Les Chroniques d’Isabelle – Les premières semaines chez ApiAfrique

Les Chroniques d’Isabelle – Les premières semaines chez ApiAfrique


MERCI.
 
Merci à vous tous de m’accompagner, à mes enfants d’accepter, à mes amis de comprendre, à ma famille de m’encourager. 
Merci de me donner cette énergie et votre amour. Je vous emmène avec moi.
 
 
Apiafrique a été créé il y a 4 ans par Marina (Française) et par Abdoulaye, son mari Sénégalais.
L’idée est partie de France, et il s’est imposé comme une évidence que le concept pouvait être transplanté au Sénégal, là où tout prenait un sens.
Cette entreprise solidaire fabrique et commercialise des couches culottes et des protections féminines lavables.
Oui je sais … Ça manque de glamour mais l’objectif est multiple. Et puis vraiment les produits sont colorés, bio, vraiment sympa. Un petit coup d’oeil dans le magasin ?
 
 
Avant tout, c’est créer des emplois surtout auprès des femmes, déclarés et rémunérés, premier pas vers une indépendance économique qui fait cruellement défaut. Ensuite, l’objectif est écologique car ces mêmes produits jetables produisent 1 à 2 tonnes de déchets non recyclables (50 produits chimiques qui mettent environ 450 ans à se dégrader).
Et enfin, « the last not the least », Apiafrique ce sont également des programmes de formation et d’information pour les femmes… Sur des sujets qui les touchent de près.
 
L’entreprise s’est développée rapidement, passant de 5 couturières à 25 en seulement 3 ans. Donc d’une structure artisanale à une PME. Les règles de bonne gestion en mode artisanal ne peuvent plus s’appliquer et le virage est dangereux. Notamment au niveau des Achats et de la Gestion des stocks… D’où ma venue.
 
Par rapport à mon précédent voyage au Sénégal, tout est différent.
 
D’abord le climat. J’arrive vers la fin de l’Hivernage, la saison des pluies. Et en effet, de grosses pluies torrentielles s’abattent sur le Pays assez régulièrement. Je n’avais jamais vu de pluies au Sénégal, jamais non plus tout ce vert, ces arbres, ces lianes et ces fleurs…. Je suis gâtée !
Mais la Chaleur ! Cette canicule est très difficile à supporter. 32° avec 95% d’humidité c’est un ressenti d’environ 38°.
 
Bizarrement, moins de moustiques ici qu’à Chanas ! 
 
Mon hébergement également. Une vraie chambre avec un vrai lit et même la clim ! Alléluia ! Une vraie salle d’eau et des toilettes avec l’eau courante…. Non il n’y a pas d’eau chaude ! Mais aucune importance (pour le moment).
Une cuisine avec frigo, cuisinière à Gaz, Micro-onde ! Je suis vraiment vernie ! La semaine, en journée, je partage les autres pièces (salon, bureaux) avec le personnel administratif d’ApiAfrique. Mais le soir et le week-end, je suis chez moi dans un grand appart bien équipé et bien situé (500 m de l’océan). J’ai même une magnifique terrasse couverte de 100 m2.
 
 
Les jeunes femmes (elles ont entre 19 et 30 ans environ – les 2 dernières photos) avec lesquelles je travaille sont pour la plupart vraiment très belles, dévouées à Marina et à ApiAfrique. Lors d’un retour de voyage de Marina, elles l’ont fêté à leur façon, en chantant et en dansant ! Un vrai spectacle en pleine journée. Elles sont si spontanées, et rieuses, que parfois, juste de taper un rythme sur une table avec 2 stylos les fait jaillir de leur siège pour danser. J’avoue que j’adore….
 
Cela fait 3 semaines que je travaille ici maintenant et avec celles que je forme (elles sont 3 ou 4) se noue un lien spécial… Elles savent je pense, avec cette intuition fine, que je répondrai à presque toutes leurs questions. Alors tous les sujets qui les touchent sont abordés… Et l’un des premiers ? La contraception ! Le 2ème ? Les belles mères ! 
A cette occasion, je saisis des brides d’histoires personnelles, des drames également…. 
La plupart sont mariées, ont des enfants. Mais pas toutes. Et si on creuse un peu, on apprend qu’elles sont seules à soutenir financièrement toute leur famille.
 
Certaines décident, volontairement, d’être la 2ème épouse car c’est moins contraignant. Elles ne sont pas obligées de participer à toutes les cérémonies, de s’occuper de leur belle-famille et donc d’être sous la coupe de leur Belle-mère (eh oui ! La revoilà !). D’autres encore ne trouve pas l’époux sénégalais qui renoncera à la polygamie et qui acceptera qu’elles travaillent. Alors elles préfèrent rester célibataires.
 
Je bouge le week-end dès que je le peux. 
Toubab Diallow d’abord où je rejoins Paco, que j’avais rencontré lors de mon premier voyage et qui a une grande maison sur les hauteurs, avec vue sur la mer … Et sur des couchers de soleils somptueux et rougeoyants.
 
Quelle joie de le retrouver ! Nous passons la soirée dans un bar au bord de la plage, donc les pieds dans l’eau… Ce n’est pas une image ! Le soir, la marée monte et les vagues submergent la terrasse. Mon fauteuil s’enfonce de 20 cm brutalement dans le sable mais je reste, les fesses et l’honneur au sec !
 
Le Week end suivant sera La Somone, cet entrelac de canaux qui a donné vie à tout un parc naturel fait d’eaux saumâtres et de mangroves.
 
A cette occasion, je fais plus ample connaissance avec Mamadou, un chauffeur de Taxi qui me sert de guide également.
 
La visite est magnifique. Nous voyons des vols de Pélicans Blancs, des aigrettes, des sternes, des goélands, de grands hérons prennent leur envol mollement et nous pourrions presque les toucher, tellement ils sont peu farouches.
 
L’endroit où je vis, au-dessus de l’atelier d’ApiAfrique se situe à Ngaparou, une petite ville de pêcheurs très calme, à la croisée des chemins de la Somone, de Mbour, et de Saly. Cette dernière station très touristique et balnéaire est le repaire des expats. Beaucoup de Toubabs donc. Mais le Covid a frappé ici aussi et il y en a beaucoup moins. 
Mais le soir, dans les bars branchés ou les boîtes, il y a toujours cette même scène de très jeunes femmes, très belles, très maquillées et très court vêtues, entourant des occidentaux ridés, chauves et bedonnants.
 
Mes « filles » à moi me paraissent alors plus courageuses et déterminées que jamais.
Même si, pour le moment, et concernant ma vie en dehors de l’entreprise c’est plutôt elles qui me prennent sous leurs ailes. Par exemple, Elles m’entrainent voir un exorcisme au centre du village. C’est un rassemblement incroyable autour d’une place. Et au centre, la famille et les amis, en costume de fête, au son du tamtam entêtant d’un groupe mené par un chamane, vont danser, les uns après les autres ou tous ensembles, entourant leur fils ou petit-fils, leur frère ou leur neveu, pour aider celui qui est possédé. De plus en plus fort, de plus en plus vite…. Cela durera 3 jours et nuits ! 
 
Je vous embrasse. Prenez soin de vous.
 
Isabelle.

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