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Kusapín. Ce petit coin de paradis se mérite : il faut se lever tôt, prendre le bus, puis le bateau, quitte à subir les intempéries et à arriver trempés sur la plage, puis parcourir un village tout en escaliers et sentiers escarpés. Mais le jeu en vaut la chandelle : des plages de sable blanc, des palmiers bien sûr, une jungle verdoyante, et des maisons plantées au sommet des collines qui offrent des perspectives à 180°C sur la mer des Caraïbes.

Kusapin 2

Cela dit, le meilleur de nos quatre expéditions à Kusapín reste les rencontres avec les entrepreneurs candidats au programme : réunion d’information, inscription, étude de faisabilité et enfin lancement de la nouvelle promotion sélectionnée, quatre étapes riches en moments forts. 29 inscrits parmi lesquels le Comité de Sélection a retenu 22 bénéficiaires pour un montant total de prêts de 12 400$. La promotion Kusapín 2016 est donc la plus grande du programme depuis son commencement ! La remise des chèques s’est faite le samedi 2 avril, en présence de tous les heureux élus.

Promocion total 2

Pour partir à leur rencontre, nous allons naviguer par groupe solidaire, équipes de 3 à 8 entrepreneurs qui se soutiendront tout au long de l’année à venir et mettent en commun une épargne solidaire pour garantir le remboursement de leur prêt.

Las Costeñas – 700 $
Honneur aux femmes, avec ce groupe composé de cinq couturières de « naguas », la tenue traditionnelle Ngöbe, souhaitant investir dans l’achat de tissus pour leur activité. Zuleika Jimenez, Adriana Lopez, Argelica Chuito, Fidedigna Trottman et Claudina Miller sont des mères de famille fortement actives dans la communauté de Kusapín et qui ont de l’énergie à revendre.

Las Costenas

Ulire – 3200 $
Quatre entrepreneurs avec une grande motivation et aux activités dont la diversité est précieuse pour le programme. Feliciano Ellington gère en famille une « buhoneria » ambulante et son optimisme force le sourire (buhonero est le terme panaméen pour désigner les vendeurs de marchandises de type « bazar » : lampes torches, sacs à dos, rubans, etc.). Tanacio Jose est le premier ébéniste financé par Grandir Ensemble et l’argent du prêt l’aidera à obtenir une nouvelle machine pour répondre à la forte demande de ceux qui reconnaissent son expertise. Teofilo Sam Miguar, un des doyens de la promotion, gère deux activités bien représentatives de la vie à Kusapín : une boutique de diverses denrées alimentaires et un petit commerce de vente de carburant pour alimenter moteurs de bateaux et générateurs d’électricité. Des bateaux comme celui de Cenen Migar, qui fait l’aller-retour entre Kusapín et Bocas del Toro tous les jours pour transporter personnes et ravitaillement.

Ja Bobre Biti – 2500 $
Trois hommes, trois commerçants pleins de succès et qui ont constitué un groupe caractérisé par sa forte cohésion. Linares David tient une épicerie sur la plage devant l’école et semble ne jamais prendre de repos, toujours ouvert pour servir ses très nombreux clients, l’appui du prêt lui permettant de renouveler son stock avec de nouveaux produits. Mendes Archibold tenait déjà un bar et un local de vente de carburant, avant de se décider à ouvrir à son tour une épicerie en face de ses deux autres commerces. C’est pour renforcer son inventaire qu’il a sollicité un prêt. Antonio Quintero est fortement actif dans la communauté de Kusapín et s’est, pour sa part, éloigné de la zone déjà bien desservie de la plage pour installer à proximité de la municipalité une petite buvette : tout est déjà prêt, il ne lui manquait plus que quelques fonds pour acheter ses premières denrées alimentaires et boissons.

Ja Bobre Biti

Keberi – 1200 $
Ce trio est en fait un sextuor : Romulo Caito et son épouse, Tiburcio Lopez et son épouse, Donaldo Trotman et sa sœur. Sur les formulaires d’inscription, nous avons le nom des hommes mais les études de faisabilité nous ont montré à quel point ils fonctionnaient par paires. Romulo et son épouse viennent d’ouvrir une boutique sur la plage, et après quelques difficultés de gestion de leurs ventes à crédit, ont sollicité autant le prêt que l’accompagnement du programme Grandir Ensemble pour pouvoir repartir du bon pied. Tiburcio et sa femme gèrent en couple leur restaurant « Chibitichi », un nom qui signifie « Petit à petit » : avancer pas à pas est leur sage mentalité et ils sont désormais la cantine presque officielle des maîtres de l’école toute proche. Ils comptent également parmi les plus demandeurs de formation, notamment en comptabilité, que le programme leur fournira. Enfin, Donaldo Trotman a sollicité un prêt pour l’activité de sa sœur Maritza, une nouvelle épicerie/restaurant dans les hauteurs de Kusapín où toute la famille s’implique des grands-parents au dernier né. Tous étaient d’ailleurs là pour l’étude de faisabilité et tous attendent beaucoup du programme.

Kebery

Los visionarios – 3300$
Tous ces « visionnaires » se connaissent bien puisque, le matin, ils enseignent tous à l’école du village et se consacrent l’après-midi à d’autres activités productives. Heriberto et Gilberto Hooker sont même père et fils, gérant côte à côte respectivement une épicerie et un restaurant. Chacun a obtenu un prêt pour ajouter un élément de matériel nécessaire à son activité : nouvelle gazinière ou congélateur. Bernardino Smith tient déjà avec sa belle-fille une boutique dans les hauteurs mais doit augmenter ses revenus pour financer les études de ses fils à l’université. Cet entrepreneur dans l’âme a donc bâti un local sur la plage pour y ouvrir une épicerie et un commerce de produits frais, l’argent du prêt devant lui permettre d’y constituer un premier stock. Visiter Mariano Record fut allier l’utile à l’agréable : plein d’humour, il nous a accueilli dans sa demeure perchée au sommet d’une colline d’où la vue est imprenable sur la mer des Caraïbes et où il entretient le premier élevage de poules pondeuses de la communauté. La forte demande et l’expérience acquise au terme d’une première année d’activité l’ont convaincu d’investir dans l’achat de nouveaux poussins ce que l’argent du prêt rend désormais possible.

Sin nombre – 1500 $
Trois premières fois pour le programme avec ce groupe de jeunes entrepreneurs. Premier tailleur, en la personne d’Aquilio Taylor (un nom prédestiné et nous espérons pouvoir dire bientôt « My taylor is rich ») qui coud uniformes et tenues dans un petit local adjacent à sa maison. Pour augmenter son activité, il souhaite acheter du fil et du tissu en supplément et le Comité de Sélection a choisi de l’appuyer. Premier coiffeur et barbier, à la fois pour Grandir Ensemble et pour Kusapín, avec Dagoberto Trotman qui établira donc un monopole dès qu’il aura investi l’argent du prêt dans le matériel nécessaire. Enfin, le benjamin de la promotion, Hemer Migar, pourra ouvrir grâce à notre appui un commerce d’un type nouveau à Kusapín : une boutique de réparation d’objets électroniques, avec une photocopieuse et imprimante et proposant un service de recherche sur internet pour le compte des étudiants n’y ayant pas accès par eux-mêmes. En attendant de pouvoir proposer un véritable internet café !

Sin nombre

La réunion du 2 avril nous a donc permis de célébrer l’arrivée du programme dans une nouvelle zone de la comarca et de souhaiter le meilleur à notre belle promotion. Au programme : quelques rappels sur le fonctionnement du programme, l’intervention d’un entrepreneur couronné de succès et trois fois bénéficiaires de Grandir Ensemble, signature des contrats et remise des chèques, suivi d’un café et de quelques photos dans une ambiance à la fois sérieuse et plein de joie. Dans l’ensemble, nos nouveaux bénéficiaires sont très demandeurs de formation et de suivi, on a hâte de s’y mettre ! Surtout que ça nous donne un prétexte pour revenir au plus vite.

Pour l’instant, nous voilà de retour à Silico Creek d’où nous entamons l’approche d’une nouvelle communauté et où se déroulera bientôt le temps du suivi pour les entrepreneurs de notre village de base. Affaires à suivre…

Kusapin 1

Pour les amateurs de chiffres, voici un petit tableau récapitulatif de la Promotion Kusapín, sixième promotion d’entrepreneurs financés par le programme Nirien Waire (traduction de « Grandir Ensemble » en Ngöbere).

Nombre d’entrepreneurs 22
Montant total des prêts 12 400$
Montant moyen des prêts 564$
Pourcentage de femmes 23 %
Type d’activités 8 boutiques, 5 couturières artisanes et 1 tailleur, 3 restaurants, 1 élevage de poulet, 1 activité de transport maritime, 3 autres (ébénisterie, coiffeur et services électroniques).

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Sur le plan historique, la France et le Panama ont toujours entretenu de bonnes relations Dès 1879, alors auréolé du prestige de ses précédents travaux de percement du canal de Suez, Ferdinand de Lesseps lance le projet d’un canal interocéanique au Panama. En proie à de nombreuses difficultés, le projet se voit stoppé quelques années plus tard. Suite à de nombreuses négociations, un traité accordera aux Etats-Unis le contrôle et l’exploitation du canal de Panama.

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Les deux nations ont vu leurs liens se resserrer au cours de ces dernières années avec l’arrivée d’entreprises françaises, attirées par le double intérêt que représente ce pays : le potentiel de son marché intérieur et le positionnement de HUB régional pour les Amériques. Des groupes français sont engagés sur certains grands projets : métro (ALSTOM, TSO, THALES), 3ème pont de Panama (VINCI), Usine de traitement des eaux de la baie de Panama (SUEZ).

Il existe également une communauté de plus de 3 000 ressortissants français implantés au Panama, dont une partie développe des activités économiques sous forme d’entrepreneuriat.

C’est dans cette dynamique que s’est inscrit le projet de création de la Chambre de Commerce Franco Panaméenne (CCFP), sous l’impulsion de l’Ambassadeur de France au Panama, Philippe Casenave, et du chef du Service Economique Régional, Patrick Hervé. Son objectif : développer les liens et les opportunités commerciales tant au Panama qu’en France.

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AIME est reconnue par l’Ambassade de France au Panama comme la seule ONG française présente sur le territoire. C’est tout naturellement que l’association a été invitée au lancement officiel de la CCFP qui s’est déroulé le 24 Février à Panama City, à la résidence de l’ambassadeur de France au Panama, Philippe Casenave.

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Suite à plusieurs rencontres avec les dirigeants de la structure (Romain Dumont, Emmanuel Besserve, Arnaud Delcourt et de Renaud Dore) AIME et la CCFP décident de lancer un partenariat pour partager des contacts, de la visibilité et faciliter des actions communes sur le territoire.

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Nous sommes fiers d’apparaître sur le site de la Chambre de Commerce comme « alliés » : http://www.ccfrancepanama.com/aliados/

C’est le début d’une belle aventure !

Je suis arrivé le 17 février dans le village d’Avedome, dans la région de l’Ave à 60 km de Lomé. Le village est entouré de pistes de terre rouge et bordé par la brousse. J’ai quitté Paris en hiver et je me retrouve dans la grande chaleur humide.

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Village d’Avedomé

La première rencontre avec les habitants est chaleureuse. J’apprends mon premier mot en ewe, une des langues répandues au sud : « yovo » ce qui veut tout simplement dire blanc. Mon lieu d’habitation dispose d’une cour où évoluent chèvres et poules. A peine installé le chef et des notables du village viennent me rencontrer, j’observe et apprends les salutations d’usage puis j’explique la raison de ma venue. Je vais travailler à la mise en place d’une méthodologie relative à l’approvisionnement et à la gestion du Centre de Santé ainsi qu’à la formation du Gestionnaire. Le lendemain je rencontre l’infirmière du Centre appelée la Matrone. Mon intérêt est d’installer un climat de confiance régi par un rapport d’échange pour une bonne collaboration future.

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Stock au 18 février

Je découvre la cuisine locale, la bouillie de tapioca, le foufou (pate de manioc ou igname avec une sauce bien pimentée) ou encore le ablo (pate de maïs sucré). Je goûte aussi les boissons locales (avec modération bien sûr) que sont le vin de palme et le togo-gin.

Retournons à la mission ! Je rencontre dès le 29 février une jeune femme choisie par le village pour suivre la formation et devenir la Gestionnaire-Approvisionneur du Centre de Santé. C’est un beau challenge pour moi. Je dois former quelqu’un qui n’a jamais abordé les questions de gestion de stock et d’approvisionnement et dont la langue première n’est pas le français. Cela m’invite à me remettre en question et à gagner en souplesse. Je comprends rapidement que je me dois d’être quelque peu créatif en utilisant le français facile, des illustrations et des comparaisons imagées. J’invite également la jeune femme à expliquer ce qu’elle a compris aussi bien en français qu’en ewe afin de lui permettre de gagner en confiance. Au bout de presque un mois de formation je sens la motivation et la ténacité de la future Gestionnaire.

Après le travail, mon séjour est ponctué de visites dans le sud. La capitale Lomé bien sûr, mais également la ville de Aného et le lac Togo à la frontière béninoise ou encore la ville de Tsevie et son beau marché animé. Mes débuts au Togo sont prometteurs pour la suite !

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    Plage d’Aného

5 Février, bientôt un mois de présence à THIES. Il fait chaud, très chaud, « anormalement chaud pour la saison » me dit on…En tout cas pour un breton, il est clair que les 38° à 40° de l’après midi ne sont pas une habitude. Cela tourne même à l’épreuve. Mon Kho Lanta à moi. Me voilà donc, non pas bronzé…mais cramé. C’est certain, les écrevisses devaient trop me manquer.
Ma première semaine a été essentiellement consacrée à comprendre le fonctionnement de La Palabre, les projets tels que je vous les ai présentés dans mon premier message, les objectifs et intentions de cette belle association. La première chose qui m’a frappé c’est la capacité de dispersion de tous, les idées foisonnent et leur surabondance freine le propre développement de chacune. Il s’agissait donc pour moi de formaliser dans un document de synthèse une présentation claire des axes stratégiques, des objectifs et de travailler à leur planification. De sensibiliser Khady et les adhérents aux impératifs auxquels il faut s’astreindre pour avancer.
Je suis intervenu quelques soirs avec les jeunes qui encadrent l’école du soir en m’occupant des 6ème et 5 ème. Cette école fonctionne, elle pourrait être encore plus pertinente. Mais sur cette base, nous avons, avec Ibou (le coordinateur) et Saliou (le responsable des animateurs), travaillé sur la planification d’une démarche de progrès. Nous y œuvrons au quotidien depuis et une nouvelle réunion de travail est prévue dans 15 jours pour faire un premier point de situation. Le plus simple étant traité, il fallait s’attaquer au plus gros dossier : Le CMDD

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Saliou, responsable des animateurs de « l’école du soir » devant les CI et CE

Mais, sans nul doute, la priorité absolue de La Palabre consiste à rendre opérationnel son centre d’accueil et d’hébergement, de formation et d’insertion économique et sociale de femmes victimes de violences. Il pourra, à termes, accueillir une trentaine de femmes. Ce centre est également destiné à devenir la plaque tournante de l’association. Sa construction a démarré en 2009, il est construit, quasiment fonctionnel, mais le dossier n’avance plus. Sans lui, l’avenir de l’association devient fragile. Il s’agissait donc pour nous d’œuvrer à la relance du projet. De mobiliser toutes les énergies sur ce thème.
Sans finance, il paraissait bien difficile d’apporter une quelconque perspective aux membres de l’association. C’est la raison pour laquelle, grâce à Sabine POMPEY de AIME, que je remercie sincèrement pour l’aide qu’elle m’a apporté, nous avons pu lancer une campagne de Crowdfunding. Chaque versement nouveau, est vécu avec beaucoup de joie par les membres de La Palabre…Car avec peu, on peut faire tant ici.
Mais bien que sans argent, nous avions au moins des bras, et c’est donc quotidiennement que nous allons travailler sur le terrain du centre pour en embellir les extérieurs (et il y avait du taf !), laver les pièces, salles, couloirs et douches… gratter les reliquats de béton laissés indélicatement par le maçon peu scrupuleux…, clôturer le terrain…Il y a tant à faire ! Mais grâce à quelques belles opportunités que nous avons su saisir, les résultats sont probants, le moral remonte, chaque jour est une sorte de succès que nous aimons partager et qui nous porte pour continuer.

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Avant

Après

Au 5 Février

Sans argent, nous avons des bras…Mais nous avons également un cerveau ! Depuis la deuxième semaine de ma présence, nous avons activé des ONG et associations locales. L’idée : Nous avons du terrain et de l’eau…Nous recherchons des compétences et des sources de financement pour aller vers l’autosuffisance économique. C’est ainsi que devrait se signer cette semaine 2 partenariats qui devraient permettre très vite de transformer encore le centre…Mais de cela, je vous en réserve l’information pour un peu plus tard. Quand les protocoles seront signés.

De son côté, Khady qui a rejoint Dakar pour travailler avec son ONG, ne chôme pas non plus. Elle multiplie les rencontres. Là encore, les choses semblent avancer positivement. Nous envisageons un rapprochement avec le RADI, ONG locale qui connait bien le public visé, sait l’encadrer…Le RADI voit en notre centre une réelle opportunité pour certaines des femmes qu’ils prennent en charge avec des financements associés.

A l’intérieur du centre, nous avons démarré les travaux pour l’installation de la cuisine transitoire. Ils devraient se terminer dans la semaine…Mais à la mode sénégalaise….Notre préoccupation du moment est l’équipement de base pour une salle de formation et une à deux chambres. Nous y travaillons et là encore Khady a peut être trouvé une piste auprès d’un ONG à Dakar…Mais de cela je vous parlerai également plus tard.

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Les travaux de la cuisine transitoire sont en cours depuis le début de la semaine

Pour terminer cet article, je souhaiterais vous faire partager ce vent positif et constructif qui est revenu auprès de tous à La Palabre. Une nouvelle énergie qui nous transporte avec envie et bonne humeur en constatant nos progrès quotidiens.
Cet éclat soudain porte un autre nom : L’espoir.
L’espoir d’y arriver grâce à toutes les bonnes volontés. Et si vous lisez cet article, c’est que vous en faites partie. Merci donc à vous et à plus tard pour la suite de nos aventures sénégalaises.

AIME et la coopérative SOLARY se lancent dans une nouvelle aventure à Kusapín, un village de la comarca Ngöbe-Buglé qui se trouve en bord de mer. Pendant deux jours, Arnoldo, le gérant de la coopérative de Silico Creek et Mariane, membre de AIME, sont allés à la rencontre des habitants pour présenter le programme de micro-crédit Grandir Ensemble.

JUSTINE CHAUVIN

KUSAPÍN

C’est grâce à Yin Gallego, le vice-président de la coopérative SOLARY que les habitants de Kusapín ont entendu parler du programme de prêt. Cela fait un an que cet ancien habitant de Silico Creek vit ici avec sa femme et son fils. Il est donc l’intermédiaire entre Silico Creek et Kusapín. Avoir un appui local est une condition sine qua non pour lancer le programme dans un nouvel endroit « c’est l’un des points extrêmement importants pour pouvoir communiquer avec la population et avoir une bonne entrée en matière avec la communauté » confirme Mariane. Et Yin est un atout majeur. En plus de porter lui-même le projet de micro-financement, il est prédicateur de l’Église du Christ de Kusapín. Ce qui lui confère une légitimité et une crédibilité non négligeable vis-à-vis de la communauté. Car les habitants ne connaissent pas l’ ONG et parfois n’ont même pas entendu parler de Silico Creek. Kusapín est excentré, accessible uniquement par bateau et assez éloigné des villages où l’association a déjà travaillé.

Mais la visite a été productive: « globalement on a eu des retours qui sont vraiment très positifs, se réjouit Mariane, il y a plusieurs personnes qui souhaiteraient participer au programme et d’autres ont laissé ça pour plus mûre réflexion ». En deux jours, les trois acolytes ont discuté avec une vingtaine de personnes sous forme d’entretiens informels qui ont pu durer une dizaine de minutes ou parfois près d’une heure ! Leur but est de faire connaissance avec les habitants et de présenter le programme. Mais il faut s’armer de patience et ne pas avoir peur de se répéter des dizaines de fois. Le fonctionnement du programme peut au premier abord paraitre complexe. Les taux d’intérêts soulèvent une première interrogation « évidemment les entrepreneurs sont globalement peu habitués. Ils ont souvent besoin de plusieurs exemples de prêt pour comprendre de manière concrète combien ça leur couterait ». Le deuxième point qui pose problème est le fonctionnement des groupes solidaires, un concept qui inquiète certains « les personnes demandent : jusqu’où je m’engage auprès de l’autre membre du groupe s’il ne paie pas, quelle est la taille des groupes, avec qui je dois me mettre… Généralement, ce qui prend le plus de temps est de leur faire comprendre que c’est primordial ».

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De g. à d. Arnoldo, Mariane et Yin

Une expérience de taille pour le programme

C’est un changement pour l’association qui, jusqu’à présent, n’a travaillé que dans des communautés de taille modeste, de moins de 1 000 habitants. Silico Creek, le premier village où le programme a été implanté, compte 500 habitants alors que Kusapín en a environ 3 000 et possède une école primaire, un collège, un lycée et même une petite université, ce qui est encore rare pour un village de la Comarca. Il y a même l’électricité et une zone avec wifi en libre accès. Et malgré sa position géographique excentrée, c’est l’une des capitales de la région de Ñö Kribö (une des trois régions de la Comarca Ngöbe-Buglé). L’économie locale est aussi plus dynamique avec des commerces déjà bien développés et structurés. Mais le programme peut tout de même leur être utile « ce sont des personnes qui ont tout autant besoin de crédit, qui sont tout autant coupées des structures financières classiques voire même plus de par l’éloignement géographique et qui finalement sont tout à fait dans la cible du programme » précise Mariane.

La sélection risque d’être serrée. Le nouveau fond de financement de AIME s’élève à 9 000 $ et les prêts délivrés sont compris entre 100 $ et 1 000 $. Hors il semblerait que la  majorité des entrepreneurs souhaitent emprunter la somme maximum, soit 1 000 $. Ils risquent donc d’y avoir des déçus car les habitants de Kusapín sont nombreux à vouloir participer au programme.

La prochaine étape est une réunion d’information début mars. Mariane et Arnoldo auront donc la chance de retourner dans cet endroit paradisiaque pour une petite semaine. En plus de faire une présentation officielle du programme, les personnes intéressées pourront remplir un formulaire pour fournir des informations personnelles et professionnelles. Ce qui servira ensuite de base à la direction de la coopérative pour les sélectionner.

Une nouvelle affaire à suivre…

Portrait d'Arnoldo

Arnoldo Aguilar a 25 ans et vient de Silico Creek. Il a fait des études de tourisme et a été choisi par la direction de la coopérative SOLARY pour être le nouveau gérant. Il a pris ses fonctions le 18 janvier dernier.

Rencontre avec ce nouvel acteur incontournable dans la vie de la communauté.

  • Que faisais-tu avant de devenir le gérant de la coopérative SOLARY ?

Avant d’être gérant, j’étais volontaire pour AIME et je suis toujours guide touristique local. Je travaille pour URARI, l’organisation de tourisme rural communautaire de Silico Creek, pour laquelle j’accueille les touristes et j’organise les activités touristiques dans le village.

  • Pourquoi as-tu postulé au poste de gérant ? 

Je pense que quand tu as fait des études, ton savoir peut servir à ta communauté aussi bien au niveau social qu’économique. J’ai donc postulé à ce poste parce que j’ai toujours rêvé d’être utile dans mon village et auparavant j’avais déjà eu l’opportunité de collaborer avec la communauté sur le programme de micro-crédit Grandir Ensemble. Donc quand il y a eu l’offre pour le poste de gérant, je me suis tout de suite motivé et grâce à Dieu, j’ai été élu par la majorité de la direction de la coopérative !

  •  Comment as-tu réagi quand tu as su que tu avait été retenu ? 

Ça a été une surprise parce qu’il y avait deux autre personnes qui postulaient. Quand Mariane m’a annoncé la nouvelle et bien je me suis dit que le poste était pour moi et que ça allait être une opportunité pour faire évoluer la coopérative et bien sur une opportunité personnelle et professionnelle pour moi.

  • Et concrètement en quoi consiste ton travail ?

D’une part je travaille pour la coopérative SOLARY : administrer tous les biens, être en communication avec les membres, et d’autre part sur le programme de micro-crédit dont je suis responsable pour le suivi et tout le processus de sélection pour choisir les entrepreneurs. Et aussi une partie de la comptabilité : registre, factures, achats, amélioration de l’infrastructure, recherche de nouvelles « fenêtres » économiques. Et il y a aussi ma collaboration avec l’organisation URARI.

  • Peux-tu m’expliquer le lien entre la coopérative SOLARY et l’ONG AIME ?

En tant que coopérative nous gérons le fond financier récolté par l’ONG AIME. Donc nous sommes bénéficiaires du fond et AIME se charge d’amener de nouveaux volontaires pour s’occuper, avec moi, du suivi des entrepreneurs, de la comptabilité et de choisir de nouveaux emprunteurs. Et la coopérative met ses services à disposition pour que tout le monde travaille dans de bonnes conditions.

 

COOP

 

  • Cela fait une semaine que tu as commencé ton nouveau travail, comment te sens-tu ? 

Heureux parce que je fais ce que je pensais faire avant d’avoir ce poste. Je travaille plus mais pas seulement à cause de mon salaire, j’ai déjà travaillé comme bénévole. Et maintenant que j’ai un petit revenu mensuel ça me motive encore un peu plus. Mais je suis surtout motivé pour faire grandir cette institution.

  • Et tu as aussi plus de responsabilités…

Oui, il y a plus de responsabilités. Il faut suivre les promotions précédentes d’entrepreneurs de AIME, sélectionner de nouveaux emprunteurs, chercher de nouvelles personnes susceptibles de participer au programme. C’est plus de travail mais c’est un travail d’ équipe donc ça me va et j’aime beaucoup être occupé ! J’ai l’impression de GRANDIR, et c’est d’ailleurs le nom du programme : GRANDIR ENSEMBLE.

  • Tu as donc commencé à travailler avec Mariane ?  

Oui, on a travaillé ensemble la première semaine. On s’aide mutuellement, il y a des choses que je sais et qu’elle ne sait pas et inversement dans l’organisation du travail, la comptabilité, l’informatique, des nouveaux logiciels. Ça a été une bonne semaine pour nous.

Mariane et Arnoldo à la coop

 

  • Et qu’as-tu fait pendant cette première semaine ? 

On a tout organisé, planifié sur l’année à venir et fixé les objectifs à atteindre. Je pense qu’on a très bien commencé. En février, nous allons au village de Kusapin, un village de la Comarca situé sur la côte, pour implanter le programme de micro-crédit parce qu’il y a des personnes qui sont venues à la coopérative de Silico Creek pour savoir si on pouvait financer leurs projets.

  • Tu penses rester à vivre à Silico Creek plus tard ? 

Ce n’est pas forcément nécessaire d’aller dans une ville pour avoir des opportunités. J’ai toujours pensé que l’opportunité était ici et que j’allais m’enraciner ici. Bien sur, je sais qu’il y a des moments difficiles liés à la situation économique du village mais comme je dis toujours aux autres « la patience est amère mais le fruit qu’on en retire est doux ». Les bonnes choses peuvent tarder à venir mais la tempête passe ensuite. Je suis donc prêt à affronter toutes ces étapes car je suis très content de mon nouveau travail.

 

 

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Dimanche dernier, c’était le grand jour tant attendu pour les nouveaux entrepreneurs du village Pueblo Nuevo. D’abord la signature de leur contrat, un acte symbolique important et surtout la remise des chèques par AIME représenté par Mariane et les membres de la coopérative SOLARY. Le programme Grandir Ensemble compte maintenant officiellement neuf entrepreneurs supplémentaires. Parmi les projets financés, il y a six épiceries. Ce qui peut sembler beaucoup mais Pueblo Nuevo est un village relativement grand qui compte à peu près 1 500 habitants. Une boutique d’artisanat va aussi ouvrir ses portes, la propriétaire Estela Viagra confectionne des « nagua », ce sont des robes traditionnelles Ngöbe-buglé. Et à cela s’ajoute un élevage bovin et une boutique de vêtement.

Remise du chèque

Mais l’après-midi n’a pas débuté tout de suite par ces formalités. Car il était impératif de garder l’attention de tous pour une formation sur la gestion de son entreprise, la comptabilité et surtout pour remettre clairement à plat les conditions d’obtention du prêt. Un peu d’impatience pouvait se faire sentir chez certains. Et à cela il faut ajouter que le rétroprojecteur ramené de France par Mariane n’a malheureusement pas pu servir… Mais malgré cette difficulté technique, Eduardo et Mariane ont su gardé leur audience en haleine, il y avait même des personnes présentes qui ne faisaient pas partie du programme. La venue de Leonardo, un entrepreneur de Silico Creek, a été aussi un bon atout pour stimuler ce moment de formation. Cet homme d’une cinquantaine d’années fait partie de la première sélection du programme Grandir Ensemble. Il est vendeur ambulant, un « buhoneria » et a tellement bien géré son affaire en 2013 qu’il a pu faire deux autres prêts en 2014 et en 2015. C’était donc la bonne personne pour parler à de nouveaux arrivants dans le programme. Il a évoqué les difficultés qu’il a pu rencontrer et a donné des astuces pour gérer au mieux la comptabilité.

Leonardo, entrepreneur confirmé

Le public attentif de Leonardo

Car n’oublions pas qu’en règle générale et ce dans tous les pays, devenir entrepreneur n’est pas simple. Et même si la plupart des Ngöbe-buglé sont allés à l’école, aucun n’a bénéficié d’études supérieures…

 

Alors avec le point théorique et l’exemple concret donné par Leonardo, ces nouveaux entrepreneurs sont maintenant armés pour lancer leur propre affaire. Et ils sont loin d’être abandonnés car le suivi personnalisé commence dès la fin du mois.

 

Les nouveaux entrepreneurs de Puebla NuevoC’est donc une affaire à suivre …

Une histoire sénégalaise

January 25, 2016 by Bertrand Le Metayer

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11 Janvier 2016, me revoilà au Sénégal, non pour une semaine ou un mois de vacances, mais cette fois ci pour 3 mois, à THIES, ville que je ne connais pas.

Je suis accueilli à l’aéroport par Khady et Anto. Khady sera mon hôte pour cette période, elle est également l’initiatrice et l’élément moteur de « La Palabre ». AIME a souhaité apporter son soutien et son aide à cette association créée en 2006. Me voici donc en place depuis 15 jours dans ce pays baigné de soleil, de vie, de bruits et empreint d’une culture d’échanges, de partages et d’amitiés plombée parfois par le poids considérables de ses nombreuses traditions et de sa pauvreté.

La Palabre a pour but de faciliter l’intégration sociale et économique des populations vulnérables et à la défense des droits humains en donnant une grande priorité à l’éducation. La Palabre est engagée dans cette lutte par des moyens non violents contre toutes formes de violence et toutes sortes de pratiques traditionnelles néfastes à la santé des femmes et des enfants, en particulier les mutilations génitales féminines (En 2010, 26% des filles entre 15 et 49 ans avaient subi des MGF…Et oui !) et les mariages d’enfants.

L’activité de l’association s’articule autour de trois axes : La mise en place d’une première « école du soir » qui accompagne les jeunes dans leur devoir scolaire pour éviter leur sortie prématurée du système. La création d’une cellule d’animation et de sensibilisation dont la vocation est de parcourir les collèges, lycées et universités du pays pour aider à la prise de conscience et mobiliser les esprits sur la nécessité du changement autour de ces pratiques. La création, dans le village de Dakhar M’Baye, près de Thiès) d’un centre d’accueil de formation et d’hébergement pour les jeunes filles et les jeunes femmes victimes de violence.

Toutes ces activités ont été initiées, certaines avec plus de succès ou de régularité que d’autres ; L’absence de formalisation et de planification, de moyens bien sûr en étant la cause première. L’école du soir fonctionne tous les soirs et la cellule d’animation et de sensibilisation intervient de façon épistolaire dans certains établissements. Seul, le centre, bien que construit (mais pas tout à fait fini) n’accueille encore personne, si ce n’est la trentaine d’enfants en âge préscolaire du village voisin.

Un dernier point pour tout bien comprendre : Si Khady est là, tout le monde arrive et les dossiers avancent ; En son absence, tout le monde disparait…Sauf l’école du soir fort heureusement !

Pour démarrer le blog il me fallait vous décrire le contexte ! C’est fait.

Le prochain article sera dédié aux actions mises en œuvre depuis 15 jours, et je l’espère aux quelques premiers résultats… A bientôt !

Hier après-midi, le Comité de Sélection du programme Grandir Ensemble s’est réuni à Silico Creek pour choisir les projets qui seront financés lors de la prochaine promotion d’entrepreneurs. Cette réunion fait suite au travail d’information, d’inscription et d’études de crédit qui a été effectué par les volontaires de l’association AIME et les membres de l’équipe locale dans le village de Pueblo Nuevo.

 

Le Comité de Sélection est formé de huit personnes:

–       le Président de la coopérative Solary

–       trois membres du Comité de Crédit de Solary

–       trois volontaires de AIME présents sur le terrain

–       un représentant du village où s’est effectué la sélection

 

A 15h pétantes, la réunion commence. Nous avons 12 projets à étudier, et 6000$ à répartir entre les différentes demandes.

 

Chaque projet est présenté par l’un des analystes de crédit ayant effectué l’entretien : personnalité de l’entrepreneur, nature du projet, montant du prêt demandé, capacité de remboursement… Les critères de sélection pris en compte sont économiques (capacité de remboursement de l’emprunteur, viabilité), sociaux (impact pour le foyer et nécessité de financement) et environnementaux (respect de la nature et de la culture locale).

 

Suite aux questions et discussions qui soulèvent parfois quelques débats, un vote est effectué pour savoir si la décision est favorable ou non, et pour quel montant (financer en totalité ou une partie seulement du montant demandé).

 

Au total, 10 entrepreneurs ont été financés, répartis en 2 groupes solidaires et une organisation communautaire.

 

Voici les résultats :

tableau entrepreneurs

La prochaine étape sera d’organiser une réunion pour l’octroi des chèques et la première journée de formation des entrepreneurs. Les futurs volontaires assureront ensuite le suivi de ces entrepreneurs pendant une période d’un an (puisque les prêts seront remboursés sur 12 mois)

 

Encore une fois, nous vous tiendrons informés !

 

Dominique HOOGHE est un “jeune” retraité militaire , âgé de 57 ans ! Depuis l’année 2010, il anime les jeunes dans les milieux sportifs au sein d’un service  qui se consacre aux sports dans la ville de Mouscron en Belgique (il est animateur et breveté moniteur d’escalade et de tir sportif).

 

Toutefois , sa vie professionnelle antérieure s’est vue “projetée” sur le continent Africain durant de long ou court séjour dans le cadre d’interventions humanitaires ou de formation technique , telles au Zaïre en 1978 (à Kolwezi , Lubumbashi , Likasi et Kipushi dans l’actuelle RDC) , en Ethiopie de 1985 à 86 au sein du Comité International de la Croix-Rouge ( pont et ravitaillement aérien lors des famines en Erythrée) et en 2006 , de nouveau en RDC dans les villes portuaires de Boma et Matadi afin d’assurer des transports sur Kinshasa d’où le suivi de dispenser une formation de reconversion dans le milieu de la Logistique à d’anciens “enfants” soldats !

 

C’est naturellement qu’il s’est engagé pendant son congé de juillet 2015 à nous rejoindre ou du moins à se joindre auprès de sa fille Lindsay déjà impliquée dans le cadre humanitaire au sein de notre association . De prime abord dans le souci de reconnaître les lieux  d’une future action à Ban Tha Song Yang (dans le Nord de la Thaïlande) en faveur d’orphelinats (animations et amélioration des infrastructures pour “enfants réfugiés”, venus de Birmanie et issus du peuple Karen).