Jérémie : « Les enseignants sont profondément respectés au sein de la société birmane »

Jérémie : « Les enseignants sont profondément respectés au sein de la société birmane »


Je m’appelle Jérémie, j’ai 25 ans et j’ai eu la chance de partir à Mandalay (Myanmar) pour une mission de service civique de huit mois grâce à l’association ‘AIME’ en tant que professeur de sciences sociales. J’ai travaillé à Phaung Daw Oo, une école monastique fondée en 1993 par le moine U Nayaka, et qui assure l’accès gratuit à l’éducation à tous ses élèves. Celle-ci se distingue des autres écoles étatiques du pays, puisqu’elle se concentre sur le développement de l’esprit critique des étudiants, plutôt que sur l’apprentissage par cœur du contenu proposé (à l’instar de ce qui est fait dans les écoles étatiques au Myanmar).

Photo de classe avant mon départ, décembre 2019

Il y a toujours un décalage entre ce que l’on lit et ce que l’on vit. Mon premier contact avec ce pays fut en ce sens particulièrement dépaysant. Là bas, l’esprit de communauté est particulièrement présent, à tel point que le concept d’ « intimité » est bien souvent mal compris. On se rend compte immédiatement des nombreuses différences culturelles entre nos deux pays : le rapport aux gens,  l’aspect religieux, la gastronomie, le climat, le mode de vie, etc.

Repas traditionnel Shan avec les collègues et autres volontaires du programme, juin 2019

Si cette mission n’était pas ma première expérience éducative, ce fut néanmoins la première fois que j’ai pu enseigner les sciences sociales à des classes de plus de 20 jeunes adultes (de plus de 18 ans). L’anxiété des premiers jours a vite laissé place au plaisir, puisque les élèves m’ont accueilli avec un immense respect. En effet, les enseignants sont profondément respectés au sein de la société birmane. J’ai ainsi fais tout mon possible pour leur fournir des bases en économie, mais également en histoire-géographie. Par exemple, j’ai eu le privilège d’aborder avec eux l’histoire contemporaine leur propre pays (qu’ils ne connaissaient pas ou peu), la colonisation en Asie, la guerre froide, les guerres mondiales, etc.

Photo de classe durant Thadingyut, une fête traditionnelle pendant laquelle on rend hommage aux professeurs, octobre 2019.

Bien entendu, tout n’était pas facile au quotidien. Il fallait par exemple s’armer de patience face aux difficultés liées à la barrière de la langue. Les élèves n’étaient pas habitués à poser des questions en anglais, ou à demander des explications sur des points qu’ils ne comprenaient pas. Cependant, petit à petit, il fut de plus en plus facile pour moi de deviner quand il fallait que je revienne sur certains points. Par ailleurs, les coupures de courant quasi-quotidiennes m’ont également habitué à être réactif et à ne pas me fier exclusivement à mes présentations PowerPoint (ex : organisation de Times Up, de débats, de travaux de groupes, etc).

Photo avec des élèves et d’autres professeurs du PCP à la suite d’un tournoi entre les différents programmes de l’école, juillet 2019.

Nous avons également effectué des voyages de classe et de nombreuses activités extra-scolaires tous ensembles, qui m’ont permis de tisser des liens très forts avec mes collègues et mes élèves. Je me souviendrais toujours de cette belle aventure collective à laquelle j’ai eu la chance de participer. Malgré les obstacles rencontrés, il s’agit d’un de mes plus beaux accomplissements personnels que d’avoir pu leur partager mon savoir et mes expériences. Je retournerais, pour sûr, dans ce magnifique pays à l’avenir.

Photo de classe lors d’une randonnée dans l’Etat Shan, juin 2019

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