je pense avoir apporté de nouvelles connaissances aux enfants en leur donnant des cours d’anglais tous les matins.

Avec le groupe, nous avons reconstruit un nouvel arrêt de bus pour les enfants, et participer à la rénovation de la cuisine.

Indépendamment, j’ai souhaité leur offrir quand l’occasion se présentait des friandises comme des gâteaux, des boissons sucrées, des petits déjeuners…

Une expérience riche en émotions. Nous apprenons beaucoup de choses aux enfants, mais nous en apprenons aussi beaucoup grâce à eux.

Le plus difficile dans mon départ de la France a été le départ vers l’inconnu, ainsi que de quitter mon confort.

À mon retour de fin de mission, le plus difficile a été de quitter les enfants et les locaux, car un lien important s’est créé entre nous.

Mes études ne me permettent pas de repartir pour le moment avec AIME, mais dès que possible, je souhaite retourner en Thaïlande pour revivre une expérience à leurs côtés.

Cette expérience est faite de hauts comme de bas, mais elle est dans son ensemble une expérience magique et inoubliable.