Romain : « Aujourd’hui je peux dire que ce qui peut paraître comme un choc culturel peut se comprendre et apporter une autre vision de la vie si on prend le temps d’ouvrir son esprit à ce que nous voyons »

Romain : « Aujourd’hui je peux dire que ce qui peut paraître comme un choc culturel peut se comprendre et apporter une autre vision de la vie si on prend le temps d’ouvrir son esprit à ce que nous voyons »


Avant mon départ :
J’avais quelques appréhensions avant mon départ car c’était la première fois que je faisais du volontariat. Quel comportement dois-je adopter ? Comment communiquer avec les enfants pour moi qui ne parle pas thaïlandais ? Quel est le contexte de mon départ ?
Autant de question auxquelles AIME a su répondre durant la journée de formation au départ organisée le 5 février 2019. Cependant, et malgré toutes les informations apportées par AIME, je n’arrivais pas à me projeter et visualiser quelles seraient mes missions à Baan Unrak.

Mon arrivée à Baan Unrak :

Il m’aura fallu deux jours pour arriver à Baan Unrak car l’horaire d’arrivée de mon avion et ceux des bus interurbains ne me permettaient pas d’arriver à Kanchanaburi avant le dernier bus pour Baan Unrak. J’y ai donc passé la nuit pour arriver le lendemain matin.

A Baan Unrak, Didi, la directrice du site, attendait mon arrivée. En effet, Didi ayant eu connaissance de mon expérience en animation, j’étais attendu pour pouvoir accompagner un groupe d’enfant en camp d’été à Klaeng (à côté de Rayong, en bord de mer) où de nombreux jeux sont proposés par les volontaires. Mon expérience dans l’animation faisait de moi, à leurs yeux, un « expert » en jeux !
Il m’aura néanmoins manqué quelque chose à mon arrivée : un accueil. L’accueil dont j’ai bénéficié s’est limité à me montrer ma chambre. A ce moment là, j’aurai souhaité que quelqu’un m’explique un peu le fonctionnement de la structure (Où manger et à quelle heure ?

Où se passe la méditation et à quelle heure ? Qui sont les autres volontaires ? Quelles règles doivent respecter les enfants vivant à Baan Unrak ? Peut-on visiter la structure ?…) et sur ce que je pouvais faire, concrètement pour Baan Unrak. Avec toutes ces questions en suspens et Didi qui m’a semblé éviter toute conversation pouvant répondre à mes questions, je me suis senti un peu perdu les premiers jours.

Un mois à Baan Unrak :

Le camp d’été à Klaeng m’a permis de faire connaissance avec une vingtaine d’enfant. La vie au camp imposait plus de proximité avec les enfants contrairement à Baan Unrak où les enfants ont tendance à rester dans leurs chambre et sont donc plus difficile à croiser.
De nombreux jeux et tournois rythme nos journées. Nous prenons le temps de faire quelques visites, de profiter de la plage et de participer à Songkran (la fête de l’eau) qui a lieu partout dans le pays. Les enfants de Baan Unrak semblent être bien perçus par la population qui n’hésite pas à leurs offrir quelques fruits à grignoter, l’accès gratuit à certaines visites où même un dîner !

Côté nourriture, j’ai du m’habituer au riz matin, midi et soir accompagné de divers légumes, protéines de soja et épices. C’est très bon à manger, mais à la longue la monotonie de la composition des plats pèse sur le moral. Heureusement, la plupart des volontaires, dont moi-même, mangeons de temps à autre à la Bakery : le restaurant végétarien de Baan Unrak.

Cela permet de varier un peu les menus et d’y apporter une note sucrée. Les autres volontaires se sont organisés pour faire leurs propres petit déjeuner « européens » dans les habitations prévus pour eux. Quant à moi, j’ai préféré faire tous les repas avec les enfants, même celui du petit déjeuner (à quelques exceptions près bien sûr).

 

Durant ma mission de volontariat, j’ai été amené, suite au camp d’été, à encadrer un concours de dessin organisé à l’échelle nationale pour promouvoir l’accès à l’éducation pour les femmes. Le thème, « the empowerment », n’était pas facile à expliquer aux enfants, surtout en anglais. Cette activité m’a permis de rencontrer les enfants qui n’étaient pas venus à Klaeng. Cette activité m’aura également permis d’exploiter mes compétences en dessin puisqu’en France, je donne des cours de dessin à des enfants.

Je trouve enfin ma place à Baan Unrak, même si je ne sais pas toujours quoi faire pour me rendre utile. L’aspect de ce concours de dessin qui m’a le moins plus réside dans le fait que Didi (ayant reçu des aides financières de sponsors), à demandé aux enfants qui avaient déjà mis tout leur cœur à dessiner, de recommencer si le dessin ne correspondait pas à ses attentes. Selon Didi, le nom de Baan Unrak est en jeu et les dessins doivent refléter l’image de la structure. A mon sens, c’est là que le concours de dessin a perdu son aspect pédagogique et ludique. J’ai cependant été surpris de voir que beaucoup d’enfant acceptaient et même demandaient à recommencer leur dessin.

Au quotidien, les enfants sont relativement autonomes. Les deux temps forts et cadrés de la journée sont les temps de méditation du matin et du soir. Le reste du temps, durant ce mois de vacances, les enfants s’étant acquittés de leurs tâches ménagères du matin sont libres de faire ce qu’ils veulent. Ce sont donc des enfants pleins de ressources et autonomes qui évoluent dans cette structure. Cependant, les conflits ne sont pas rares, et quand cela arrive, il
n’y a malheureusement personne pour intervenir. Les conflits n’empêchent pas les enfants de se témoigner des gestes d’affection tels des membres d’une même famille.
J’ai pu observer beaucoup de gaspillage alimentaire de la part des enfants. Dès qu’un fruit n’est pas parfait, ils le jettent. De plus, il reste souvent de la nourriture que les enfants jettent à la poubelle. Je me demande si quelqu’un a déjà entrepris de sensibiliser ces enfants au gaspillage alimentaire ?

Pour résumer, voici quelles ont été mes principales missions à Baan Unrak :

_ Encadrement et animation d’un camp d’été à Klaeng
_ Participation à l’écriture d’un article sur le camp d’été pour le blog de Baan Unrak
_ Accompagnement des enfants dans leurs tâches ménagères
_ Mise en place d’un concours de dessin
_ Ecriture d’un article sur le concours de dessin pour le blog de Baan Unrak
_ Vente de produits de la Bakery au marché local de Songklaburi

_ Initiation du rangement de la bibliothèque
_ Encadrement des enfants lors des activités spécifiques (trek, baignade,…)
_ Conception d’accessoire photo (avec les enfants) et prise en photo de l’équipe de la Bakery pour le site internet

 

Mon départ de Baan Unrak :

Mes derniers jours à Baan Unrak, j’ai vraiment pu apprendre à connaitre les enfants qui y vivent. C’est pourquoi, même si j’avais hâte de voyager dans le pays, ce fut douloureux de quitter toutes ces personnes auxquelles je me suis attaché durant ce mois. J’ai été touché de voir que je comptais pour certains enfants et que j’allais leurs manquer. Tous m’ont demandé si je reviendrai. Alors sans pour autant en faire la promesse, je leur ai dit que c’était plus que
possible que je revienne. Ne serait-ce que pour leur dire bonjour !
La veille de mon départ, je me suis retrouvé dans le bureau de Didi. J’avais espéré faire un petit bilan avec elle mais un long silence s’est installé à la place. Je ne cherchais pas forcément une quelconque reconnaissance, juste un bilan de mon passage sur la structure et quelques pistes pour améliorer les missions des prochains volontaires d’AIME. Mon départ fut à l’image de mon arrivée, un petit « merci » fébrile, et c’est fini.

 

 

Pourquoi je recommande Baan Unrak aux autres volontaires :

Cette expérience m’aura permis d’approfondir ma réflexion sur l’éducation faite aux enfants en France mais également de prendre du recul face à cette dernière.   

Les enfants de Baan Unrak sont attachants. Ayant une longue expérience dans l’animation, j’ai souvent été confronté aux « au revoir » de fin de séjour et je pensais être habitué à cela. Mais cette fois-ci je me suis retrouvé confronté à des enfants pour qui je faisais partie de leur vie. Et puis, je me sentais chez moi à Baan Unrak. Le meilleur souvenir que j’en garde est cette sortie à la rivière. Il y avait cet arbre gigantesque que les enfants escaladaient pour pouvoir sauter de l’une de ses branches. Je dirai que la hauteur était d’environ 6-7 mètres. Par deux fois j’ai sauté en tenant la main d’enfant « pour leur donner du courage ». Par deux fois, le don de courage a été réciproque car 7 mètre, c’est haut quand même ! Ces deux enfants, fières de ce qu’elles avaient réalisé se sont senties plus fortes, et moi aussi par la même occasion. C’est un souvenir que je n’oublierai pas de si tôt.
Alors si d’autres volontaires veulent tenter l’expérience de Baan Unrak, sachez que malgré les bouleversements et les sentiments de perdition que cela peut engendrer, c’est une expérience que je recommande vivement. Et surtout n’attendez pas que cette expérience change votre vie. Elle le fera à coup sûr, mais pas de la manière dont vous espériez qu’elle le fasse. Alors le mieux, c’est de la vivre, tout simplement.

 

Si vous voulez en savoir plus sur l’expérience personnelle de Romain et sur ses motivations à partir en volontariat avec AIME, nous vous invitons à consulter ses deux articles son site internet 

https://www.letempsdureve.org/2019/07/15/faire-du-volontariat-international-est-un-acte-egoiste/

https://www.letempsdureve.org/2019/04/03/pourquoi-partir-en-mission-humanitaire/

 

 

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