Else (suite) : « Ces 4 mois m’auront permis de commencer à découvrir la culture Karen, l’histoire de ce peuple et beaucoup de belles personnes ! »

Else (suite) : « Ces 4 mois m’auront permis de commencer à découvrir la culture Karen, l’histoire de ce peuple et beaucoup de belles personnes ! »


TMK c’est quoi ? TMK est un « village », tout près de Pho Pra, en Thaïlande, à la frontière birmane. TMK s’est construit autour de l’école et pour l’école : environ 500 élèves de tous les âges (de la maternelle aux premières années d’enseignement supérieur) y vivent, loin de leur famille, afin d’avoir accès à un bon niveau d’éducation.
A l’exception de quelques uns, ils sont tous karens (leur ethnie) et birmans (leur nationalité). Ils vivent dans des dortoirs et chacun est assigné à une corvée chaque semaine (cuisiner, vider les poubelles, nettoyer les salles de classe…). Les plus jeunes (une quarantaine d’enfants) vivent dans une maison, gérée par BeeBee, une dame avec une énergie débordante et un humour ravageur !
La plupart des élèves ne rentre chez eux que pour les vacances d’été même si certains peuvent rentrer plus régulièrement, leur village étant plus accessible.
Quelques familles vivent aussi à TMK, principalement des enseignants.
Et des bénévoles qui sont là pour plus ou moins longtemps : certains sont présents depuis des années !
Donc TMK peut se résumer à quelques dortoirs, quelques maisons, 2 petits magasins d’appoint, une église, 3 noodle shop (petits restaurants), des terrains de sport (foot, volley et badminton) et bien sûr l’école…
…mais ce serait trop facile de résumer TMK à ses bâtiments !
Une semaine type à TMK ?
Les journées sont bien remplies avec les cours et leur préparation. Je ne suis pas prof, n’ai pas vraiment d’expérience dans ce domaine et l’anglais n’est pas ma langue maternelle : j’ai donc besoin de temps pour préparer mes cours ! Je m’appuie sur les livres à disposition (beaucoup plus nombreux que je ne pensais !) et sur les « collègues », bénévoles comme moi. Peu d’entre nous sont profs mais on s’entraide autant que possible et on apprend les uns des autres.
Les premiers cours sont une découverte, autant pour les élèves que pour moi ! Je donne des cours d’anglais à des classes de grade 9 et grade 10, l’équivalent du lycée en France, les élèves ont entre 15 et 20 ans pour la majorité. Les niveaux d’anglais sont très variés dans un même groupe et c’est une vraie difficulté pour moi : ne pas « lâcher » ceux dont le niveau est le plus faible et que ceux qui ont un bon niveau ne s’ennuient pas… Mission quasi impossible les premières semaines où je suis seule devant des groupes de 30 ou 40 élèves. Mais j’ai rapidement du renfort et on peut donc diviser les groupes, ce qui nous permet de travailler avec chacun, c’est plus confortable et efficace pour tout le monde !
Je participe, comme les autres bénévoles, au « Night Study », 3 soirs par semaine. Les étudiants plus âgées ont 2 heures pendant lesquelles ils font leur devoir, travail de groupe, révision… Nous venons pour les soutenir, les aider, répondre à leurs questions… et ce sont aussi de très beaux moments partagés avec eux, des discussions, des échanges, des rires, des jeux. J’apprends à les connaître, à connaître leur histoire, leur culture.
La vie à TMK c’est bien sûr les cours mais pas seulement, loin de là ! C’est aussi le partage du quotidien du « village », rythmé par le marché du mardi à Pho Pra, les messes (ils sont baptistes), les fêtes (Noël, Saint Valentin, fête de fin d’année, les anniversaires…), les « sorties » (cascade, villages en Birmanie…).
Je vis avec 4 personnes dans ce qu’ils appellent, la guesthouse. Nous sommes 4 bénévoles originaires de partout dans le monde (Nouvelle-Zélande, Inde et France) et une étudiante Karen. Les échanges sont donc déjà très riches !
Quand je ne suis pas à l’école, je suis à la guesthouse ou à Special, maison où vivent les enfants les plus jeunes. A la guesthouse, nous sommes souvent installés sous le porche d’entrée où les uns et les autres (enfants, étudiants ou adultes) passent quelques secondes, quelques minutes ou quelques heures. C’est souvent l’occasion de beaucoup discuter et rire !
A Special, je discute avec BeeBee et joue avec les enfants. Ils m’ont de suite adoptée et leurs sourires me font craquer à chaque fois !
Je suis présente pour le dernier trimestre de l’année scolaire et aide donc aux examens (préparation, surveillance et correction). Et le jour J je suis stressée pour chacun de « mes » élèves, soit plus d’une centaine, imaginez le stress !
Et c’est avec fierté, même si je n’y suis vraiment pas pour grand chose, que je suis présente à leur cérémonie de remise de diplôme.
Ces 4 mois m’auront permis de commencer à découvrir la culture Karen, l’histoire de ce peuple et beaucoup de belles personnes ! Malgré ce qu’ils ont pu vivre (la misère, la guerre, l’exil, l’éloignement de leur famille…), ils affichent tous un magnifique sourire et ouvrent leur cœur avec une facilité déconcertante… Ils partagent tout les uns avec les autres, rien n’appartient à quelqu’un mais à la communauté. On peut donc arriver chez quelqu’un et demander à manger ou prendre une douche (ce qui nous arrivera pendant quelques jours alors que notre salle de bain est hors d’usage!) sans que cela ne surprenne, et c’est presque étrange pour eux que nous demandions !
La vie y est donc simple (dans le plus beau sens du terme) et paisible. Le moment le plus difficile aura été de partir ! Mais j’ai quitté TMK quelques jours après la fin de l’année, beaucoup d’élèves étaient déjà partis dans leur village pour les vacances d’été. Les aurevoirs auront donc été plus faciles. Et je suis surtout partie enrichie de cette expérience de vie : je ne pense pas me reconvertir dans l’enseignement, en revanche, c’est une expérience personnelle superbe. Je pense à leur bienveillance, leur curiosité de l’autre, leur envie d’apprendre, leur capacité à rire de tout, tout le temps.
Au moment où j’écris ces mots, je suis encore immergée dans cette manière de vivre et cela me paraît évident de vivre ainsi mais cela le sera certainement moins à mon retour en France… J’espère réussir à garder dans mon quotidien une partie de cela et le partager !

Else Souchard.

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