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Promotion 2015 : Let’s go !

September 25, 2015 by Mounir Rahmi

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20.09.2015.

Trois mois après le lancement officiel de l’édition 2015 de « Grandir Ensemble », 7 entrepreneurs ont pu recevoir leurs prêts allant de $350 à $1000.

Si 3 mois ont été nécessaires pour voir les sourires sur les visages de nos entrepreneurs, ils n’ont malgré tout pas été de tout repos pour nos volontaires et spécialement pour Kevin. En effet, depuis le début de son intervention, Kevin a été en charge du lancement de la campagne, de la rencontre de l’ensemble des candidats et enfin de la sélection des entrepreneurs avec le comité de sélection, composé de membres d’URARI et de la coopérative SOLARY.

La remise des chèques a été précédée par une première présentation, chaleureuse, de nos volontaires et de leurs aptitudes à l’apprentissage de Ngöbere et d’une autre, plus sérieuse, par le président de Solary sur le programme de micro-crédit et ses avantages, les engagements qui lui sont liés.

Tous ensemble ont pu ainsi s’attabler autour d’un repas amical et riche pour célébrer le lancement de la troisième édition de notre partenariat avec la coopérative SOLARY.

Néanmoins cette année, nos objectifs sont autant ambitieux que notre équipe de volontaires est motivée. Fort de notre expérience des deux éditions précédentes, nous envisageons dans un premier temps d’étendre le processus de sélection à d’autres communautés Ngöbe de la Comarca mais également optimiser les processus, tant de sélection, de gestion, que de suivi.

Cette édition sera ainsi d’autant plus spécifique cette année que la promotion 2015 du programme « Grandir Ensemble » ne sera pas issue d’une seule sélection. Ainsi d’autres vagues de sélections vont avoir lieu cette année, d’une part pour redonner une chance à ceux dont le dossier nécessite d’être revu, et d’autre part pour voir notre projet s’étendre à d’autres communautés.

Affaire à suivre.

 

Vivre la Thaïlande

August 10, 2015 by Flore Faveyrial

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Vous raconter le mois passé à Ban Tha Song Yang en Thailande du Nord semble au premier abord compliqué. Tellement de pensées, de souvenirs me viennent à l’esprit que je ne sais par où commencer.

Du lundi au vendredi nous étions au Safe Haven Learning Center pour enseigner l’anglais de 9h à 15H aux enfants de l’école des migrants, tandis que la majorité des autres enfants de l’orphelinat pouvaient se rendre à l’école Thaïlandaise du village.

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Le soir en rentrant à l’orphelinat de Safe Haven nous organisions des activités ludiques et pédagogiques pour les enfants où nous aidions à donner à manger aux plus petits et à les laver. Les journées étaient bien remplies.

Les enfants de l’orphelinat sont 40 du plus petit Sunday (parce qu’il est arrivé un dimanche) âgé de 3 mois au plus grand actuellement en étude à l’Université de Chiang Mai.
A l’orphelinat comme à l’école des migrants, ils sont Karen. Soit Karen des montagnes Thaïlandaises soit Karen de Birmanie. Ils parlent Karen et pratiquent la religion 7 Days Adventice avec le Sabbat tous les samedis matins.

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Tasanee dirige l’orphelinat et Gloria dirige l’école des migrants. Les deux établissements sont séparés par une route faisant 3 km.

Nous nous devons d’appeler l’école des migrants « Learning Center » car le gouvernement thaïlandais bien qu’il ne s’oppose pas à ces mouvements ne souhaite pas que le terme « école » soit employé pour en parler. Ces classes de migrants restent des endroits très pauvres où les enfants qui y étudient bénéficient, bien souvent, de peu de choses. Pour tout vous dire, le Learning Center où nous aidions était complètement caché par la jungle et ses arbres. Presque impossible en passant sur la route de penser qu’une école pouvait s’y être installée.

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Les relations entre les enfants de l’orphelinat et du Learning Center et nous les volontaires se sont bien déroulées. Les enfants demandent beaucoup d’attention, ils sont heureux que nous puissions prendre le temps de faire des activités avec eux. Les sourire et les rires ne trompent pas.

L’accueil dans les deux endroits fut des plus chaleureux : on entre dans une grande famille ouverte d’esprit, accueillante, joviale et surtout souriante. Ce n’était pas simplement un orphelinat tenu par Tasanee ou une école tenue par Gloria, dans les deux endroits, si différents soient ils l’un de l’autre, nous y retrouvions cette chaleur humaine et ce travail que font les STAFF pour aider les enfants et leur assurer un futur, un avenir.

Les Karen ont une culture bien à eux tout comme leur langue. Ce fut très intéressant de parler avec eux de leurs ressentis face au nettoyage ethnique réalisé en Birmanie, face aux neuf camps de réfugiés situés en Thaïlande, face aux dernières nouvelles avec le « ping-pong humain » sur les Rohyngas. A chaque discussion avec Gloria, Tasanee, Nickhome ou Chom j’apprenais sur leur passé, sur leurs peurs, leurs besoins, leurs envies et leurs rêves. Je n’ai pas les mots pour expliquer à quel point j’ai appris.


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Les semaines sont passées relativement rapidement, le départ approchant les au revoir sont toujours très douloureux. Il a fallu dire au revoir mais sans dire adieu parce qu’une chose est certaine, je reviendrai.

Flore

 

Hello Mae Sape Tai

May 27, 2015 by Laurie Monge

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Tableu !! ( Bonjour en Karen)

a y est enfin une connexion internet digne de ce nom et un peu de temps pour écrire un article ! Il faut dire que ça n’est pas gagné à Mae Sape Tai, petit village perdu au milieu de la jungle, sans réseau ni connexion internet (enfin …. si… à l’école juste un ordinateur, quand il ne manque pas le clavier ou quand il n y a pas de coupure d’électricité).

Je suis très bien accueillie dans une famille du village par Mugga et Patti (Madame et monsieur en Karen). Ici on se sent tout de suite chez soi, les gens sont genereux, sourient tout le temps, la vie est simple. Ici on PREND LE TEMPS ! (ça sera le maitre mot de ce séjour). Andy me présente un peu tout le monde, je visite l’école, c est ici que nous enseignerons environ 2h par jours (entre une sieste , une partie de chasse, de pêche ou de cueillette…). On explique le projet au prof de notre classe (Currot). C’est pas évident évident car le niveau d’anglais ici est très bas même pour les profs.

Nous allons donc mettre en place un échange entre une classe française et une classe de Mae Sape tai (ils sont 10, entre 10 et 13 ans). Tout sera axe autour d’une lettre dans laquelle les enfants se présenteront, ainsi que leur famille, leur école, leur nationalité… (5 points obligatoires). Ensuite ils auront a choisir 5 autres points dans une liste pour pousser un peu plus loin la presentation (food, timetable, sports, like/ don’t like, house, work in future, animals, etc.).

Nous commençons donc le travail en imprimant un modèle de lettre pour qu’ils puissent un peu comprendre, lire (ils ont beaucoup de mal car l’écriture latine n a rien a voir avec l’écriture thai) ce qu’on leur demande. On est 3 profs dans la classe Andy, Currot et moi , et c’est bien ce qu’il faut pour les traduction en thai => english et english => thai.

La manière d’enseigner est bien différente de chez nous. Debout et en choeur a chaque debut de cours : “GOOD MOOOORNING TEACHER !”. Ici  les enfants sont en uniforme (le vendredi en tenue traditionnelle), sortent et rentrent de la classe un peu comme ils veulent (les profs aussi d ailleurs, s ils veulent un cafe, une petite sieste ou discuter ils s’en vont le temps qu’il leur faut), ça rigole tout le temps, le prof aussi, ça chahute … mais ça apprend quand même ( on prend le temps ). J’en connais plus d’un qui auraient aimé l’école dans les villages Karen (moi la première) ! On galère un peu avec Andy pour leur faire apprendre le vocabulaire (les devoirs à la maison n existent pas tellement non plus), mais ça va le faire, la motivation est la et les enfants sont adorables !

J’aurai voulu vous mettre quelques photos mais les miennes tiennent trop de place. Je vais en poster quelques une sur le groupe de AIME sur Facebook pour ceux qui peuvent y avoir accès. A bientôt avec des photos cette fois ci !

Laurie

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Qui n’a jamais rêvé de découvrir Madrid, Naples ou Budapest ?

AIME vous offre la possibilité de traverser l’Europe avec la plus grande course humanitaire française organisée à ce jour : le Jailbreak !

Le concept est simple : vous avez 36h pour arriver dans l’une de ces trois grandes villes européennes.

Vous participez à cette course par équipe de deux et vous n’avez qu’une seule contrainte : ne pas dépenser d’argent en transport. Armé de votre plus grand sourire, comptez sur la bienveillance des habitants du coin et d’un kit de survie, vous vivrez l’une des expériences les plus marquante de votre vie.

Cette course humanitaire permettra, grâce aux sponsors démarchés par AIME et par les équipes participantes, de financer la construction d’un centre de santé au Togo.

Nous vous donnons donc rendez-vous le 14 mars au matin sur la place d’Erlon de Reims pour le lâcher des aventuriers !

Pour suivre toute l’actualité du Jailbreak 2015, rejoignez la page AIME Reims sur Facebook.

Et pour sponsoriser ou soutenir l’évènement : aime.rms@gmail.com.

 

Que le JAILBREAK 2015 commence !!jailbreak

 

 

SEMAINE 3 : La renaissance

September 12, 2014 by Anissa Rekhail

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LE  13 AOUT A HANOI

 The MUI NE story

Toujours dans l’attente de la réunion, on décide de casser notre désormais quotidien en s’offrant deux jours à Mui Ne. 5h de car un peu plus au Nord. Station balnéaire sur les côtes vietnamiennes. 34 degrés et petit soleil timide en prévision. On tente. En promesse : Plage, soleil, piscine et cocotiers à pertes de vue. « Ah Mui Ne ? Oui vous verrez c’est tiptop. Bon, notez qu’il y a quelques russes, mais on les remarque à peine ». Oui oui. A peine. Mui Ne : deuxième ville aux couleurs de la Russie au Vietnam après Nha Trang !

Mais en soit, le cadre est agréable. Des hauts sapins camouflent les grands complexes hôteliers qui fourmillent sur les plages et le charme des plages est conservé.

Ahhhh les vacances pour oublier les soucis.

Le petit hôtel au bord de la mer a fait son effet sur les étudiants assoiffés de vacances que nous sommes.

Seul le temps n’a pas résisté à nous défier. Une vague d’espoir (petit jeu de mot) avec quelques rayons de soleil à notre arrivée. Puis, de la pluie, encore et toujours.

Mais le fait est qu’on a trop rêvé de la piscine. Donc plouf : deux jours dans l’eau. Et ainsi, on appréhendait la réunion décisive du mercredi au village avec de nouveaux plans B, C, D,..Z en cas d’échec ; sans grande conviction d’un compromis intéressant pour l’asso.

Mercredi saint ?

Installée dans la piscine à 23h30 : je réfléchis.

Le nightbus qui nous ramène à Saigon : prévu à 1h du mat.

Départ de Saigon avec Mme Lien ainsi que les traducteurs pour Long hoà : prévu à 6h30.

Si mes calculs sont bons, avec 5h de route, on est juste. Juste à temps. Mais quand le car se fait attendre, ça devient tendu… Et ça m’énerve. Il est 1h36 exactement. On est assis sur nos valises, au bord de la route déserte, face à l’hôtel et la piscine à laquelle j’ai du faire mes adieux. Je m’impatiente : Mais il est déjà passé en fait ? Pourquoi sur le ticket il est écrit 23 : 53 alors que la nana de l’agence nous a confirmé 1h ? C’est quoi ce 23 :53 ? Je songe. On n’a pas géré. On va se retrouver coincés là toute la nuit … On aurait dû rentrer cet aprèm et ainsi être à l’aise niveau timing pour rester professionnels. Finalement, le car passe. Et nous voilà partis pour 5 heures de sieste (torture) dans un bus dirigé par un chauffeur kamikaze qui prend les sens interdits pour des raccourcis d’excellence.

Plus de peur que de mal, on arrive avec un léger retard au point de rendez vous avant notre départ pour Long Hoà. Pas lavés, pas changés, avec 2h de sommeil au compteur et une appréhension monstrueuse dans le ventre, nous ne sommes pas sereins à notre arrivée au village.  9h : rendez vous avec le  Comité du peuple  du village. Les tensions semblent déjà nettement moins apparentes qu’au premier rendez-vous. C’est à croire qu’une bonne fée serait passée par là … Ah mais oui, Madame Lien ! Après les discordes de la semaine passée, elle s’était longuement affairée au téléphone à convaincre le village de notre bonne foi et de notre flexibilité concernant  l’établissement des prêts. Cette marraine a permis aux cendrillons que nous sommes de rentabiliser nos nombreux kilomètres parcourus et ainsi, de mener à bien la mission ! Nous rentrons donc sur Saigon le sourire aux lèvres et l’esprit léger. Plus besoin de plan B, on pourrait donc continuer la mission comme prévu : rencontrer les familles pour étudier leurs projets et  les budgétiser, poursuivre les cours d ‘anglais avec les collégiens, distribuer les vélos ainsi que les livres commandés pour la bibliothèque, et ainsi tresser des liens avec ce village qui présente tout de même des habitants attachants que nous n’oublierons pas.

Et dès notre retour, on s’empresse d’annoncer la bonne nouvelle à Sabine, Marianne, Marion, Thu-An et Annabelle, qui s’inquiétaient pas mal du sort de la mission.

Happy Ending ! 

 

Samedi

De retour à Saigon, nous rencontrons la CEP  le 1er Aout pour notre étude du micro-crédit au Vietnam. Par CEP entendez Capital aid fund for Employment of the Poor Il s’agit d’une association semi formelle implantée au Vietnam qui établit des micro-crédit à échelle très large. Cette rencontre est détaillée dans notre rapport situé dans l’onglet “Evénement”.

Dimanche

Thu-An (aussi appelée Thuthu, Thu et pleins d’autres petits noms) atterrit en provenance de Paris. On avait rencontré Thu plusieurs fois avant le départ. En programme Cesem, cette jeune organisatrice au grand cœur est à l’origine de ce projet AIME. D’origine vietnamienne, son expérience ainsi que sa famille et ses contacts sur place lui ont permis de créer ce projet. Et aujourd’hui, c’est son birthday. Karaoké obligatoire pour fêter un tel évènement en Asie ! Soirée Au top.

Anissa

LE  14 AOUT A HANOI :

Après cette première semaine où nous avons pu faire connaissance les uns avec les autres, il est temps de débuter notre mission de micro-crédit. Au menu pour les trois jours que nous passerons au village : une réunion avec l’union des Femmes, des rencontres de familles… tout en continuant à donner des cours d’anglais aux enfants à l’école.

Le retour au village relève de l’aventure comme cette fois nous devons nous débrouiller sans traducteurs ni voiture. Le trajet en bus se passe plutôt bien… jusqu’à ce qu’on nous dépose au milieu de nulle part, à 20 km de notre maison d’hôtes, où nous avons dû batailler ferme avec le chauffeur, avec l’aide d’habitants du coin, pour le convaincre de nous déposer sur la rue où se trouve notre hotel. Celui-ci accepte finalement avant de nous laisser dans la bonne rue… mais toujours à 12 km de l’hotel. Tant pis nous prenons nos valises et nous mettons en marche. Finalement, après quelques dizaines de mètres, nous tombons sur un homme qui accepte de nous y conduire sur un tuk-tuk improvisé, à l’aide d’une remorque montée sur un scooter… Ouf, nous ne passerons pas la nuit dehors !

Le lendemain matin nous nous rendons à l’école afin de rencontrer l’Union des Femmes mais là surprise : personne n’attendait notre venue. Nous parvenons tout de même à rencontrer des représentantes de l’Union qui nous disent ne pas être au courant de notre projet et qui pensaient que nous étions uniquement là pour donner des cours aux enfants du village. Le projet semble en suspens, nous ne rencontrerons pas de famille cette semaine… Après un Skype avec la direction de l’association et Thu-An, à l’origine de la mission, nous décidons de rester pour cette semaine. Après tout, nous avons encore des cours à donner aux enfants.

Finalement, la tante de Thu-An qui a passé un bon moment avec le Comité du Peuple local au téléphone nous rappelle pour nous avertir d’un rendez-vous fixé au lendemain. Nous irons, après tout nous n’avons rien à perdre. En attendant, nous profitons de la soirée avec nos traducteurs qui ont décidé de rester avec nous pour la nuit et avec lesquels nous passons un bon moment. Le confort rustique de la campagne est beaucoup appréciable quand nous le passons en bonne compagnie.

Le rendez-vous avec le Comité du Peuple se déroule bien puisque si ceux-ci étaient bien au courant de notre mission, ils avaient semble-t-il bloqué l’information puisqu’il y avait certaines incompréhensions mutuelles sur ce que nous étions réellement venus faire à Long Hoa. Un mode de fonctionnement différent explique en tout cas que l’Union des Femmes n’ait pas été au courant de ce que nous souhaitions faire. Nous nous quittons avec le sourire, nous aurons une réponse le lendemain sur l’avenir à donner à la mission mais les signes sont encourageants.

Mais que cette mission ressemble à un grand huit tant nous passons d’un état à un autre suivant les jours ! En effet, le lendemain, le vice-président du Comité du Peuple local nous explique que des programmes de dons existent déjà et que le village n’aurait peut-être pas besoin de notre aide. Du moins c’est ce que nous croyons comprendre. Nous repartons donc pour Saigon dans la foulée, nous réfléchirons sérieusement aux suites à donner à cette mission.

Au final, après des discussions avec les autres membres de l’association, moi et Anissa nous décidons de rester au Vietnam, et ce afin de rencontrer différents organismes de micro-crédit qui pourraient nous orienter ou nous conseiller sur les suites à donner à la mission. Annabelle, dont le visa arrive à expiration, décide de poursuivre son aventure au Cambodge.

Bien nous en a pris puisque finalement le village nous a rappelé pour nous donner rendez-vous les semaines suivantes, ils semblent finalement interressés pour travailler avec A.I.ME ce qui constitue au final une très bonne nouvelle pour la suite de notre séjour ici.

Mais ceci est une autre histoire qui sera détaillée dans nos articles suivants.

Manu

SEMAINE 1: la découverte

September 12, 2014 by Anissa Rekhail

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LE 13 AOUT A HANOI,

Après déjà un mois de présence ici au Vietnam, voici venu pour nous le temps de partager notre expérience avec vous. De cette mission qui nous a fait passé par de nombreuses émotions, nous garderons tout de même un souvenir spécial, ne serait-ce que pour les cours d’anglais que nous avons donné aux enfants du village, très heureux de faire notre connaissance (et réciproquement d’ailleurs).

 

Revenons donc quatre semaines en arrière, un jeudi matin vers six heures, lorsque Annabelle, Anissa et moi nous retrouvons donc pour la première fois avant de partir au village. Nous sommes tout trois étudiants à l’école de commerce de Reims, Annabelle dans un programme différent du notre. Présents avec Anissa ici pour donner une dimension humanitaire à notre stage de fin de première année, profitant de l’opportunité ainsi offerte par A.I.M.E., nous avons été rejoints par Annabelle, qui étudie elle en Chine depuis maintenant un an.

 

Malgré l’heure matinale, notre enthousiasme suffit à effacer les effets d’une nuit écourtée, lors de deux heures et demi de route qui nous mèneront dans le village de Long Hoa, au cœur du delta du Mekong, entre palmiers,  bananiers, et circulation un brin désordonnée pour les Européens que nous sommes (le nombre de scooters  qui circulent ici impressionneront toute personne qui posera les pieds au Vietnam pour la première fois).

 

Nous arrivons enfin au village où nous sommes accueillis à l’école primaire par le directeur, le vice-président du Comité du Peuple local et un groupe de charmants élèves qui nous souhaitent la bienvenue en chanson. Après leur avoir offert des fournitures scolaires, nous nous rendons dans la maison d’hôtes qui sera notre logement pour les jours où nous serons présents au village. Le confort est rustique, mais qu’importe, l’important est ailleurs, nous ne passerons d’ailleurs pas plus de trois nuits par semaine ici.

 

Nous avons en revanche l’occasion de nous rendre compte assez tôt que nous ne pourrons pas vraiment agir tel que nous l’avions plannifié, que ce soit pour notre mission principale de micro-crédit ou pour nos missions annexes tels que les cours d’anglais que nous devons donner où on nous demande de ne pas adopter de discours trop politique. Par ailleurs, ces derniers sont limités à quatre matinées étalées sur quatre semaines, malgré notre souhait d’avoir un contact plus conséquent avec les enfants, notamment ceux de l’école primaire que nous ne reverrons finalement pas.

 

Tant pis, nous sommes aussi venus ici pour nous adapter à un autre mode de fonctionnement, et le premier cours avec les enfants nous fera par ailleurs oublier ces inconvénients. Malgré un niveau d’anglais qui nécessite l’aide de nos traducteurs – en même temps étions nous en droit de nous attendre à un niveau trop élevé pour des collégiens – nous passons une matinée très divertissante, apprenant surtout aux enfants des mots de vocabulaire grâce à des jeux auxquels ceux-ci sont très contents de participer. Les perdants nous gratifient d’ailleurs d’une chanson à laquelle les gagnants assistent tous sourires.

 

Après ces deux journées passées au village il est temps de rentrer sur Hô Chi Minh Ville, ou plutôt Saigon comme les locaux préfèrent l’appeler. Après deux jours où nous avons notamment pu déguster de la pieuvre et de la poitrine de truie ainsi que des sortes de gombos cuites au barbecue dans un restaurant traditionnel grâce au cousin d’un ami d’Annabelle, nous repartirons au village afin de débuter pour de bon notre mission, avec des rencontres prévues avec l’Union des Femmes du village mais aussi avec les premières famille.

 

La mission débutait bien, et nous étions tous contents d’être là.

     Manu

Gweta !

June 24, 2014 by Pauline Bureau

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Réveil avant 7h ce matin avec les chèvres ! Mais en réalité, les habitants du village sont debout vers 5h30. Nous nous sommes rendus au chantier du centre médical, les ouvriers n’étaient que trois mais ils ont commencé à creuser les fondations. A l’école, les enfants ne sont pas encore en vacances bien que leurs cours soient finis, ils étaient donc tous présents dans la cour, en tout cas ceux qui ont entre 5 et 10 ans, pour déblayer le terrain avant le début du soutien scolaire. Ils étaient en charge de couper l’herbe, élaguer les branches…

Nous avons pu rencontrer un des professeurs de l’école, ainsi que le directeur, qui n’est autre que le père d’Agbe.
Les enfants ont essayé de m’apprendre toutes les parties du corps en Evé, le dialecte que l’on retrouve le plus souvent au Sud du Togo. Ils sont incroyables car ils se rappellent parfaitement des volontaires des deux années précédentes, même s’ils n’ont passé qu’un mois avec eux, ils m’ont demandé à plusieurs reprises quand est-ce qu’ils allaient revenir.

Beaucoup d’enfants ont du mal à parler français, avant 7 ans la communication est plutôt difficile, mais heureusement les plus grands sont là et très bavards, ils n’hésitent donc pas à traduire si besoin.

Nous avons également rendu visite à la matrone, c’est le médecin du village. Le centre médical dans lequel elle exerce actuellement n’est effectivement pas très adapté, les malades sont gardés en observation dans la même pièce que les mamans qui viennent d’accoucher, avec leur bébé.

Mais pour le centre qui est actuellement en construction, la matrone nous a soulevé le problème du matériel, puisqu’ils ne sont pas équipés au village, sans compter qu’il n’y a pas d’électricité, et que l’Etat n’apporte pas d’aide sur ce plan.

De retour vers notre campement, j’ai croisé les enfants qui vivent dans les cases les plus proches de la nôtre, et j’ai finalement passé l’après-midi avec eux, ainsi qu’avec certaines des femmes du village, qui ont essayés de m’apprendre leurs chansons et leurs danses.

La chanson du Gweta ! 

L’arrivée à Avedome

June 23, 2014 by Pauline Bureau

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Après cinq jours passés à Lomé et dans différentes villes du Sud du pays, nous partons pour Avedome, nous y installer durant cinq jours, afin de faire plus amplement connaissance avec les habitants avant le commencement du soutien scolaire. On est parti assez tard de Lomé pour finir car Agbe (le président de la NVM) nous avait acheté des provisions à emmener et il n’était pas encore rentré. Le temps de prendre le taxi puis la moto, on était au village vers 17h30. Le chef nous a directement offert un verre de Togo gin en signe de bienvenue.

Nous sommes passés dire bonjour à tout le monde dans le village, ils sont déjà tous au courant de notre venue et pourraient se vexer si on ne vient pas les saluer. Nous sommes restés manger chez deux femmes du village, Marguerite et Espoir, qui préparaient le poulet et le riz avec du fion-fion et nous ont proposé de partager leur dîner.

Lorsque nous sommes rentrés vers notre campement qui était dans un autre petit village tout proche, la nuit était vraiment noire, mais avec des milliers d’étoiles, qu’on a rarement l’occasion de voir en si grand nombre en France.
Mais une fois arrivés, une partie du village nous attendait, car ils nous avaient (encore !) préparé à manger du fufu (c’est une pate réalisée à base de farine de manioc).

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Bénéficiant de l’expérience et de la disponibilité d’Orlando, nous avons rencontré chacun des entrepreneurs financés afin d’entendre leurs impressions presque 1 an après le financement.

 

Dionicio

Déclare que ses revenus ont beaucoup augmenté (doublé) ; ceci a produit une amélioration de son niveau de vie et de celui de sa famille.

Le prêt a été intégralement investi au moment de sa réception. Il a servi à augmenter le stock de la tienda. Dionicio a rencontré quelques problèmes concernant son approvisionnement. Il est arrivé que des produits achetés arrivent jusqu’à 15 jours après leur date de livraison estimée. Pendant 15 jours, il n’y avait plus de riz dans la tienda.

Dionicio rencontre également des difficultés concernant l’utilisation des documents comptables. Il souhaiterait recevoir une nouvelle formation – nous prévoyons de passer à nouveau quelques heures avec lui afin de lui réexpliquer l’utilisation des documents comptables. Son inventaire des mois de janvier et de février ainsi que le document concernant les ventes et les achats pour ces deux mois ont été rempli par son fils. Enfin, Dionicio se déclare satisfait par le programme de micro-prêt.

 

Amilesca/Maria

Depuis le départ d’Amilesca, c’est sa mère qui s’occupe de la tienda. Elle nous raconte que le prêt l’aide beaucoup. L’argent qu’elle a reçu lui a permis d’augmenter son stock et ses ventes lui permettent de s’occuper de ses 3 petits-enfants. Nous comprenons qu’elle a pour habitude de consommer les produits de son commerce.

Maria ne rapporte pas de mauvaises surprises, son activité est régulière pourtant elle réalise peu de ventes. Quand nous lui demandons pourquoi ses ventes ont diminué, elle ne sait pas quoi nous répondre. Cela ne lui a pas posé de problèmes pour rembourser son prêt tous les mois.

Globalement Maria est satisfaite du prêt et du suivi, elle aura besoin de nouvelles explications concernant l’utilisation des documents comptables.

 

Eduardo

Entre le moment où il a reçu son prêt et aujourd’hui, la situation d’Eduardo a beaucoup évolué. En plus de ses responsabilités en tant que président de la coopérative, son nouvel emploi pour le gouvernement l’a empêché de se dédier totalement à son activité d’élevage de poulets.

D’après lui, l’activité d’élevage nécessite beaucoup de temps, d’application ; et est de plus à observer sur le long terme parce que c’est une production lente.

L’entretien que nous avons avec lui prend une tournure plus générale, après qu’il nous a expliqué que compte tenu de son nouveau métier, le micro-prêt ne lui avait pas tellement servi.

Il nous recommande de mener des entretiens plus en profondeur pour la prochaine sélection d’activités de production ou d’élevage en réfléchissant par exemple à des moyens de planifier les résultats de ces activités (ou la croissance des poulets, des bananiers, etc.).

Ces activités représentent un certain nombre d’avantages à ses yeux : elles génèrent des revenus grâce aux ventes, de plus l’excédent de production peut permettre aux entrepreneurs de s’alimenter.

Concernant le suivi et les documents comptables utilisés, Eduardo nous alerte sur le « discours » à tenir. Il lui semble que le suivi est parfois vécu comme un contrôle intrusif, une démarche qui empiète sur ce que les différents entrepreneurs considèrent comme étant privé. Il conseille de toujours rappeler que le programme est récent, que l’objectif à terme est de permettre à tout le monde de devenir autonome, mais qu’il faut le temps de faire quelques ajustements.

 

Leonardo Bonilla

Leonardo a reçu 400$ qui lui ont permis d’augmenter la quantité des produits qu’il porte sur son dos tandis qu’il se rend tous les jours dans les différentes communautés de la comarca. L’augmentation de ses revenus lui a permis d’acheter du matériel scolaire ou encore de la nourriture plus variée pour sa famille. Il se déclare très satisfait par l’action de A.I.M.E.

Leonardo maitrise les outils de comptabilité, il nous a raconté qu’avant il « vendait pour vendre ». Aujourd’hui, il connait le bénéfice qu’il réalise, il est capable de calculer la rentabilité de ses produits et est capable de mieux gérer son stock ; il dirige mieux ses efforts.

Avant – Quand un client lui commandait une chemise, il en achetait 12, espérant toutes les vendre puis les vendait à perte quand elles lui restaient sur les bras.

Aujourd’hui – Il a pris conscience du fait que ses produits répondent à différentes demandes et il gère ses achats en fonction.

Il confesse toutefois ne pas réaliser son inventaire chaque mois, par paresse ou manque de temps.

Dans un avenir proche ou lointain (quand ses moyens lui permettront de s’installer), il envisage la location d’un local afin qu’il lui serve de boutique et de vitrine – cela afin d’espacer et de réduire ses visites itinérantes.

 

Magdalena Quintero

L’activité d’élevage de poulets de Magdalena a rencontré quelques problèmes qui l’ont empêchée de réaliser les bénéfices escomptés. En effet, de nombreuses poules ont été dévorées par des « tigrillos » tandis que les survivantes ont encore eu affaire à un boa…

Le prêt lui a permis de maintenir son activité malgré les difficultés ; en effet, on peut facilement imaginer qu’il ne lui serait plus resté beaucoup de poulets si elle n’avait pas pu en acheter en quantité vers août-septembre.

La maison que nous avons pu visiter à Santa Marta a été construite très récemment (janvier-février 2014). Elle permet une meilleure protection des animaux et semblent démontrer que Magdalena et son mari Samuel vont de l’avant et sont déterminés à m

 

ener à bien leur activité d’élevage.

Compte tenu des événements rapportés, aucune vente n’a pu être réalisée vers décembre-janvier, ce qui n’a pas empêché le remboursement du prêt ces mois-ci.

Les derniers documents comptables font état d’un petit bénéfice en mars et avril.

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Noris Aguilar

La quantité d’argent reçue par Noris l’a aidée à augmenter son stock. Elle dispose malgré tout d’une quantité de marchandise relativement faible. Ses revenus ont augmenté ce qui lui a permis de mieux faire face à l’hospitalisation récente de sa fille et également d’acheter du matériel scolaire.

Les instruments de comptabilité l’aident d’après elle à mieux planifier et répartir ses achats. Elle les remplit régulièrement et n’a jamais rencontré de problème avec les remboursements.

En plus de sa boheneria, Noris travaille en partenariat avec une marque qui revend des parfums, du maquillage et toute sorte d’autres produits chers et peu inscrits dans le lifestyle de Silico Creek. Elle possède aussi une certaine clientèle à Changuinola (où travaille son mari).

Ces produits se vendent à flux tendu, et ne constituent donc pas une charge inutile – ou ne s’abiment pas dans un coin de sa boutique.

Globalement, elle se déclare très satisfaite par l’action de A.I.M.E. Elle est optimiste, et envisage enfin un futur très heureux pour son pays qu’elle aime, avec à sa tête, Varela, l’actuel président.

 

Barsallo Jaens

Barsallo raconte peu de changements dans sa vie quotidienne. L’intégralité du prêt a été investie dans son commerce, ses bénéfices ont augmenté considérablement – qui lui permettent d’acheter du matériel scolaire et de la nourriture pour sa famille.

Il a aussi pu diversifier son offre, ses clients sont aujourd’hui plus nombreux.

Il juge que les outils comptables ne sont pas compliqués ; ils l’aident à mieux organiser ses achats (a « mobilizar sus gastos »).

Il aimerait que A.I.M.E. l’accompagne davantage, jugeant que les documents nécessaires au suivi lui font perdre trop de temps. D’après lui, une nouvelle formation pourrait l’aider à remplir ses documents plus rapidement.

Barsallo n’a eu aucun problème avec les remboursements attendus, il est satisfait du prêt reçu et se dit intéressé par un nouveau prêt dans le futur.

 

Anibal Aguilar

Le prêt a permis à Anibal d’acheter la matière première nécessaire au développement de son activité. Celui-ci semble avoir beaucoup de recul et avoir beaucoup réfléchi à l’évolution de son activité.

Les mois de mars et d’avril, il a réalisé un bénéfice de 200$ ; ces revenus lui permettent de vivre comme il le souhaite, d’aider sa famille. Il est aussi plus confiant, s’il tombe malade il pourra acheter des médicaments par exemple.

Ses revenus se divisent entre ses activités avec le marché d’artisanat et les commandes qu’il reçoit des habitants de Silico Creek et des autres communautés.

Avec les fonds dont il dispose maintenant, Anibal achète aussi de la marchandise à d’autres artisans et réalise une marge sur la revente de sacs ou de bijoux. Il commence également à vendre des chemises, qu’il prévoit de personnaliser et de vendre assez cher.

Anibal nous a raconté que les 100$ qu’il a reçus de A.I.M.E. ont été pour lui une opportunité, un « pont vers le futur ».

Il nous a semblé fiable et surtout très confiant et ambitieux.

Anibal connait ses bénéfices, ses charges, ses produits mais il ne prend pas le temps de remplir les documents comptables.

 

Leonida Aguilar

Depuis l’octroi de son prêt l’année dernière, Leonida a parfaitement su mettre à profit le montant accordé afin de demeurer l’une des épiceries les plus grandes de la communauté. En effet, l’investissement dans deux nouveaux congélateurs lui a permis de diversifier sa gamme de produit afin de proposer à ses clients désormais du porc et autres type de viandes, et aussi une variété de sodas frais, dont les jeunes raffolent pour par exemple se rafraîchir devant un match de baseball. On peut notamment remarquer l’agrandissement des étalages de produits d’hygiène et utilitaires, tout en gardant son marché de produits d’alimentation du quotidien.

Malheureusement, un grand négoce nécessite beaucoup de temps pour s’y consacrer pleinement. Si Donicio n’a aucun problème pour tenir à jour son registre de vente, Leonida et Angelica (qui s’y consacre autant si ce n’est plus que son mari) ont dû relâcher leur efforts concernant la comptabilité et la gestion de l’inventaire chaque mois. Les raisons sont nombreuses : Angelica est accaparée par les enfants, la cuisine et l’aide aux devoirs, tandis que Leonida a des ambitions politiques au niveau local, ce qui implique de nombreux voyages de plusieurs jours dans les différents villages de la comarca.

Cependant, ils ne seraient pas permis ce manque de rigueur administrative si l’activité du négoce ne marchait pas aussi bien. Leonida estime ses revenus supérieurs à 100 balboas par semaine, ce qui lui permet de non pas de vivre confortablement, mais bien d’économiser pour les futures études de ses enfants et pour d’éventuelles frais de santé à la benjamine de la famille, Charlotta.

Leo et Angelica nous ont pleinement montré leur reconnaissance envers le programme AIME, qui leur a non pas épargné le rythme de leurs journées pour le moment exténuantes, mais bien permis de regarder l’avenir moins d’inquiétudes et beaucoup d’espoir. Afin de mieux pouvoir les aider, Leonida a décidé de redoubler d’efforts et nous a rendu un inventaire détaillé et commencé un tout nouveau registre de vente. Avec l’espoir qu’ils puissent contracter à nouveau un prêt, leur investissement et leur savoir-faire est un modèle pour les autres commerçants de la communauté.