Mission: Vietnam 2014

SEMAINE 3 : La renaissance

September 12, 2014 by Anissa Rekhail

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LE  13 AOUT A HANOI

 The MUI NE story

Toujours dans l’attente de la réunion, on décide de casser notre désormais quotidien en s’offrant deux jours à Mui Ne. 5h de car un peu plus au Nord. Station balnéaire sur les côtes vietnamiennes. 34 degrés et petit soleil timide en prévision. On tente. En promesse : Plage, soleil, piscine et cocotiers à pertes de vue. « Ah Mui Ne ? Oui vous verrez c’est tiptop. Bon, notez qu’il y a quelques russes, mais on les remarque à peine ». Oui oui. A peine. Mui Ne : deuxième ville aux couleurs de la Russie au Vietnam après Nha Trang !

Mais en soit, le cadre est agréable. Des hauts sapins camouflent les grands complexes hôteliers qui fourmillent sur les plages et le charme des plages est conservé.

Ahhhh les vacances pour oublier les soucis.

Le petit hôtel au bord de la mer a fait son effet sur les étudiants assoiffés de vacances que nous sommes.

Seul le temps n’a pas résisté à nous défier. Une vague d’espoir (petit jeu de mot) avec quelques rayons de soleil à notre arrivée. Puis, de la pluie, encore et toujours.

Mais le fait est qu’on a trop rêvé de la piscine. Donc plouf : deux jours dans l’eau. Et ainsi, on appréhendait la réunion décisive du mercredi au village avec de nouveaux plans B, C, D,..Z en cas d’échec ; sans grande conviction d’un compromis intéressant pour l’asso.

Mercredi saint ?

Installée dans la piscine à 23h30 : je réfléchis.

Le nightbus qui nous ramène à Saigon : prévu à 1h du mat.

Départ de Saigon avec Mme Lien ainsi que les traducteurs pour Long hoà : prévu à 6h30.

Si mes calculs sont bons, avec 5h de route, on est juste. Juste à temps. Mais quand le car se fait attendre, ça devient tendu… Et ça m’énerve. Il est 1h36 exactement. On est assis sur nos valises, au bord de la route déserte, face à l’hôtel et la piscine à laquelle j’ai du faire mes adieux. Je m’impatiente : Mais il est déjà passé en fait ? Pourquoi sur le ticket il est écrit 23 : 53 alors que la nana de l’agence nous a confirmé 1h ? C’est quoi ce 23 :53 ? Je songe. On n’a pas géré. On va se retrouver coincés là toute la nuit … On aurait dû rentrer cet aprèm et ainsi être à l’aise niveau timing pour rester professionnels. Finalement, le car passe. Et nous voilà partis pour 5 heures de sieste (torture) dans un bus dirigé par un chauffeur kamikaze qui prend les sens interdits pour des raccourcis d’excellence.

Plus de peur que de mal, on arrive avec un léger retard au point de rendez vous avant notre départ pour Long Hoà. Pas lavés, pas changés, avec 2h de sommeil au compteur et une appréhension monstrueuse dans le ventre, nous ne sommes pas sereins à notre arrivée au village.  9h : rendez vous avec le  Comité du peuple  du village. Les tensions semblent déjà nettement moins apparentes qu’au premier rendez-vous. C’est à croire qu’une bonne fée serait passée par là … Ah mais oui, Madame Lien ! Après les discordes de la semaine passée, elle s’était longuement affairée au téléphone à convaincre le village de notre bonne foi et de notre flexibilité concernant  l’établissement des prêts. Cette marraine a permis aux cendrillons que nous sommes de rentabiliser nos nombreux kilomètres parcourus et ainsi, de mener à bien la mission ! Nous rentrons donc sur Saigon le sourire aux lèvres et l’esprit léger. Plus besoin de plan B, on pourrait donc continuer la mission comme prévu : rencontrer les familles pour étudier leurs projets et  les budgétiser, poursuivre les cours d ‘anglais avec les collégiens, distribuer les vélos ainsi que les livres commandés pour la bibliothèque, et ainsi tresser des liens avec ce village qui présente tout de même des habitants attachants que nous n’oublierons pas.

Et dès notre retour, on s’empresse d’annoncer la bonne nouvelle à Sabine, Marianne, Marion, Thu-An et Annabelle, qui s’inquiétaient pas mal du sort de la mission.

Happy Ending ! 

 

Samedi

De retour à Saigon, nous rencontrons la CEP  le 1er Aout pour notre étude du micro-crédit au Vietnam. Par CEP entendez Capital aid fund for Employment of the Poor Il s’agit d’une association semi formelle implantée au Vietnam qui établit des micro-crédit à échelle très large. Cette rencontre est détaillée dans notre rapport situé dans l’onglet “Evénement”.

Dimanche

Thu-An (aussi appelée Thuthu, Thu et pleins d’autres petits noms) atterrit en provenance de Paris. On avait rencontré Thu plusieurs fois avant le départ. En programme Cesem, cette jeune organisatrice au grand cœur est à l’origine de ce projet AIME. D’origine vietnamienne, son expérience ainsi que sa famille et ses contacts sur place lui ont permis de créer ce projet. Et aujourd’hui, c’est son birthday. Karaoké obligatoire pour fêter un tel évènement en Asie ! Soirée Au top.

Anissa

LE  14 AOUT A HANOI :

Après cette première semaine où nous avons pu faire connaissance les uns avec les autres, il est temps de débuter notre mission de micro-crédit. Au menu pour les trois jours que nous passerons au village : une réunion avec l’union des Femmes, des rencontres de familles… tout en continuant à donner des cours d’anglais aux enfants à l’école.

Le retour au village relève de l’aventure comme cette fois nous devons nous débrouiller sans traducteurs ni voiture. Le trajet en bus se passe plutôt bien… jusqu’à ce qu’on nous dépose au milieu de nulle part, à 20 km de notre maison d’hôtes, où nous avons dû batailler ferme avec le chauffeur, avec l’aide d’habitants du coin, pour le convaincre de nous déposer sur la rue où se trouve notre hotel. Celui-ci accepte finalement avant de nous laisser dans la bonne rue… mais toujours à 12 km de l’hotel. Tant pis nous prenons nos valises et nous mettons en marche. Finalement, après quelques dizaines de mètres, nous tombons sur un homme qui accepte de nous y conduire sur un tuk-tuk improvisé, à l’aide d’une remorque montée sur un scooter… Ouf, nous ne passerons pas la nuit dehors !

Le lendemain matin nous nous rendons à l’école afin de rencontrer l’Union des Femmes mais là surprise : personne n’attendait notre venue. Nous parvenons tout de même à rencontrer des représentantes de l’Union qui nous disent ne pas être au courant de notre projet et qui pensaient que nous étions uniquement là pour donner des cours aux enfants du village. Le projet semble en suspens, nous ne rencontrerons pas de famille cette semaine… Après un Skype avec la direction de l’association et Thu-An, à l’origine de la mission, nous décidons de rester pour cette semaine. Après tout, nous avons encore des cours à donner aux enfants.

Finalement, la tante de Thu-An qui a passé un bon moment avec le Comité du Peuple local au téléphone nous rappelle pour nous avertir d’un rendez-vous fixé au lendemain. Nous irons, après tout nous n’avons rien à perdre. En attendant, nous profitons de la soirée avec nos traducteurs qui ont décidé de rester avec nous pour la nuit et avec lesquels nous passons un bon moment. Le confort rustique de la campagne est beaucoup appréciable quand nous le passons en bonne compagnie.

Le rendez-vous avec le Comité du Peuple se déroule bien puisque si ceux-ci étaient bien au courant de notre mission, ils avaient semble-t-il bloqué l’information puisqu’il y avait certaines incompréhensions mutuelles sur ce que nous étions réellement venus faire à Long Hoa. Un mode de fonctionnement différent explique en tout cas que l’Union des Femmes n’ait pas été au courant de ce que nous souhaitions faire. Nous nous quittons avec le sourire, nous aurons une réponse le lendemain sur l’avenir à donner à la mission mais les signes sont encourageants.

Mais que cette mission ressemble à un grand huit tant nous passons d’un état à un autre suivant les jours ! En effet, le lendemain, le vice-président du Comité du Peuple local nous explique que des programmes de dons existent déjà et que le village n’aurait peut-être pas besoin de notre aide. Du moins c’est ce que nous croyons comprendre. Nous repartons donc pour Saigon dans la foulée, nous réfléchirons sérieusement aux suites à donner à cette mission.

Au final, après des discussions avec les autres membres de l’association, moi et Anissa nous décidons de rester au Vietnam, et ce afin de rencontrer différents organismes de micro-crédit qui pourraient nous orienter ou nous conseiller sur les suites à donner à la mission. Annabelle, dont le visa arrive à expiration, décide de poursuivre son aventure au Cambodge.

Bien nous en a pris puisque finalement le village nous a rappelé pour nous donner rendez-vous les semaines suivantes, ils semblent finalement interressés pour travailler avec A.I.ME ce qui constitue au final une très bonne nouvelle pour la suite de notre séjour ici.

Mais ceci est une autre histoire qui sera détaillée dans nos articles suivants.

Manu

SEMAINE 1: la découverte

September 12, 2014 by Anissa Rekhail

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LE 13 AOUT A HANOI,

Après déjà un mois de présence ici au Vietnam, voici venu pour nous le temps de partager notre expérience avec vous. De cette mission qui nous a fait passé par de nombreuses émotions, nous garderons tout de même un souvenir spécial, ne serait-ce que pour les cours d’anglais que nous avons donné aux enfants du village, très heureux de faire notre connaissance (et réciproquement d’ailleurs).

 

Revenons donc quatre semaines en arrière, un jeudi matin vers six heures, lorsque Annabelle, Anissa et moi nous retrouvons donc pour la première fois avant de partir au village. Nous sommes tout trois étudiants à l’école de commerce de Reims, Annabelle dans un programme différent du notre. Présents avec Anissa ici pour donner une dimension humanitaire à notre stage de fin de première année, profitant de l’opportunité ainsi offerte par A.I.M.E., nous avons été rejoints par Annabelle, qui étudie elle en Chine depuis maintenant un an.

 

Malgré l’heure matinale, notre enthousiasme suffit à effacer les effets d’une nuit écourtée, lors de deux heures et demi de route qui nous mèneront dans le village de Long Hoa, au cœur du delta du Mekong, entre palmiers,  bananiers, et circulation un brin désordonnée pour les Européens que nous sommes (le nombre de scooters  qui circulent ici impressionneront toute personne qui posera les pieds au Vietnam pour la première fois).

 

Nous arrivons enfin au village où nous sommes accueillis à l’école primaire par le directeur, le vice-président du Comité du Peuple local et un groupe de charmants élèves qui nous souhaitent la bienvenue en chanson. Après leur avoir offert des fournitures scolaires, nous nous rendons dans la maison d’hôtes qui sera notre logement pour les jours où nous serons présents au village. Le confort est rustique, mais qu’importe, l’important est ailleurs, nous ne passerons d’ailleurs pas plus de trois nuits par semaine ici.

 

Nous avons en revanche l’occasion de nous rendre compte assez tôt que nous ne pourrons pas vraiment agir tel que nous l’avions plannifié, que ce soit pour notre mission principale de micro-crédit ou pour nos missions annexes tels que les cours d’anglais que nous devons donner où on nous demande de ne pas adopter de discours trop politique. Par ailleurs, ces derniers sont limités à quatre matinées étalées sur quatre semaines, malgré notre souhait d’avoir un contact plus conséquent avec les enfants, notamment ceux de l’école primaire que nous ne reverrons finalement pas.

 

Tant pis, nous sommes aussi venus ici pour nous adapter à un autre mode de fonctionnement, et le premier cours avec les enfants nous fera par ailleurs oublier ces inconvénients. Malgré un niveau d’anglais qui nécessite l’aide de nos traducteurs – en même temps étions nous en droit de nous attendre à un niveau trop élevé pour des collégiens – nous passons une matinée très divertissante, apprenant surtout aux enfants des mots de vocabulaire grâce à des jeux auxquels ceux-ci sont très contents de participer. Les perdants nous gratifient d’ailleurs d’une chanson à laquelle les gagnants assistent tous sourires.

 

Après ces deux journées passées au village il est temps de rentrer sur Hô Chi Minh Ville, ou plutôt Saigon comme les locaux préfèrent l’appeler. Après deux jours où nous avons notamment pu déguster de la pieuvre et de la poitrine de truie ainsi que des sortes de gombos cuites au barbecue dans un restaurant traditionnel grâce au cousin d’un ami d’Annabelle, nous repartirons au village afin de débuter pour de bon notre mission, avec des rencontres prévues avec l’Union des Femmes du village mais aussi avec les premières famille.

 

La mission débutait bien, et nous étions tous contents d’être là.

     Manu