Mission: Togo 2012

Le témoignage d’Adrien

July 25, 2012 by Adrien Arnoux

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Voilà maintenant une semaine que nous cinq, membres de l’Assocation Internationale de Mobilisation pour l’Egalité (AIME), sommes arrivés au Togo rejoindre l’équipe sur place de la Nouvelle Vision du Monde (NVM). Après avoir longuement fait connaissance et passé la première nuit dans le centre d’hébergement de l’association, nous avons dès le lendemain, entamé les préparatifs pour le départ prévu trois jours plus tard dans le village d’Avedome Atchave: fournitures scolaires, préservatifs, soins médicaux; tous seront ajoutés à nos valises déja à moitié pleine de vêtements et autres accessoires. Une fois equipés, nous profiterons du reste de ces trois jours afin de visiter la capitale, approcher ses habitants, et s’immerger de plus bel dans cet autre monde. 

   Vendredi, alors que la matinée se découlait lentement sous les regards intrigués des habitants, le van arriva enfin devant les portes du centre. Alors commenca le chargement des douze volontaires et de leurs baguages respectifs. Car en plus de nous cinq, sept autres volontaires Togolais, y compris les deux responsables, participent au voyage. Une fois tout le monde en place, la voiture pu prendre la route, et ce evidement sous le ryhtme effréné des djambés soigneusement intercallés entre les voyageurs.

La route sera courte: en effet, seulement 1h30 sépare Avedome Atchave de la capitale. L’entrée au village s’accompagne d’une horne d’enfants déchainés et impatients de rencontrer ce qu’ils s’appellent les “yovo” (les blancs). A vrai dire, nous-mêmes sommes encore plus exités qu’eux. C’est sans aucun doute le début d’une experience inoubliable que nous nous apprêtons à vivre.

Avec le groupe principalement occupé à débattre sur l’organisation des trois prochaines semaines au sein de cette communauté, le week-end restera tranquille. Faute de temps, il sera entre autre décidé que notre rôle pendant ce séjour se limitera à la prévention, à l’enseignement, mais aussi au remplacement de la toiture des actuels batiments scolaires. Alors que la terminaison intégrale du projet de rénovation des trois infrastructures est repoussée à l’année prochaine, la construction des trois nouveaux bâtiments est jusqu’à nouvel ordre mise de coté. Comme on dit chez nous, il n’est pas noble d’avoir les yeux plus gros que le ventre..

   Sur une note plus personnelle, j’aimerais maintenant faire part à nos chers lecteurs de mes premières impressions et de l’ambiance qui règne non seulement au sein de notre groupe de volontaires, mais tout simplement dans ce village d’environ 900 habitants. Conscient que mon expérience ne peut encore témoigner objectivement, j’affirme cependant n’avoir encore jamais vécu quelque chose de tel dans ma courte vie. Dans le fond, là aussi était le but de ce séjour: découvrir!

Ma première impression concerne les habitants du village. En effet, malgré un mode de vie précaire, des conditions difficiles, et un manque important de matériel, la population reste avant tout joyeuse et conviviale. Certes, les traits des plus agés expriment une certaine fatigue, si ce n’est une certaine souffrance, mais cela n’empêche qu’une fois réunis sous les vibrations de chants traditionels, tous inlassablement dansent et chantent dans l’harmonie et la bonne humeur. Ici, ce ne sont pas les substances qui enivrent, mais la musique..

Deuxiement, j’ai pu observé qu’il y avait tout de même des règles assez strictes à réspecter, que ce soit pour nous, volontaires ou pour eux, habitants. De même, j’ai été surpris de voir à quel point le hiérarchie caractérise un aspect essentiel de ce village. Par exemple, les enfants se soumettent indiscutablement à l’autorité des plus vieux. En somme, on constate un certain conformisme, ou la déviance et le rejet n’existent tout simplement pas.

Enfin, comment ne pas mentionner la misère qu’entoure ces gens-là. Comment cette communauté, parmi tant d’autres en Afrique et dans le monde, peut-elle être autant délaissée et sous représentée par son gouvernement? A Avedome, seules la débrouille et la solidarité maintiennent les habitants en vie. Alors que presque aucun jour ne soit passé sans discuter de la situation politique entre nous, je reste cependant toujours sans réponse…

   Nous sommes encore qu’au début de notre séjour au Togo. Jusqu’a présent, tous les volontaires regorgent d’un enthousiasme et d’une volonté débordante, et bien que le cadre de vie soit rigoureux, nous continuous à fournir notre maximum, afin de combler les attentes des habitants. Reste maintenant à espérer que tout continue dans ce sens.
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   J’aimerais naturellement conclure ce court résumé en remerciant tous ceux qui ont participé sur Ulule, et qui nous ont permis d’atteindre notre pallier. Sans vous, le commencement du projet de rénovation n’aurait jamais été envisageable. Maintenant, il est évident que nous devons continuer la collecte pour voir encore plus grand. Si nous avons réussi ensemble à atteindre ces six cent euros, pourquoi ne pas viser mille? Il reste une dizaine de jours, donc continuez à partager notre page, à en parler autours de vous, et pourquoi pas à refaire un don du montant de votre choix.

Un grand merci au nom de toute l’équipe NVAIME. 

Adrien Orlowski.

Le témoignage de Margaux

July 21, 2012 by Adrien Arnoux

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À Avedome, le 21 juillet 2012,

Bonjour à tous,
Nous continuons notre périple au village d’Avedome où les djumbés continuent de rythmer nos journées…
Après une semaine de cours intensive, nous commençons peu à peu à prendre nos marques autant avec les élèves qu’au sein de la vie du village.
Nos matinées sont consacrées aux cours. Margaux, à la fois maitresse des CP2 et professeur de mathématiques et français aux 6e, n’en n’est pas au bout de ses peines ! Adrien, maitre de CE1 et professeur d’anglais en 3e, tente tant bien que mal d’inculquer les bases de la langue à ses jeunes élèves qui, indéniablement, ont de grandes lacunes. Après avoir constaté le retard sur le plan scolaire des élèves du village, le responsable du groupe de l’association locale NVM Jeff, a jugé bon d’assigner Pol à la classe de CE2. Malgré les difficultés, mais poussé par la soif d’apprendre des enfants, ce dernier assura les cours de géographie, histoire, mathématiques et français. En parallèle, Alexandre s’est appliqué avec Esso, une volontaire togolaise de NVM, à enseigner la géographie et le français aux élèves de CM2 ainsi que les mathématiques aux 5e. Martin, tout juste arrivé il y a deux jours sur le village, a été assigné aux CP2 et réalisa que ses élèves connaissaient ainsi de grandes difficultés à lire et à écrire. Introduit par Boris, volontaire togolais de NVM également, il prit rapidement en main sa classe. Le problème reste que la classe possède un niveau hétérogène, ce qui rend le cours complexe à assurer. 

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Il est important de préciser que, par manque de moyen, il y a plusieurs cours par classe. Les conditions sont précaires : toit délabré, banc en bois, moins de places que d’élèves …De plus de nombreux enfants ont des obligations de « travail » ce qui fait qui ne seront là que deux ou trois jours par semaines.
Nos lecteurs auront compris que la difficulté majeure encourue par les volontaires reste le niveau général des jeunes élèves, bien inférieur à la « moyenne ». Plus précisément, nous constatons de jours en jours que la communication à travers la langue est la chose la plus problématique, et qu’il nous fadra donc faire preuve d’innovation en ce qui concerne le français. Mise à part ça, il est évident que la motivation et l’envie d’apprendre exprimées par nos élèves rendent la tache pédagogique bien plus facile à entreprendre. En fait, nous éprouvons tous une détermination immense ainsi qu’une profonde conviction qu’un réel potentiel réside dans chacun de ces jeunes. Il faudra donc se battre afin qu’ils puissent un jour envisager une quelconque perspective d’avenir.

Nous avons aussi effectués, hier, une journée de sensibilisation sur le VIH/SIDA. Celle-ci se déroula à merveille. Nous nous étions séparés en trois groupes afin du faire du porte à porte à travers le village. Les villageois furent à l’écoute. Un des groupes à même réussi à réunir plus de 30 personnes autour du puit du village ! On se rend compte que les jeunes garçons ainsi que les femmes récemment enceintes sont plutôt bien éduqués. Il reste, malheureusement, tout de même beaucoup de villageois imaginant que le sida puisse se transmettre par envoutement ou sorcellerie… Le préservatif est ainsi apprécié par les femmes pour ne pas tomber enceinte mais est décrié par la population adulte qui y voit « un objet de prostitution », comprendre : un incitatif envers les jeunes à coucher un peu partout.

Mis à part ca, l’ambiance dans notre petit village est très sympa. Les corvées sont difficiles (eau, ménage, vaisselle et cuisine) et les horaires exigeants : réveil 6h pour la corvée eau et cuisine, 6h 30 pour les autres. Quelques différences de cultures ont ainsi crées de petits accrochages. Rien de grave, Ameyibos et Yovos font tout les efforts pour respecter le plus possible l’autre, avec une même volonté : réussir à crée un projet long terme entre le village et l’association NVM et AIME.

Nous discuterons d’ailleurs dans les tout prochains jours de la rénovation de l’école et de ce qu’il nous ait possible de faire avec l’argent récolté sur Ulule, ajouté aux propres fonds de AIME. L’idée n’est pas de construire le plus possible car nous souhaitons avoir des matériaux résistants, à bon prix. Et au Togo, tout ce négocie !

AGPEKAKALO à tous !

En direct du cybercafé de LOME,

Margaux Arnal